Les prix du pétrole reculent car les craintes sur l’offre diminuent
Cette réouverture a fait baisser le pétrole, car les craintes de perturbations de l’approvisionnement (risque que l’offre de pétrole soit interrompue) se sont atténuées. Le West Texas Intermediate (WTI, un pétrole de référence américain utilisé comme prix repère) s’échangeait près de 80$ le baril et a enregistré l’une de ses plus fortes baisses quotidiennes de ces dernières semaines, les flux d’exportation du Golfe devant revenir à la normale. Le dollar canadien a progressé malgré son lien habituel avec les prix de l’énergie, ce qui suggère que la faiblesse du dollar américain a été le facteur principal. L’indice du dollar américain (DXY, un indicateur qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises) évoluait près de ses plus bas de plusieurs semaines autour de 97,80, tandis que les marchés réévaluaient les perspectives de taux d’intérêt aux États-Unis. CME FedWatch (un outil qui estime, à partir des prix des contrats à terme, la probabilité de changements de taux de la Réserve fédérale) indiquait une probabilité de 38,2% d’une baisse de taux de 25 points de base (pb, soit 0,25 point de pourcentage) d’ici la fin de l’année, contre 25,9% la veille. Au Canada, l’IPC (indice des prix à la consommation, la mesure principale de l’inflation) de mars est attendu lundi et devrait accélérer en raison du choc énergétique lié à la guerre Iran. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a déclaré que l’économie pourrait faire face à des « niveaux de prix plus élevés ». Il a aussi évoqué la nécessité de garder l’inflation « ancrée » (empêcher que les attentes d’inflation ne s’emballent) sans provoquer un fort ralentissement.L’attention du marché se déplace vers les banques centrales
Le dollar canadien se renforce face au dollar américain alors même que les prix du pétrole chutent fortement, une divergence inhabituelle. Cette rupture avec la corrélation habituelle (le lien statistique où une baisse du pétrole affaiblit souvent le « huard », surnom du dollar canadien) attire l’attention. Le marché se concentre davantage sur les prochaines décisions des banques centrales (institutions qui fixent les taux et pilotent la politique monétaire) que sur les prix de l’énergie. On observe une faiblesse générale du dollar américain, car la baisse du pétrole à 80$ le baril réduit les craintes d’inflation aux États-Unis. Cela a poussé les marchés à augmenter la probabilité d’une baisse des taux de la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis) plus tard cette année, une idée soutenue par le rapport sur l’emploi de mars, qui a montré un léger ralentissement du marché du travail. Ce scénario d’une économie américaine qui ralentit est la principale force qui fait baisser l’USD/CAD pour l’instant. Le principal rendez-vous des prochains jours est la publication, lundi, des données d’inflation au Canada. Si l’IPC ressort aussi élevé que prévu, cela renforcera l’idée que la Banque du Canada doit rester prudente, en maintenant une politique restrictive (taux élevés pour freiner l’inflation) tandis que la Fed envisage un assouplissement. Cet écart de politique monétaire (différence de trajectoire des taux entre les deux pays) est ce sur quoi spéculent actuellement les traders, ce qui favorise le dollar canadien. Cependant, il faut noter que le décalage actuel entre le pétrole et le dollar canadien pourrait ne pas durer. Les données jusqu’en 2024 montrent que la corrélation positive entre le prix du brut et le huard a été très solide, et une période prolongée de prix de l’énergie plus faibles finirait par peser sur l’économie canadienne. Miser sur une poursuite de la hausse du dollar canadien peut donc être risqué si l’attention du marché revient vers les matières premières (produits de base comme le pétrole). Dans ce contexte de forces opposées, se préparer à un mouvement important dans un sens ou dans l’autre peut être une approche prudente. La volatilité implicite à un mois (estimation, intégrée aux prix des options, de l’ampleur des variations futures) des options USD/CAD a grimpé à un plus haut de trois mois à 8,5%, ce qui montre que le marché anticipe déjà un mouvement notable après le rapport d’inflation. Utiliser des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour profiter de cette volatilité attendue, plutôt que de choisir une direction précise, peut être l’approche la plus efficace dans les semaines à venir.
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