L’USD/JPY a effectué un aller-retour de près de trois yens entre 158,00 et 161,00, le dollar ayant été vendu en trois mouvements distincts vendredi qui n’ont pas trouvé preneur. Le Trésor américain, via la Federal Reserve Bank of New York, a demandé à plusieurs banques de se tenir prêtes à de nouvelles actions, et la paire s’échangeait juste sous 159,00 en fin de séance, soit environ un yen et demi sous le niveau d’ouverture. La configuration intraday a montré une baisse vers 158,50 dans la matinée à Londres, rapidement effacée, un autre mouvement vers 13h15 GMT lors de la diffusion du titre sur le Trésor, puis un plus bas tardif proche de 158,00 à New York. Par ailleurs, les lignes directrices du FMI considèrent jusqu’à trois épisodes d’intervention en six mois comme compatibles avec un flottement libre, tandis que trois jours consécutifs comptent comme un seul épisode ; le ministère japonais des Finances a déclaré en mai que, après la comptabilisation d’avril, il restait deux « fenêtres » d’ici novembre.
Les réserves du Japon ont été jugées abondantes : environ 1 400 Md$ au total, dont un peu moins de 1 200 Md$ d’avoirs en devises, et la campagne d’avril-mai a représenté environ 74 Md$ sur un mois. L’opération de jeudi a été estimée à près de 53 Md$, d’après les données des comptes de la banque centrale, faisant chuter l’USD/JPY depuis la zone 163,00 à juste sous 158,00 en moins d’une heure après une publication du PIB à +1,5% annualisé contre 2,1% attendu, alors que des positions nettes vendeuses de yen de 11,65 Md$ étaient rapportées. La BoJ a ensuite maintenu son taux à 1,00% par un vote 8-1, tandis que la borne supérieure américaine était citée à 3,75%. La dernière opération directe des États-Unis sur la paire remonte à mars 2011 pour 1 Md$ réparti entre l’ESF et le portefeuille de la Fed, tandis que la position nette de l’ESF fin 2025 était de 43,6 Md$. Les repères clés incluaient une EMA 50 jours juste sous 161,50 et une EMA 200 jours proche de 158,00, avec d’autres niveaux à 163,00, juste sous 164,00, 155,00 et 152,00. Les données à venir incluaient l’enquête manufacturière de lundi à 14h00 GMT (consensus 54) ; les créations d’emplois du secteur privé mercredi (75k contre 98k) ; et le rapport NFP du vendredi 7 août à 12h30 GMT, attendu à 91k contre 57k, taux de chômage à 4,3% contre 4,2%, et salaires à +0,3% m/m, les contrats à terme intégrant au moins une hausse à environ 59% d’ici le 16 septembre.
Perspectives de marché et considérations de trading
À l’entrée dans août 2026, les intervenants sur dérivés doivent se préparer à une volatilité accrue sur l’USD/JPY, qui a récemment oscillé brutalement entre 158,00 et 161,00. Nous recommandons de conserver un biais baissier sur l’USD/JPY tant que la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 jours, proche de 161,50, continue de plafonner les rebonds. La présence d’un acheteur discret, non identifié — fortement soupçonné d’être adossé à la Fed de New York — implique que de nouvelles ventes de dollars, rapides et non annoncées, sont très probables.
Les traders doivent se concentrer sur le support crucial de l’EMA 200 jours près de 158,00, déjà préservé lors de deux tests récents. Une clôture journalière confirmée sous ce plancher de 158,00 déclencherait vraisemblablement une liquidation rapide vers la zone 155,00, rendant les options put de courte maturité très attractives. À l’inverse, si la paire parvient à clôturer au-dessus de 161,50 en base quotidienne, il faudra abandonner ce scénario baissier, car cela signalerait que le marché a réussi à mettre Tokyo au pied du mur.
Stratégie d’intervention officielle et calendrier économique
Il faut prendre au sérieux la capacité de Tokyo à faire bouger les marchés avec un capital limité, au regard des précédents historiques d’actions massives et soudaines. Pour mémoire, le Japon a dépensé un record de 9 800 Mds JPY (environ 62 Md$) lors de la campagne d’interventions d’avril et mai 2024, démontrant à la fois la volonté et la puissance de feu. En recourant à des opérations sur des jours consécutifs — comptabilisées comme un seul événement selon les règles du FMI — Tokyo peut désormais maintenir l’incertitude chez les traders et défendre le niveau sans entamer de manière excessive ses réserves de change de 1 400 Md$.
Le calendrier macroéconomique à venir servira de test ultime de ce jeu psychologique, à commencer par les chiffres manufacturiers ce lundi. L’attention se portera particulièrement sur le vendredi 7 août, date de publication des statistiques américaines sur l’emploi non agricole (NFP) et le chômage. Comme la Réserve fédérale ne se réunit pas ce mois-ci, ces prochains rapports sur le marché du travail pèseront fortement sur la formation des anticipations de baisses de taux et détermineront si le resserrement de l’écart de taux peut soutenir le redressement du yen.
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