Arbitrages de politique de la Fed
Powell a dit que les événements au Moyen‑Orient influencent le prix de l’essence. Il a dit que la Fed a tendance à « regarder au‑delà » des chocs d’offre (perturbations côté production ou transport qui font monter les prix), mais qu’elle doit surveiller les anticipations d’inflation (ce que ménages et entreprises pensent que l’inflation sera). Celles‑ci semblent bien ancrées, c’est‑à‑dire relativement stables. Il a dit que les études montrent généralement que l’achat d’actifs à long terme (comme des obligations) fait baisser les taux à long terme et soutient l’économie, et qu’il y a du vrai dans cette idée. Il a ajouté que les effets négatifs d’un grand bilan (la taille des actifs détenus par la banque centrale) annoncés par beaucoup ne se sont pas matérialisés. Powell a dit que la Fed doit être totalement indépendante et hors de la politique, tandis que la régulation est différente depuis Dodd‑Frank (loi américaine qui a renforcé les règles bancaires après la crise financière). Il a dit que c’est une période de très faible création d’emplois, et que quelque chose de plus structurel peut se produire en dehors du cycle économique habituel (les phases normales d’expansion et de ralentissement). Il a dit que l’IA (intelligence artificielle) rend les gens plus productifs (produire plus avec le même temps) et qu’il est très optimiste à moyen et long terme. Il a aussi dit que c’est une période difficile pour entrer sur le marché du travail.Conséquences de marché et positionnement
Nous constatons que la politique de la Fed est dans une « bonne position pour attendre », comme on nous avait dit de l’anticiper en 2025. Avec le taux des fonds fédéraux (taux directeur de référence aux États‑Unis) stable à 5,25% lors des trois dernières réunions, les opérateurs doivent s’attendre à des marchés qui restent surtout dans une fourchette (hausse et baisse limitées) à court terme. L’outil CME FedWatch (indicateur de marché basé sur les contrats à terme pour estimer la probabilité des décisions de la Fed) intègre désormais une probabilité de 65% d’une baisse de taux d’ici la réunion de juillet 2026, ce qui suggère que la patience s’épuise et qu’un changement d’orientation est attendu. L’engagement à atteindre 2% d’inflation reste la position publique de la Fed, ce qui justifie les taux élevés actuels. Cependant, les dernières données de l’indice des prix à la consommation de février 2026 (mesure du coût d’un panier de biens et services) montrent que l’inflation a ralenti à 2,8%, et la pression pour baisser les taux augmente. L’enquête de l’Université du Michigan sur les anticipations d’inflation (sondage auprès des ménages) reste proche de 2,9% pour l’horizon cinq ans, ce qui donne à la Fed une marge pour assouplir sa politique sans affoler le marché. En regardant en arrière, les avertissements de 2025 sur un marché du travail difficile sont devenus réalité. Le rapport sur l’emploi de février 2026 a montré une faible hausse de seulement 95 000 emplois non agricoles (emplois salariés hors secteur agricole), un net ralentissement par rapport à la moyenne mensuelle de 180 000 observée pendant une grande partie de 2025. Cette faiblesse est le principal moteur des attentes de baisse des taux et soutient des stratégies qui profitent de taux en baisse, comme l’achat de contrats à terme SOFR (contrats liés à un taux de référence au jour le jour, utilisé pour les produits financiers en dollars). Nous devons aussi garder en tête la tendance à « regarder au‑delà » les chocs d’offre, une leçon utile vu les événements récents. Les tensions de la semaine dernière dans le détroit d’Ormuz ont fait bondir le pétrole WTI (référence du pétrole américain) de 8% au‑delà de 82$ le baril, créant de l’incertitude. Cet environnement suggère que l’achat de volatilité (parier sur de plus grands mouvements de prix) via des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) sur des ETF énergie (fonds cotés en bourse qui suivent un panier d’actions du secteur), comme le XLE, peut être une façon prudente de se couvrir contre d’autres tensions géopolitiques. L’idée selon laquelle le grand bilan de la Fed n’a pas créé de risques majeurs reste valable. Le bilan est toujours au‑dessus de 6 800 milliards de dollars, et sa réduction progressive n’a pas provoqué les perturbations que beaucoup redoutaient il y a un an. Cela diminue le risque extrême d’un manque soudain de liquidités (argent facilement disponible sur les marchés) et peut rassurer les personnes avec des positions haussières de long terme sur des dérivés d’indices actions (produits financiers dont la valeur dépend d’un indice boursier).
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