Le sentiment de marché guide l’évolution des prix
Malgré le mauvais résultat du ZEW, l’EUR/USD a peu réagi, le sentiment restant le principal moteur. L’attention du marché s’est plutôt déplacée vers les taux d’intérêt, avec le rendement américain à 2 ans relativement stable et orienté vers une possible baisse (ce qui signifie que le prix des obligations pourrait monter, car prix et rendement évoluent en sens inverse). En Allemagne, le bund (obligation d’État allemande) a réagi à la publication du ZEW après le « hanging man doji » de vendredi, un motif de chandeliers (graphique en bougies) souvent interprété comme un signal de retournement baissier (risque de baisse). Les écarts de rendement (différence de rendements entre pays) ont été jugés élevés, ce qui a soutenu l’euro. Les prix des options (contrats qui donnent le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix fixé) indiquaient aussi de la prudence, car les « risk reversals » (mesure de la différence de prix entre options de hausse et options de baisse) montraient une prime pour se protéger contre une faiblesse de l’euro. La direction à court terme dépendait de la poursuite de l’amélioration du climat général, permettant à l’EUR/USD de reprendre une partie de sa baisse récente liée aux tensions géopolitiques. L’euro gagne face au dollar, prolongeant le fort retournement de lundi dans un mouvement qui semble bien soutenu. Cette hausse est surtout portée par le sentiment de marché plutôt que par les données économiques, car les traders ignorent en grande partie les signaux faibles. Par exemple, l’enquête ZEW de mars est ressortie à 15,2, nettement sous les 20,5 attendus, et pourtant la devise a tenu.Les rendements obligataires et les options appellent à la prudence
Nous suivons de près les marchés obligataires, car ils semblent être le moteur principal. Même si le rendement des bons du Trésor américain à 2 ans (obligation d’État US à 2 ans) est bien plus élevé, autour de 4,6%, que celui du bund allemand à 2 ans, autour de 2,9%, le marché anticipe un resserrement de cet écart. L’idée dominante est que les rendements américains pourraient baisser, ce qui réduirait l’avantage de rendement du dollar et soutiendrait l’EUR/USD. Avec du recul, cette reprise semble corriger (reprendre une partie) la forte baisse observée fin de l’année dernière. Cette chute était surtout liée à la montée des tensions géopolitiques au quatrième trimestre 2025. Comme ces craintes se sont atténuées, le sentiment s’est amélioré, permettant à l’euro de récupérer une partie de ses pertes. Pour les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, ici le taux de change), ce contexte peut favoriser des stratégies profitant d’un EUR/USD en hausse ou stable, comme vendre des options de vente très en dehors du prix actuel (« out-of-the-money » : option dont le prix d’exercice est défavorable au cours actuel) afin d’encaisser une prime (le prix payé pour l’option). Mais la prudence reste de mise, car les « risk reversals » montrent toujours une prime notable pour des options protégeant contre une baisse de l’euro. Cela indique que, malgré une humeur positive à court terme, les acteurs importants restent couverts (protégés) contre un possible retournement.
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