Les ventes au détail canadiennes déçoivent
Statistique Canada a indiqué que les ventes au détail ont augmenté de 1,1% sur un mois en janvier après une baisse de 0,4% en décembre. Le résultat est inférieur à la prévision de 1,5%. Les ventes au détail hors automobiles ont progressé de 0,8%, sous l’estimation de 1,2%. La donnée de décembre hors autos a été révisée à 0,0% au lieu de 0,1% (une révision signifie que l’organisme statistique corrige une donnée publiée auparavant). Ces chiffres ont été publiés avant la récente hausse des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient. Ils suggèrent tout de même une demande intérieure plus faible en début d’année (la demande intérieure correspond aux achats des ménages et des entreprises dans le pays). La Banque du Canada a laissé son taux directeur (le taux d’intérêt de référence de la banque centrale) à 2,25% mercredi. Le gouverneur Tiff Macklem a dit qu’il est trop tôt pour évaluer comment le conflit affectera la croissance (la croissance est l’augmentation de l’activité économique).Écart de politique monétaire et approche de trading
Il a aussi dit que des prix de l’énergie plus élevés peuvent réduire le pouvoir d’achat des ménages (leur capacité à acheter des biens et services). Il a ajouté que des hausses durables du pétrole pourraient augmenter les revenus tirés des exportations d’énergie, puisque le Canada exporte plus de pétrole qu’il n’en importe (exportateur net). La Réserve fédérale a maintenu ses taux entre 3,50% et 3,75% mercredi. Son « dot plot » (un graphique où chaque point représente la prévision de taux d’un membre de la Fed) indique toujours une baisse de taux en 2026, tandis que les prévisions d’inflation ont été revues à la hausse (l’inflation est la hausse générale des prix). En regardant à la même période en 2025, on a vu le dollar canadien (« loonie », surnom du dollar canadien) en difficulté avec des ventes au détail faibles, ce qui signalait un ralentissement de la demande intérieure. Cela s’est produit même si les tensions géopolitiques faisaient monter les prix du pétrole. Le lien habituel entre un loonie fort et le pétrole a été cassé par une fuite vers le dollar américain considéré comme plus sûr (mouvement où les investisseurs privilégient des actifs jugés plus sûrs). Cette dynamique semble se poursuivre ce trimestre. La dernière inflation du Canada pour février 2026 est ressortie à 2,1%, sous la prévision de la Banque du Canada, ce qui alimente l’idée de baisses de taux. À l’inverse, les États-Unis viennent de publier un PMI des services de 54,2 (PMI: indice basé sur des enquêtes auprès des entreprises; au-dessus de 50, cela indique une expansion), ce qui suggère une économie américaine solide. Cela crée un écart clair entre la Banque du Canada et la Réserve fédérale. On observe un écart de taux d’intérêt entre les États-Unis et le Canada de 150 points de base (un point de base = 0,01%, donc 150 points de base = 1,50%), le plus élevé depuis fin 2024. Cet écart rend le dollar américain plus attractif que le dollar canadien. Pour les prochaines semaines, on peut envisager des stratégies qui profitent d’une hausse de USD/CAD. Acheter des options d’achat (« call », un contrat qui donne le droit d’acheter à un prix fixé) sur USD/CAD avec une échéance fin avril ou mai 2026 permet de limiter le risque (le risque est limité à la prime payée) tout en visant une hausse potentielle. Cela peut permettre de gagner si la paire poursuit sa progression vers 1,3850. Il faut aussi s’attendre à plus de variations de prix autour des prochaines publications économiques. Avec la prochaine décision de taux de la Banque du Canada le 10 avril et le rapport américain sur l’emploi (non-farm payrolls: nombre d’emplois créés hors agriculture) avant cela, un straddle long peut être adapté (straddle: achat simultané d’un call et d’une option de vente « put »; stratégie qui gagne si le prix bouge fortement dans un sens ou dans l’autre). Il est important de retenir la leçon de 2025 sur la déconnexion avec le pétrole. Même si le pétrole WTI (West Texas Intermediate, un pétrole de référence aux États-Unis) se négocie nettement au-dessus de 95$ le baril, le loonie n’arrive pas à se renforcer. Le risque géopolitique et les inquiétudes sur la demande mondiale continuent de favoriser le dollar américain par rapport aux devises liées aux matières premières (devises de pays dont l’économie dépend fortement des matières premières). Créez votre compte réel VT Markets et commencez à trader maintenant.
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