Les attentes sur les banques centrales changent
Les attentes d’une baisse de taux de la Banque d’Angleterre en mars ont diminué, avec une probabilité désormais sous 50%, selon Bloomberg. Cela a soutenu la livre, même si l’incertitude politique au Royaume-Uni a continué de peser sur la monnaie. Les données d’inflation de la zone euro ont dépassé les prévisions mais n’ont pas soutenu l’euro. Eurostat a indiqué que l’IPCH sous-jacent (indice des prix à la consommation harmonisé, en version « sous-jacente », qui exclut surtout l’énergie et l’alimentation pour mieux suivre la tendance) a augmenté de 0,8% sur un mois après une baisse de 1,1% en janvier, et a progressé de 2,4% sur un an contre 2,2% attendu. L’IPCH global (inflation totale mesurée de façon comparable entre pays) a augmenté de 0,7% sur un mois après un recul de 0,6%, et le taux annuel est monté à 1,9% contre 1,7% attendu. Des responsables de la BCE ont dit suivre le conflit et ont averti que l’inflation pourrait subir une pression à la hausse s’il dure. Il faut rappeler que les craintes d’inflation du début 2025, liées à des tensions temporaires entre les États-Unis et l’Iran, n’ont pas entraîné des prix du pétrole durablement élevés. Les données historiques montrent que le Brent (pétrole de référence mondial, utilisé comme prix repère) a, après un pic bref, tourné autour de 82 dollars le baril en moyenne sur 2025, loin des niveaux « de crise » redoutés. Cela montre qu’une prime de risque géopolitique (surcoût ajouté au prix à cause d’un risque de conflit) peut disparaître vite et surprendre les traders (intervenants qui achètent et vendent sur les marchés).Divergence des taux et positions de marché
À l’époque, les marchés avaient à tort écarté une baisse de taux de la Banque d’Angleterre en mars 2025. En réalité, la BoE a maintenu ses taux mais a ensuite commencé à les baisser en août 2025, car l’inflation au Royaume-Uni est retombée vers 3%. La Banque centrale européenne a aussi lancé son cycle de baisse des taux (période où une banque centrale réduit progressivement ses taux) à la mi-2025, ce qui montre que les deux banques se concentraient sur le ralentissement de la croissance plutôt que sur des chocs d’offre temporaires (hausse des prix causée par un manque de produit, comme le pétrole). Aujourd’hui, en mars 2026, le point clé est la différence de persistance de l’inflation (à quel point l’inflation reste élevée). La dernière donnée d’inflation au Royaume-Uni (IPC, indice des prix à la consommation) pour février 2026 ressort à 2,8% et reste élevée, tandis que l’IPCH de la zone euro a baissé à 2,3%. Cet écart suggère que la Banque d’Angleterre a moins de marge pour baisser les taux que la BCE. Compte tenu de cet écart, vendre des options d’achat EUR/GBP (contrats qui donnent le droit d’acheter à un prix fixé) avec un prix d’exercice autour de 0,8650 semble prudent. Cette position gagne si la paire reste stable ou baisse, car la livre profite d’attentes de taux d’intérêt relativement plus élevés. La prime encaissée (argent reçu en vendant l’option) offre une protection si l’euro se renforce de façon inattendue. Il faut surveiller les données sur la progression des salaires au Royaume-Uni attendues la semaine prochaine, un sujet clé pour la Banque d’Angleterre. Un chiffre élevé pourrait augmenter la probabilité que la BoE garde ses taux inchangés jusqu’au deuxième trimestre 2026. Utiliser des options de vente sur l’EUR/GBP (contrats qui donnent le droit de vendre à un prix fixé) peut être une façon moins coûteuse de viser une baisse sous le niveau de support 0,8500 (zone de prix où la baisse a souvent tendance à s’arrêter).
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