Implications pour les attentes de taux de la BCE
Cette hausse imprévue de l’inflation en Italie est un signal important. Elle indique que les hausses de prix « de fond » (c’est-à-dire hors éléments très variables comme l’énergie et certains aliments) sont plus difficiles à faire baisser que prévu dans la troisième économie de la zone euro. Il faut donc remettre en cause l’idée du marché selon laquelle la Banque centrale européenne (BCE : l’institution qui fixe les taux d’intérêt de la zone euro) a une trajectoire simple vers des baisses de taux. Ce chiffre italien n’est pas isolé. Les premières estimations de l’inflation allemande de février sont aussi légèrement au-dessus des prévisions à 2,7 %, et l’estimation rapide de l’inflation sous-jacente (core inflation : inflation « de fond ») de la zone euro en février reste à 2,9 %. Cela suggère une tendance plus large, qui pourrait pousser la BCE à garder une politique monétaire (politique monétaire : gestion des taux et de la création de monnaie pour influencer l’économie) plus stricte plus longtemps. Pour les traders de taux, cela implique de revoir les contrats à terme sur taux courts (STIR futures : produits financiers qui reflètent les attentes de taux à court terme). Le marché a déjà réagi : les prix des contrats Euribor (Euribor : taux d’intérêt de référence des prêts interbancaires en euros) de décembre 2026 ont baissé, ce qui signifie que les attentes de baisses de taux cette année reculent. Une idée est de vendre ces contrats ou d’acheter des options de vente (put options : options qui gagnent de la valeur si le prix baisse), en pariant que le marché retirera au moins une baisse complète de 25 points de base (points de base : 0,01 % ; donc 25 pb = 0,25 %) dans les prochaines semaines. Côté actions, une inflation durable pèse sur les marchés, surtout sur l’indice italien FTSE MIB (indice boursier : panier d’actions représentant un marché). Des taux plus élevés plus longtemps réduisent souvent les profits des entreprises et la valeur perçue des actions. C’est aussi pourquoi le VSTOXX (VSTOXX : indicateur de volatilité, donc de nervosité, des actions européennes) a augmenté d’environ 8 % sur la dernière semaine, au-dessus de 15. On peut envisager d’acheter des options de vente sur de grands indices européens pour se protéger (couverture : réduire le risque) ou pour viser une baisse à court terme.Divergence de politique entre l’euro et le dollar
Sur le marché des changes (marché des changes : achat/vente de devises), cela renforce le scénario d’un euro plus fort. Comme la Réserve fédérale américaine (Fed : banque centrale des États-Unis) continue de laisser entendre des baisses de taux plus tard cette année, sur la base d’une progression des salaires plus faible le mois dernier, cela crée une divergence de politique (divergence : trajectoires de taux différentes entre deux banques centrales). Une stratégie consiste à viser une hausse de l’EUR/USD, par exemple avec des options d’achat (call options : options qui gagnent de la valeur si le prix monte) pour viser un mouvement vers 1,10 le mois prochain.
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