Menaces de représailles de l’Iran
L’Iran a averti qu’il riposterait contre des actifs énergétiques liés aux États-Unis (installations ou équipements servant à produire, stocker ou transporter l’énergie). Le quartier général central Al-Anbiya de l’Iran a déclaré que les installations pétrolières et énergétiques liées à des entreprises coopérant avec les États-Unis seraient « immédiatement détruites et réduites en cendres » si les infrastructures énergétiques de l’Iran sont visées. Le ministère de la Défense du Qatar a déclaré que ses forces avaient intercepté une attaque de missiles visant le pays, a rapporté l’AFP. Ces événements s’ajoutent à un conflit de deux semaines dans la région. Le WTI (West Texas Intermediate) est un pétrole brut américain de référence (un prix utilisé comme standard de comparaison), l’un des trois principaux avec Brent et Dubaï. C’est un pétrole léger et peu soufré (qui contient peu de soufre, donc plus facile à raffiner). Il est échangé et livré via le hub de Cushing (centre de stockage et de livraison du pétrole) aux États-Unis. Les prix du WTI dépendent de l’offre et de la demande, des tensions géopolitiques (crises entre pays), des décisions de l’OPEP (organisation de pays exportateurs de pétrole) et du dollar américain. Les rapports hebdomadaires de stocks de l’API et de l’EIA (estimations des réserves de pétrole) peuvent faire bouger les prix ; leurs résultats sont à moins de 1 % l’un de l’autre 75 % du temps. L’API publie son rapport le mardi et l’EIA le lendemain. L’OPEP compte 12 membres et se réunit deux fois par an, tandis que l’OPEP+ inclut dix pays non membres de l’OPEP, dont la Russie.Impact sur le marché et approche de trading
Avec la frappe américaine sur l’île de Kharg, il faut s’attendre à une forte hausse des prix du pétrole brut à l’ouverture des marchés. L’idée immédiate consiste à se positionner pour profiter de cette hausse, surtout en achetant des options d’achat (contrats qui donnent le droit d’acheter à un prix fixé) sur le WTI et le Brent, ou des contrats à terme (accords pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé). Cet engagement militaire direct sur un point clé d’exportation signale une forte escalade et devrait ajouter une prime de risque importante (surcoût de prix lié à l’incertitude). Le détroit d’Ormuz, par lequel passe plus d’un cinquième de la consommation mondiale quotidienne de pétrole, est désormais le centre d’un conflit militaire direct. La menace de l’Iran de riposter contre des infrastructures énergétiques liées aux États-Unis met une part importante de l’approvisionnement en danger immédiat. Toute attaque réelle contre des pétroliers (navires transportant du pétrole) ou des installations dans la région provoquerait un choc sur le marché, et ferait monter les prix. On s’attend à une forte hausse de la volatilité (variation rapide et importante des prix), ce qui se verra dans le prix des options. L’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX) (indicateur qui mesure la volatilité attendue à partir des options), qui était autour de 40 la semaine dernière, devrait bondir, possiblement vers des niveaux vus lors de la crise énergétique de 2022. Acheter des options d’achat permet de profiter à la fois de la hausse du pétrole et de l’augmentation de la volatilité implicite (volatilité attendue intégrée dans le prix des options). La situation rappelle des événements passés, comme le début du conflit en Ukraine en 2022, lorsque le WTI a dépassé 120 $ le baril. Comme ce nouveau conflit touche directement les infrastructures du pétrole, un retour vers ces anciens sommets dans les prochaines semaines paraît possible. Les traders peuvent utiliser ces événements comme repère approximatif pour viser des objectifs de prix. Une opération à envisager est l’élargissement de l’écart Brent-WTI (différence de prix entre deux références), car le Brent est plus exposé aux perturbations d’approvisionnement au Moyen-Orient. Début mars 2026, cet écart était d’environ 4 $, mais il pourrait s’élargir nettement puisque le risque géopolitique est concentré dans le golfe Persique. Acheter des contrats à terme sur le Brent tout en vendant à découvert (parier sur une baisse) des contrats à terme sur le WTI pourrait profiter de cette divergence. Il faut aussi suivre la réaction de l’OPEP+, qui disposerait d’environ 3,5 millions de barils par jour de capacité de production inutilisée (production supplémentaire possible). Cela pourrait atténuer une rupture d’offre, mais augmenter la production prend du temps et pourrait ne pas suffire en pleine crise militaire. Les rapports hebdomadaires de l’EIA sur les stocks seront à surveiller, car toute baisse inattendue des stocks (réserves qui diminuent plus que prévu) renforcerait la hausse des prix.
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