Surprise de l’inflation : un obstacle au plan de la BCE
Ce matin, le chiffre d’inflation du Bade-Wurtemberg marque un choc important : il passe à 2,5 % et met fin au ralentissement observé pendant l’essentiel de 2025. Ce chiffre est un indicateur avancé (un signal précoce) pour l’inflation de l’Allemagne entière. L’Allemagne représente plus d’un quart de l’IPCH (indice harmonisé des prix à la consommation, la mesure commune de l’inflation en zone euro). Il faut donc remettre en cause l’idée dominante du marché selon laquelle la Banque centrale européenne (BCE) allait clairement baisser ses taux plus tard cette année. La réaction la plus directe concerne les taux d’intérêt à court terme, car la probabilité d’une baisse des taux de la BCE cet été a fortement diminué. On peut s’attendre à une hausse des rendements (le taux de return exigé par les investisseurs) des obligations allemandes à 2 ans, très sensibles à la politique de la BCE, à partir de leur niveau actuel de 2,8 %. Cela rappelle les hausses rapides de rendements vues début 2025 quand l’inflation est restée élevée plus longtemps que prévu. Les opérateurs peuvent vendre des contrats à terme Euribor (produits financiers qui reflètent les attentes sur les taux d’intérêt à court terme en zone euro) ou ajuster des swaps de taux (contrats où deux parties échangent des paiements de taux fixe et variable) pour tenir compte de taux qui resteraient élevés plus longtemps. Cette incertitude alimentera directement la volatilité (l’ampleur des variations de prix), qui baissait depuis des mois. On peut anticiper une remontée du VSTOXX (indice de volatilité de référence en Europe, souvent appelé « baromètre de la peur ») depuis ses récents plus bas autour de 14 vers la zone 19-20. Cela rend l’achat d’options (contrats donnant le droit, mais pas l’obligation, d’acheter ou de vendre un actif à un prix fixé) plus intéressant. Les opérateurs peuvent envisager d’acheter des puts (options de vente) sur l’indice Euro Stoxx 50 (grand indice boursier de la zone euro) pour se protéger contre un recul du marché lié au retour des craintes d’inflation. Sur le marché des changes (le marché des devises), cette surprise d’inflation soutient l’euro. Si d’autres banques centrales, comme la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis), continuent de laisser entendre des baisses de taux, une BCE plus « ferme contre l’inflation » (hawkish, c’est-à-dire prête à maintenir des taux plus hauts) augmente l’avantage de rendement (taux d’intérêt plus attractif) de l’euro. Il peut être pertinent de viser une hausse de l’EUR/USD vers 1,10, un niveau vu fin 2025, en utilisant des options d’achat (call options, qui donnent le droit d’acheter) pour limiter le risque.
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