
Récapitulatif des marchés en octobre
Octobre a été dominé par le conflit au Moyen-Orient, les prix du pétrole et la politique monétaire américaine. Des attaques contre des infrastructures énergétiques saoudiennes ont propulsé le Brent au-delà de 115 dollars, ravivant les craintes d’inflation et renforçant l’idée que la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) pourrait encore relever ses taux en décembre.
La Fed a maintenu ses taux à 3,75%–4,00% le 28 octobre, mais deux responsables votants auraient préféré une hausse immédiate. Avec l’inflation américaine des consommateurs (hausse des prix payés par les ménages) à 3,7% en septembre et des rendements obligataires d’État proches de 5% (le « rendement » est l’intérêt annuel offert par une obligation), l’environnement a soutenu le dollar et pesé sur les métaux précieux et les cryptomonnaies.
Thèmes clés :
- Le pétrole a remis l’inflation au centre de l’attention. Le Brent est passé d’environ 100 à près de 117 dollars, avant de se replier après que les États-Unis ont écarté une action militaire immédiate contre l’Iran. Malgré ce recul, les prix sont restés élevés.
- La Fed a maintenu ses taux, tout en restant ferme. La banque centrale a décrit l’activité comme solide alors que l’inflation restait élevée, ce qui a maintenu la possibilité d’un resserrement monétaire (hausse des taux ou politique plus stricte) sur le devant de la scène.
- Les résultats liés à l’IA ont été davantage passés au crible. Les publications d’entreprises ont soutenu les actions, mais les investisseurs ont de plus en plus mis en doute la capacité des dépenses dans l’IA (intelligence artificielle) à générer des retours suffisants.
Ces forces contraires ont divisé les marchés. Le dollar et les rendements sont restés bien orientés, l’or et le bitcoin ont reculé, et le S&P 500 (indice boursier des 500 plus grandes entreprises américaines) est resté dans une zone étroite, tandis que les valeurs technologiques devenaient plus volatiles (avec des variations de prix plus fortes).
Pour suivre l’actualité de ces actifs, consultez notre analyse quotidienne des marchés.
La vigueur du dollar maintient l’euro près d’un support
L’EURUSD (taux de change euro/dollar) a débuté octobre autour de 1,13 et a terminé près de 1,11, les rendements américains plus élevés et la posture de la Fed soutenant la demande de dollar.
La Banque centrale européenne a maintenu son principal taux directeur à 2,50% le 29 octobre, après la hausse de septembre. Malgré cela, l’euro a eu du mal à trouver un appui : la hausse des coûts de l’énergie a pesé sur une économie dépendante des importations d’énergie. La BCE a aussi annoncé que Christine Lagarde quitterait la présidence en février 2027.
L’EURUSD a surtout évolué entre un support autour de 1,11 et une résistance près de 1,125 (un « support » est une zone où le prix a tendance à arrêter de baisser, une « résistance » une zone où il a tendance à buter). Les tests répétés de la borne basse ont montré la pression sur la paire, restée sous sa moyenne mobile simple à 200 périodes (moyenne d’un prix sur les 200 dernières unités de temps) en baisse, proche de 1,13 sur le graphique 4 heures.
Les marchés surveilleront si les prochaines données d’inflation et de croissance changent les anticipations sur la Fed et la BCE, et si l’EURUSD continue de tenir le bas de sa zone d’évolution.

Fig. 1 : Graphique EURUSD en 4 heures montrant un support près de 1,11 dans une tendance baissière.
L’or recule : la pression des rendements l’emporte sur la demande de refuge
L’or a commencé octobre près de 4 200 dollars et a touché un plus bas de trois mois, passant brièvement sous 4 000 dollars la semaine précédant la réunion de la Fed. Cette semaine a marqué sa baisse la plus marquée depuis environ quatre mois.
La recherche de sécurité liée au conflit n’a pas compensé la pression des rendements plus élevés et la perspective de nouvelles hausses de taux. Comme l’or ne verse pas d’intérêt, une hausse des rendements de la dette publique augmente le coût d’opportunité (le gain auquel on renonce) de la détention d’or. L’argent a aussi reculé, à son plus bas niveau depuis novembre 2025 et à plus de 50% sous son record de janvier.
En fin de mois, l’or évoluait autour de 4 000 dollars, sous sa moyenne mobile à 200 périodes et sous une ligne de tendance baissière qui convergeaît vers 4 200 dollars sur le graphique 4 heures. Le support se situait juste sous 4 000 dollars.
Le prochain enjeu est de savoir si les données d’inflation et les rendements obligataires se calment assez pour réduire la pression sur les métaux, tandis que la géopolitique peut encore soutenir la demande de valeur refuge (actif recherché en période d’incertitude).

