
Aperçu
- Après la dernière saison de résultats, les investisseurs privilégient la rentabilité de l’IA plutôt que le niveau des investissements.
- L’or évolue sans tendance nette avant des chiffres clés sur l’emploi aux États-Unis, tandis que le dollar se maintient près d’une zone de support technique importante (niveau de prix où les acheteurs ont souvent tendance à revenir).
- Le rapport américain sur l’emploi non agricole (NFP, nombre d’emplois créés hors agriculture) et le taux de chômage seront les principaux moteurs de volatilité cette semaine.
- Les traders devront vérifier si l’optimisme sur les résultats continue de soutenir les actions ou si des données économiques plus faibles favorisent les valeurs « refuge » comme l’or.
Les dépenses dans l’IA passent un nouveau test : les marchés veulent du rendement
La dernière saison de résultats a mis en évidence un changement dans la manière dont les investisseurs évaluent les investissements en intelligence artificielle. Pendant l’essor de l’IA, les grandes entreprises technologiques étaient récompensées lorsqu’elles augmentaient leurs capacités : plus de centres de données, davantage d’achats de puces et plus d’investissements (les « dépenses d’investissement », ou capex, c’est-à-dire l’argent consacré aux équipements et aux infrastructures). Les publications récentes montrent que le marché veut désormais des preuves de résultats financiers concrets. Les investisseurs surveillent aussi si les prix actuels des actions (les « valorisations », c’est-à-dire le prix payé pour une entreprise) reflètent une croissance réelle, ou s’il existe une bulle de l’IA en Bourse.
Microsoft et Amazon : la demande liée à l’IA reste solide
Microsoft et Amazon ont continué d’attirer des acheteurs après avoir publié une forte demande pour leurs activités de cloud (informatique à distance), portée par l’accélération d’Azure et d’AWS. Les clients réservent des capacités informatiques plusieurs années à l’avance, ce qui permet aux deux groupes de justifier la poursuite des investissements grâce à une croissance visible du chiffre d’affaires et à un carnet de commandes en hausse (commandes déjà signées mais pas encore réalisées). Ces résultats suggèrent que les dépenses d’infrastructure IA répondent à une demande réelle, et pas seulement à des anticipations.
Le marché ne se contente plus d’un simple hausse des dépenses
Alphabet et Meta ont enregistré de bonnes performances opérationnelles, mais les investisseurs s’interrogent davantage sur la capacité à absorber la hausse des coûts d’infrastructure tout en améliorant durablement les profits. Alphabet bénéficie toujours d’une demande robuste dans le cloud et la publicité. Meta mise sur une meilleure efficacité publicitaire (obtenir plus de revenus pour une même dépense) et sur l’engagement des utilisateurs (temps passé, interactions) pour justifier l’extension de son programme d’investissements dans l’IA.
Le thème de l’IA reste porteur : les entreprises continuent d’investir dans le cloud, les applications d’IA pour les entreprises et l’automatisation. La demande de puissance de calcul reste ferme. En revanche, le marché évalue de plus en plus la capacité à transformer ces investissements en revenus récurrents (revenus qui reviennent régulièrement), en meilleures marges (part du chiffre d’affaires conservée en profit) et en flux de trésorerie disponibles plus solides (« free cash flow », l’argent restant après les investissements nécessaires).
Le récit de l’IA entre dans une nouvelle étape
Le rapport indique qu’un ralentissement des dépenses d’investissement ne signifierait pas forcément la fin du cycle de l’IA. Après la vague actuelle de construction de centres de données, une phase plus modérée permettrait au chiffre d’affaires de rattraper les dépenses et de soutenir le flux de trésorerie disponible. En revanche, un ralentissement dû à une demande plus faible, à une moindre utilisation des capacités (« taux d’utilisation », part des infrastructures réellement employée) ou à des projets annulés serait plus négatif pour les groupes technologiques et leurs fournisseurs.
Emploi américain : retour au premier plan
L’attention se tourne vers le rapport sur l’emploi américain publié vendredi. Les économistes anticipent 88 000 créations d’emplois non agricoles (NFP : emplois créés hors secteur agricole) après 57 000 précédemment, tandis que le taux de chômage est attendu stable à 4,2 %. La publication peut provoquer de forts mouvements de marché (« volatilité », amplitude des variations de prix).
Le rapport sur l’emploi peut influencer les anticipations de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine). Des créations d’emplois plus fortes que prévu renforceraient la confiance dans l’économie et soutiendraient le dollar. À l’inverse, des chiffres plus faibles augmenteraient les attentes de baisse de taux (« assouplissement », politique de taux plus bas), ce qui pourrait soutenir l’or.
Les marchés se préparent aussi à la conférence de presse de la banque centrale australienne (RBA) et à la publication de l’indice des prix à la consommation (IPC), un indicateur de l’inflation. Ces événements peuvent influencer les devises et les anticipations de taux d’intérêt mondiaux.
Trois scénarios de marché à surveiller
Rebond du dollar
L’indice du dollar (US Dollar Index, mesure du dollar face à un panier de devises) évolue autour de 99,35 après sa récente faiblesse. Un rebond vers 100,20 pourrait attirer de nouvelles ventes, tandis qu’une phase de stabilisation (« consolidation », marché sans direction claire) pourrait confirmer une tendance de fond défavorable au billet vert.
L’or en attente d’une sortie de range
L’or reste coincé dans une fourchette étroite après avoir échoué à clôturer au-dessus de 4 117. Les zones de support vers 4 020 et 3 995 restent au centre de l’attention. Une « sortie » nette (cassure, mouvement qui dépasse clairement un niveau) donnera probablement la prochaine direction.
Les actifs risqués sur des niveaux techniques clés
L’EUR/USD et le GBP/USD restent orientés à la hausse, tandis que l’USD/CAD demeure sous pression après être passé sous un précédent point bas (« creux », niveau bas antérieur). L’indice S&P 500 teste une résistance près de 7 550, porté par un appétit pour le risque plus favorable (les investisseurs acceptent davantage de risque). Le bitcoin reste fragile après son repli. Le pétrole se stabilise, sur fond de suivi des évolutions géopolitiques.
Symboles à suivre
USDX | XAUUSD | EURUSD | SP500 | BTCUSD
Événements à venir
| Date | Devise | Indicateur | Prévision | Précédent | Commentaire |
| 3 août | USD | ISM manufacturier (PMI, indice des directeurs d’achat du secteur) | 54 | 53,3 | Un chiffre manufacturier plus élevé pourrait conforter l’idée d’une économie américaine solide et soutenir le dollar. Le marché reste focalisé sur la croissance et les anticipations de la Fed. |
| 5 août | NZD | Taux de chômage | 5,40 % | 5,30 % | Une hausse du chômage signalerait un marché du travail moins dynamique, ce qui pourrait peser sur le dollar néo-zélandais, alors que les investisseurs évaluent la trajectoire des taux de la RBNZ (banque centrale de Nouvelle-Zélande). |
| 7 août | CAD | Taux de chômage | 6,50 % | 6,50 % | Un taux stable renforcerait l’idée d’un marché du travail canadien régulier. Les tendances de l’emploi restent déterminantes pour la volatilité du dollar canadien et les anticipations de taux. |
| 7 août | USD | Taux de chômage | 4,20 % | 4,20 % | Un taux stable irait dans le sens d’un marché du travail robuste. |
| 7 août | USD | Créations d’emplois non agricoles (NFP) | 88K | 57K | Les NFP resteront le principal facteur de volatilité sur les devises, l’or et les actions. |
Pour une vue d’ensemble des prochaines publications économiques, consultez le calendrier économique de VT Markets.
Principaux mouvements de la semaine
USDX

