Perturbation du détroit d’Ormuz
Le Hormuz Trail Monitor (service de suivi du trafic maritime) a indiqué que sept navires ont traversé le détroit d’Ormuz au cours des dernières 24 heures. Cela représente environ 5 % des 140 navires qui passaient habituellement chaque jour avant la guerre, et les autorités iraniennes auraient facturé des frais aux pétroliers (navires qui transportent du pétrole). Des données allemandes ont montré que l’Indice des prix à la consommation harmonisé (mesure standard de l’inflation utilisée dans l’Union européenne) a augmenté de 1,2 % en mars et de 2,8 % sur un an, contre 0,4 % et 2,0 %. La hausse a été liée à des prix de l’énergie plus élevés pendant le conflit au Moyen-Orient. Ces chiffres ont renforcé les attentes de hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE : institution qui fixe les taux d’intérêt dans la zone euro), peut-être en avril. La Banque d’Angleterre a été décrite comme adoptant une approche « attendre et voir », sans hausse de taux attendue à court terme. Une correction datée du 10 avril à 07:50 GMT a précisé que le chiffre sur un an était de 2,8 % contre 2,0 %, et non de 2,7 % contre 1,9 %.Se positionner pour un Euro plus fort
Étant donné l’écart de politique monétaire (différence d’orientation sur les taux) entre la BCE et la Banque d’Angleterre, il faut envisager de se positionner pour une nouvelle hausse de l’Euro face à la Livre sterling. Le chiffre d’inflation allemand de 2,8 % rend une hausse des taux de la BCE très probable, tandis que la Banque d’Angleterre reste en retrait. On peut exprimer cette idée en achetant des options d’achat (contrats donnant le droit d’acheter plus tard à un prix fixé) sur EUR/GBP ou des contrats à terme (accords pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé), en visant un mouvement vers 0,8800. Cette approche s’appuie sur un précédent historique : on a vu une force similaire d’EUR/GBP lors de la crise du « mini-budget » du Royaume-Uni fin 2022, quand les politiques des banques centrales divergeaient fortement. Le contexte actuel ressemble à cette période d’incertitude, ce qui donne un avantage clair à l’Euro. Le marché intègre de plus en plus une BCE plus stricte (plus encline à monter les taux), ce qui devrait soutenir la tendance. Le principal moteur de cette inflation et de la volatilité des marchés (fortes variations des prix) est la perturbation grave du détroit d’Ormuz. Avec un trafic réduit à 5 % du niveau normal, un choc énergétique important est en cours, car environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole passe par ce point de passage. Il faut donc établir ou augmenter des positions acheteuses sur le pétrole brut, probablement via des options d’achat sur les contrats à terme Brent (pétrole de référence), pour profiter de la hausse des prix et de la volatilité. Cette tension géopolitique pourrait alimenter la peur sur les marchés, ce qui rend une stratégie acheteuse de volatilité pertinente. L’incertitude autour de l’Iran et d’éventuelles escalades signifie que les actifs peuvent connaître des mouvements brusques et imprévisibles. On peut se positionner en achetant des contrats à terme sur le VIX (indice qui mesure la peur/volatilité attendue sur les actions américaines) ou via des stratégies d’options comme les straddles (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice) sur de grands indices actions, qui gagnent quand les mouvements sont forts, quel que soit le sens. En conséquence, les actions européennes, surtout en Allemagne, semblent fragiles. La combinaison de coûts de l’énergie en hausse et de la perspective de hausses de taux rapides de la BCE crée un frein important pour les bénéfices des entreprises et l’activité économique. Il faut envisager de couvrir le risque (réduire l’impact d’une baisse) ou d’ouvrir des positions vendeuses sur l’indice DAX (principal indice boursier allemand) via des options de vente (contrats donnant le droit de vendre plus tard à un prix fixé) ou des contrats à terme. Le ton strict autour de la BCE offre une opportunité directe sur les marchés de taux. Les données d’inflation allemandes confirmées pousseront probablement la BCE à agir, peut-être dès sa prochaine réunion. On peut miser sur cette attente en vendant des contrats à terme de taux européens à court terme, comme les contrats Euribor (référence des taux interbancaires en euros), afin de profiter de la hausse des taux.
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