Fig. 2 : Graphique de l’or en 4 heures montrant la tendance baissière et la zone des 4 000 dollars.
Le pétrole se replie, mais les risques sur l’offre persistent
Le Brent est passé d’environ 100 dollars à près de 117 dollars autour du 23 octobre, après des attaques contre des sites énergétiques saoudiens, dont un champ pétrolier exploité par Aramco. Les craintes sur l’approvisionnement via des routes maritimes cruciales au Moyen-Orient ont amplifié le mouvement.
Les prix se sont ensuite repliés vers 110 dollars après que le président Trump a écarté une action militaire immédiate contre l’Iran. Ce recul a effacé une partie des gains, tout en laissant le pétrole au-dessus de son niveau de début de mois. L’incertitude a néanmoins perduré. Le New York Times a rapporté que les États-Unis et Israël avaient préparé des plans pour de nouvelles attaques contre l’Iran après les élections américaines de novembre, maintenant les relations américano-iraniennes et les approvisionnements énergétiques sous tension.
Sur le graphique 4 heures, le Brent est resté au-dessus d’un support proche de 108 dollars, avec une moyenne mobile à 200 périodes autour de 105 dollars et une résistance près de 117 dollars. Les marchés suivront les développements diplomatiques et tout incident touchant les infrastructures énergétiques ou le transport maritime.

Fig. 3 : Graphique du Brent en 4 heures montrant la hausse vers 117 dollars puis le repli.
Les résultats liés à l’IA révèlent les tensions sur les dépenses
Le S&P 500 a évolué entre environ 7 600 et 7 800, terminant octobre près du milieu de cette zone et autour de sa moyenne mobile à 200 périodes sur le graphique 4 heures. Le Nasdaq (indice très exposé à la technologie) a subi davantage de pression en seconde partie de mois, alors que les valeurs technologiques réagissaient à la hausse du pétrole, aux rendements plus élevés et aux publications de résultats.
Les résultats d’entreprises ont suscité des réactions contrastées. SpaceX a annoncé son premier trimestre bénéficiaire, avec un chiffre d’affaires (ventes) plus que doublé sur un an, et le titre a gagné près de 8% le lendemain. Meta a dépassé les attentes, mais l’action a reculé, les investisseurs se concentrant sur l’ampleur des dépenses dans l’IA.
Tesla a aussi dépassé les attentes en matière de bénéfices et de livraisons, mais son action a reculé après une prévision de dépenses plus faible, qui a alimenté les doutes sur le rythme de ses ambitions en IA et en robotique. Elon Musk a confirmé que Tesla et SpaceX avaient mis en place des comités indépendants pour étudier une éventuelle fusion, un élément supplémentaire à évaluer pour les investisseurs.
L’IA est restée un soutien important pour les actions, mais la solidité des résultats n’a pas suffi à garantir une réaction positive. Les investisseurs continueront de suivre les indications sur les dépenses (prévisions données par les entreprises), les preuves de rentabilité des investissements, et l’évolution d’une possible fusion Tesla–SpaceX.

Fig. 4 : Graphique du S&P 500 en 4 heures montrant une zone comprise entre environ 7 600 et 7 800.
Le bitcoin recule malgré la demande pour les ETF
Le bitcoin a progressé vers 87 000 dollars au début du mois d’octobre avant de reculer vers 80 000 dollars en fin de mois. Les ETF bitcoin au comptant (fonds cotés en Bourse détenant du bitcoin « réel », et non des produits dérivés) ont enregistré leur plus importante collecte sur une séance depuis un mois à la mi-octobre, mais cela n’a pas suffi à inverser la baisse globale. Le bitcoin a évolué comme un actif risqué, en même temps que les valeurs technologiques, tandis que des rendements plus élevés ont ajouté de la pression, signe que les entrées sur les ETF bitcoin ne suffisaient pas à empêcher le repli des prix.
Sur le graphique 4 heures, le bitcoin est resté sous sa moyenne mobile à 200 périodes, proche de 83 000 dollars. La zone des 80 000 dollars est restée centrale, avec un support graphique autour de 79 000 dollars et une résistance près de 82 000 dollars, puis 84 000–86 000 dollars.
Les marchés surveilleront si la demande via les ETF se renforce et si les valeurs technologiques se stabilisent, 79 000 dollars marquant la borne basse de la zone récente.

Fig. 5 : Graphique du bitcoin en 4 heures montrant le repli depuis près de 87 000 dollars vers le support autour de 79 000 dollars.
Premiers signaux pour novembre
Offre d’énergie et élections américaines
Les élections de mi-mandat du 3 novembre aux États-Unis et les évolutions au Moyen-Orient seront très suivies. Les marchés jugeront si les efforts diplomatiques réduisent les tensions et si les plans évoqués de nouvelles actions militaires conduisent à une escalade. Toute perturbation de l’approvisionnement énergétique ou du transport maritime pourrait influencer le pétrole et les anticipations d’inflation, avec des effets sur les devises, les obligations et les actions.
Les données d’inflation orientent les anticipations de taux pour décembre
Les publications sur l’emploi américain et l’inflation aideront à déterminer si les anticipations d’une hausse de la Fed en décembre se renforcent ou s’estompent. La question centrale est de savoir si la hausse du pétrole en octobre se répercutera sur les indices d’inflation suivants. La réunion de décembre de la Fed et ses projections de taux (prévisions officielles des responsables) resteront des repères, tout comme la décision de la BCE en décembre.
Les dépenses en IA sous une surveillance accrue
Les investisseurs continueront d’évaluer si les entreprises peuvent transformer les investissements dans l’IA en croissance des bénéfices. Les indications sur les dépenses et la réaction du marché aux résultats resteront déterminantes, tandis que toute avancée sur une éventuelle fusion Tesla–SpaceX pourrait aussi influencer le sentiment.