Les tensions au Moyen-Orient soutiennent la demande de dollars
Les tensions au Moyen-Orient ont soutenu la demande de dollar américain, avec la hausse des prix du pétrole. Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré que la fermeture du détroit d’Ormuz (passage maritime clé pour le transport de pétrole) devait rester un « outil pour faire pression sur l’ennemi » et a averti que toutes les bases militaires américaines dans la région devraient fermer, sinon elles pourraient être attaquées. Les marchés à terme (contrats pour acheter ou vendre plus tard) et les économistes s’attendent à ce que la Réserve fédérale (Fed, banque centrale des États-Unis) laisse les taux inchangés lors de la réunion de la semaine prochaine, avec le taux des fonds fédéraux à 3,50 %–3,75 % (taux directeur de référence). Les marchés anticipent aussi une baisse de taux de la Banque d’Angleterre (BoE, banque centrale du Royaume-Uni) la semaine prochaine, même si la hausse du pétrole ajoute de l’incertitude et peut retarder cette baisse. On voit un schéma déjà connu, similaire au début de 2025. Le dollar se renforce grâce aux risques géopolitiques, comme lors des tensions autour du détroit d’Ormuz l’an dernier. Cette demande de valeur refuge (argent placé dans un actif jugé plus sûr en période de stress) est renforcée par une nouvelle instabilité au Moyen-Orient, qui a poussé le Brent (référence mondiale du prix du pétrole) au-dessus de 95 dollars le baril. L’idée d’un dollar plus fort est soutenue par les données récentes sur l’inflation. L’indice PCE de février aux États-Unis est ressorti à 2,9 %, ce qui reduit la probabilité que la Fed annonce bientôt des baisses de taux. Cela rappelle 2025, quand la Fed avait maintenu son taux de référence à 3,50 %–3,75 %, ce qui avait soutenu le billet vert (le dollar américain).La pression sur la BoE accentue l’écart de politique monétaire
À l’inverse, la Banque d’Angleterre fait face à une situation différente. Avec une inflation au Royaume-Uni retombée à 2,2 % et un PIB presque à l’arrêt, la BoE est poussée à baisser ses taux lors de sa prochaine réunion. Cet écart de politique monétaire (différence d’orientation des banques centrales) ouvre la voie à une possible baisse de GBP/USD, un scénario déjà observé l’an dernier. Compte tenu de cet écart, nous pensons que les traders pourraient envisager d’acheter des options de vente (put : contrat qui gagne de la valeur si le prix baisse) sur GBP/USD, pour viser un repli vers 1,3200. L’an dernier, la paire a bougé vite quand les attentes sur les banques centrales se sont retournées contre la livre. La situation actuelle, avec une Fed restrictive (hawkish : prête à maintenir des taux élevés) et une BoE accommodante (dovish : plus encline à baisser les taux), offre une configuration proche. Les prochaines réunions des banques centrales ajoutent un risque d’événement important (forte probabilité de mouvements de marché liés à une annonce), ce qui suggère plus de volatilité (amplitude des variations de prix) à venir. On se souvient qu’en 2025, la volatilité implicite (volatilité attendue par le marché, déduite du prix des options) des paires de devises avait augmenté lors des épisodes de tension géopolitique. Ainsi, utiliser des stratégies d’options comme les straddles (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente, pour profiter d’un grand mouvement dans un sens ou dans l’autre) peut être une façon prudente de trader l’incertitude.
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