L’or progresse pendant que le pétrole baisse
La baisse du pétrole a réduit, à court terme, les craintes d’inflation (hausse générale des prix) et a renforcé les attentes de baisses de taux de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) plus tard cette année. Les marchés surveillaient aussi les informations sur les discussions États-Unis–Iran du week-end, tandis que le blocus naval américain (présence militaire en mer visant à contrôler ou limiter la circulation) était présenté comme maintenu jusqu’à la conclusion d’un accord final. L’agence Fars, citant un responsable iranien, a déclaré que l’Iran pourrait refermer le détroit si le blocus continue, selon Reuters. Le calendrier américain ne prévoyait pas de publications majeures, l’attention se portant sur les discours de la Fed avant la période de blackout (période où les responsables évitent de commenter la politique monétaire) précédant la réunion du FOMC (comité de la Fed qui décide des taux) des 28-29 avril. Sur le plan technique, l’or est resté au-dessus de la SMA 20 jours (moyenne mobile simple sur 20 jours, un indicateur qui lisse les prix) à 4 646 $, avec un RSI (14) (indice de force relative sur 14 périodes, indicateur de momentum) proche de 52 et un MACD (indicateur de tendance basé sur des moyennes mobiles) positif. Une résistance (zone où le prix a du mal à monter) se trouvait vers 4 931 $, avec un support (zone où le prix a tendance à se stabiliser) à 4 646 $ et autour de 4 361 $.Politique de la Fed et risque géopolitique
Il faut se rappeler la position « hawkish » de la Réserve fédérale (attitude ferme visant à combattre l’inflation, donc plutôt favorable à des taux élevés) fin 2025, différente d’une phase « dovish » (attitude plus souple, plutôt favorable à des taux plus bas) observée brièvement. La Fed a répété qu’elle a besoin de plus qu’une baisse passagère de l’inflation globale pour changer de cap, ce qui signifie qu’un accord dans une zone de conflit pourrait ne pas suffire cette fois. Les traders devraient donc éviter de réagir au premier bruit de couloir et plutôt chercher une confirmation dans les discours de la Fed ou dans une baisse durable des rendements obligataires (taux d’intérêt implicites sur les obligations). La fragilité du cessez-le-feu de 2025 est une leçon importante, car le marché avait intégré le scénario le plus favorable alors que le blocus naval américain restait actif. Aujourd’hui, le risque géopolitique reste élevé, ce qui soutient le prix de l’or. On peut utiliser cet exemple pour structurer des opérations, comme acheter des puts (options qui gagnent de la valeur si le prix baisse) sur le pétrole pour se protéger lorsqu’on est acheteur d’or et que des pourparlers de paix sont annoncés. La demande de fond reste un facteur puissant. Les banques centrales ont continué à acheter massivement, ajoutant 1 047 tonnes aux réserves mondiales en 2025, après les achats records de 2022 et 2023. Cette demande officielle durable suggère qu’une baisse marquée des prix due à un retour temporaire de l’appétit pour le risque peut être une occasion d’achat. La configuration technique de l’époque, avec des bandes de Bollinger (outil qui montre la volatilité autour d’une moyenne) qui se resserraient, signalait une période de faible volatilité (prix qui bouge peu) avant une sortie forte. Vu des facteurs contradictoires, les traders peuvent envisager des stratégies d’options (contrats donnant le droit, et non l’obligation, d’acheter ou vendre à un prix fixé) qui profitent d’un pic de volatilité, comme un long straddle (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice, pour profiter d’un grand mouvement dans un sens ou dans l’autre). Cela permet de tirer parti d’un mouvement marqué dans n’importe quelle direction lorsque le marché choisit une trajectoire claire.
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