Risque géopolitique et soutien des prix du pétrole
Des économistes de CBA (Commonwealth Bank of Australia) ont indiqué que l’Iran pourrait réagir pour gagner du poids dans de futures discussions visant à mettre fin à la guerre. Ils ont aussi déclaré que les États-Unis et Israël pourraient chercher à réduire la capacité d’attaque de l’Iran afin d’obtenir un avantage dans de futures discussions. Le Telegraph a rapporté que le président américain Donald Trump a qualifié la hausse des prix du pétrole de « très petit prix à payer » pour vaincre l’Iran et garantir la paix mondiale. Il a aussi rapporté que Trump a écrit sur Truth Social (un réseau social) que la seule option de l’Iran est une reddition sans conditions, après quoi il aiderait à choisir son prochain dirigeant. Les gains de l’USD/CHF pourraient être limités si le franc suisse se renforce grâce à la demande de valeur refuge. Les traders (participants aux marchés qui achètent et vendent) surveillent aussi une intervention de la Banque nationale suisse (BNS, banque centrale de la Suisse), après que le vice-président de la BNS, Antoine Martin, a répété que la banque est prête à agir contre une hausse « excessive » du franc, tandis que l’inflation suisse reste faible. L’an dernier, nous avons vu l’USD/CHF monter au-dessus de 0,7800, porté par les craintes liées au conflit au Moyen-Orient et par un bond des prix du pétrole. C’était un signal clair pour des positions longues sur le dollar contre le franc (parier sur une hausse du dollar face au franc). Aujourd’hui, le contexte est différent, avec le WTI qui s’est stabilisé autour de 82 $ le baril après une hausse de production de pays non membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à la fin de l’an dernier.Évolution de la politique de la BNS et implications pour le trading
Un changement important concerne l’objectif de la Banque nationale suisse : il ne s’agit plus de limiter la hausse du franc, mais de combattre une inflation persistante, mesurée à 2,1 % en février 2026. Cela contraste avec l’an dernier, où l’indice DXY était proche de 99,50 ; aujourd’hui, il s’échange plutôt vers 95,20. En conséquence, la BNS a beaucoup moins de chances d’intervenir contre la force du franc, ce qui retire un frein majeur au CHF (code devise du franc suisse). Pour les prochaines semaines, acheter des options d’achat (call options, contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur USD/CHF semble mal adapté vu les fondamentaux (facteurs économiques de base) modifiés. À la place, les traders pourraient envisager d’acheter des options de vente (put options, contrats donnant le droit de vendre à un prix fixé) pour viser une nouvelle baisse vers 0,7650, niveau vu plus tôt cette année. Cette approche profite d’un franc plus fort, soutenu par une posture restrictive de la BNS (*hawkish*, c’est-à-dire davantage orientée vers la lutte contre l’inflation, donc plus dure sur les taux) et par des marchés de l’énergie plus calmes. Cependant, il faut se rappeler à quelle vitesse la volatilité (amplitude des variations de prix) a augmenté après les événements en Ukraine en 2022, ce qui montre que le calme géopolitique est fragile. La volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, déduite du prix des options) sur les options USD/CHF est maintenant à un plus bas de plusieurs mois, ce qui rend les straddles à long terme (stratégie options achetant à la fois un call et un put pour profiter d’un grand mouvement, quel que soit le sens) relativement peu chers. Cela peut être une façon prudente de se positionner pour une hausse imprévue des tensions de marché sans parier sur une direction précise.
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