L’or a reculé mercredi à un nouveau plus bas de sept mois, pénalisé par un regain d’anticipations de fermeté de la Réserve fédérale et par un Dollar américain plus solide. Le XAU/USD évoluait autour de 4 020 $ après être descendu à 3 964 $ en séance américaine, son niveau le plus bas depuis novembre 2025. Le mouvement du Dollar a suivi la mise à jour du « dot plot » de la Fed, qui montre qu’une majorité de membres du Federal Open Market Committee penchent pour au moins une hausse de taux cette année, afin de contenir une inflation liée au renchérissement des coûts de l’énergie. L’indice du Dollar (DXY) s’établissait autour de 101,78, son plus haut niveau depuis plus d’un an, depuis mai 2025.
Les marchés intégraient une probabilité de 70 % d’une hausse de taux en septembre, selon l’outil CME FedWatch, alors que l’indice des prix PCE (Personal Consumption Expenditures) américain publié jeudi et l’estimation finale du PIB du premier trimestre sont au centre de l’attention. Plusieurs banques ont revu leurs prévisions à la baisse : Goldman Sachs a réduit son objectif de fin 2026 de 500 $ à 4 900 $ l’once, UBS a abaissé sa cible de fin d’année à 5 500 $ contre 5 900 $, et Deutsche Bank a signalé un potentiel risque baissier vers 3 800 $ en cas de hausses multiples. Sur le plan technique, le spot restait sous les moyennes mobiles simples (SMA) à 200 jours, 50 jours et 100 jours, tandis que le RSI oscillait près de 30 et que le MACD demeurait en territoire négatif. Les supports sont situés à 4 000 $, puis 3 900 $ et 3 800 $, avec des résistances à 4 473 $, 4 498 $ et 4 700 $.
Considérations de stratégie en cas de poursuite de la faiblesse de l’or
Compte tenu de la posture ferme de la Réserve fédérale dans sa lutte contre l’inflation, nous anticipons une pression persistante sur l’or dans les prochaines semaines. La vigueur du Dollar américain, désormais à son plus haut depuis mai 2025, rend difficile l’établissement d’un point d’appui pour le métal jaune. Nous envisageons donc des stratégies telles que l’achat d’options de vente (puts) ou l’initiation de positions vendeuses sur contrats à terme, afin de tirer parti d’un potentiel repli supplémentaire vers le seuil des 3 900 $.
Notre biais baissier est conforté par la récente résilience de l’économie : le dernier rapport sur l’emploi (Non-Farm Payrolls) a fait état d’une hausse solide de 210 000 emplois, offrant à la Fed une marge de manœuvre claire pour relever les taux. Par ailleurs, le dernier rapport sur l’indice des prix à la consommation (CPI) a montré une inflation globale remontant à 3,8 % sur un an, renforçant l’argument en faveur d’un durcissement monétaire. Dans ce contexte fondamental, la trajectoire la plus probable pour l’or, actif non rémunéré, demeure orientée à la baisse.
Gestion du risque dans un contexte de volatilité de marché
Alors que l’incertitude augmente à l’approche de statistiques clés, l’indice de volatilité de l’or du CBOE (GVZ) est monté à 19,5, signe que les opérateurs anticipent des amplitudes de prix plus importantes. Cela rend l’achat « sec » de puts coûteux ; nous examinons donc également des spreads baissiers à base de puts (bear put spreads), afin de plafonner le risque et de réduire le coût d’entrée. Cette stratégie permet de profiter d’un repli modéré des cours de l’or tout en se protégeant contre un retournement brutal et inattendu.
Nous devons rester prudents, car le RSI se rapproche de la zone de survente, ce qui a historiquement favorisé des rebonds de court terme, même au sein d’une tendance baissière plus large, comme fin 2022. Les données d’inflation PCE de jeudi constituent un événement de risque majeur, susceptible de déclencher un rallye si le chiffre surprend par sa faiblesse. Nous utiliserons la résistance autour de la moyenne mobile à 4 473 $ comme niveau clé pour placer des stop-loss sur toute position vendeuse.
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