- L’indice du dollar a reculé vers la zone des 99,35.
- La résistance près de 100,20 reste le niveau technique clé en cas de rebond.
- Les traders peuvent attendre un signal clair avant de se positionner autour de la zone de support actuelle.
EURUSD

- L’EUR/USD a poursuivi sa hausse après une phase de stabilisation.
- La résistance entre 1,1585 et 1,1600 constitue la prochaine zone à surveiller.
- Une stabilisation au-dessus du support pourrait favoriser une nouvelle tentative de hausse.
XAUUSD (or)

- L’or n’a pas réussi à clôturer au-dessus de 4 117 et reste dans une zone étroite.
- Une cassure au-dessus de la résistance ou sous les supports vers 4 020 et 3 995 pourrait fixer la prochaine tendance.
- Tant que le prix se stabilise, il est préférable d’attendre un signal clair avant d’ouvrir de nouvelles positions.
SP500

- L’indice a progressé vers la zone des 7 550, porté par un sentiment de marché plus favorable.
- La stabilisation à ces niveaux pourrait déterminer si la dynamique haussière se prolonge.
- Le comportement des cours au niveau de la résistance peut donner des indications sur la tendance à venir.
BTCUSD

- Le bitcoin a reflué depuis la zone de résistance surveillée.
- Une consolidation supplémentaire pourrait ouvrir la voie à un repli vers 63 800.
- Il convient de suivre de près l’élan du marché (« momentum », la force du mouvement) avant d’anticiper un rebond durable.
Conclusion
Les marchés abordent une semaine où les résultats d’entreprises et les indicateurs économiques devraient peser ensemble sur le sentiment. Les investisseurs privilégient les groupes capables de transformer les dépenses liées à l’IA en profits mesurables, et se montrent plus sélectifs envers ceux dont la rentabilité est plus lointaine. Le rapport sur l’emploi américain de vendredi peut provoquer de fortes variations sur le dollar, l’or, les actions et les principales paires de devises. Plusieurs actifs restent proches de niveaux de cassure importants, ce qui rend la confirmation des signaux et une gestion du risque rigoureuse (limiter les pertes potentielles) essentielles à l’approche des nouvelles données.
FAQs
Qu’est-ce qui change dans la manière dont les investisseurs évaluent les investissements dans l’IA ?
Le marché se détourne d’une logique centrée sur le volume d’investissements (capex : achats de puces, construction de centres de données) et demande des résultats concrets. Les entreprises sont jugées sur leur capacité à générer des revenus récurrents, à améliorer leurs marges (rentabilité) et à augmenter leur flux de trésorerie disponible (« free cash flow », trésorerie restante après investissements).
Comment les géants de la tech se comportent-ils dans cette nouvelle phase de l’IA ?
Microsoft et Amazon continuent d’afficher une demande solide, via la croissance d’Azure et d’AWS, soutenue par des réservations clients pluriannuelles. Alphabet et Meta publient aussi des résultats opérationnels corrects, mais les investisseurs se demandent si la hausse des coûts d’infrastructure se traduira par une rentabilité durable.
Quel est le principal facteur macroéconomique pour les marchés cette semaine ?
Le principal déclencheur de volatilité sera le rapport NFP (emplois créés hors agriculture) de vendredi. Les économistes attendent 88 000 créations d’emplois après 57 000, et un taux de chômage stable à 4,2 %.
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