L’attention se tourne vers les données d’inflation aux États-Unis
L’attention se porte sur l’indice des prix à la production (PPI, mesure l’évolution des prix que les entreprises reçoivent pour leurs ventes) de mars aux États-Unis, après les données sur les prix à la consommation publiées vendredi. Si le PPI correspond aux attentes, cela pourrait renforcer l’idée de taux directeurs plus élevés de la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis qui fixe notamment les taux). Plus tôt mardi, des rapports sur l’inflation en Allemagne et en Espagne ont montré l’effet de la guerre en Iran. La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, doit intervenir plus tard mardi lors d’une réunion du FMI (Fonds monétaire international, une organisation qui aide à la stabilité financière mondiale). D’un point de vue technique, le MACD sur 4 heures (indicateur de tendance basé sur des moyennes mobiles) montrait un histogramme positif qui s’élargit, tandis que le RSI (indice de force relative, indicateur de momentum qui signale souvent une hausse trop rapide) est entré en zone de surachat (niveau où le prix a monté trop vite et peut se retourner). Une résistance (zone où le prix a du mal à monter) se situe à 1,1825, puis près de 1,1930, avec un support (zone où le prix a tendance à rebondir) à 1,1720-1,1730, puis 1,1650 et 1,1610. Nous nous souvenons de cette période à la mi-avril 2025, quand l’optimisme autour de possibles discussions de paix États-Unis–Iran alimentait l’appétit pour le risque. La paire EUR/USD dépassait 1,1800, un niveau plus vu depuis le début du conflit plus tôt cette année-là. Cette dynamique haussière (mouvement de hausse) attirait l’attention, même si des indicateurs techniques signalaient déjà une hausse trop tendue.Aujourd’hui, la configuration est différente
Avec le recul, on sait que le signal de surachat du RSI a été le plus révélateur. Les premières discussions de paix au Pakistan ont finalement échoué, et les chiffres élevés de l’inflation américaine de mars 2025 ont bien conduit la Fed à relever ses taux deux fois de plus avant l’été. Cet écart de politique monétaire (différence d’orientation entre banques centrales) a fait reculer nettement l’EUR/USD, repassant sous 1,1500 en août dernier. Aujourd’hui, la situation a changé et doit guider la stratégie des prochaines semaines. Les données récentes montrent que l’inflation américaine a nettement ralenti à 2,8% en mars 2026, tandis que la Fed n’a pas bougé ses taux depuis six mois, avec un taux directeur (taux de référence qui influence les autres taux) à 5,75%. Le taux de chômage américain est aussi monté légèrement à 4,1%, ce qui suggère que l’économie ralentit enfin après le cycle de hausse des taux de l’an dernier. Comme la Fed et la BCE ont indiqué une pause prolongée, nous anticipons moins de volatilité (amplitude des variations de prix) et un marché en range (prix qui oscille dans une zone, sans tendance claire) sur l’EUR/USD. Pour les prochaines semaines, les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif comme une paire de devises) peuvent envisager des stratégies qui profitent de cette stabilité, comme vendre des strangles hors du prix (vente simultanée d’une option d’achat et d’une option de vente, avec des prix d’exercice éloignés du prix actuel) ou mettre en place des iron condors (stratégie d’options combinant plusieurs achats/ventes pour viser un marché stable). Les conditions d’un mouvement fort dans une direction (hausse ou baisse marquée) comme l’an dernier ne sont pas présentes actuellement. Le principal risque pour cette vision est un changement des indications à venir (messages des banques centrales sur leur trajectoire future des taux), surtout sur le calendrier d’éventuelles baisses de taux plus tard cette année. Nous suivrons de près les prochains rapports sur l’emploi pour détecter d’autres signes de faiblesse. Un chiffre de l’emploi nettement plus faible que prévu pourrait relancer les paris sur des baisses de taux et ramener les traders directionnels sur le marché, ce qui rendrait des options de vente (puts, elles prennent de la valeur si le prix baisse) à longue échéance et peu chères une couverture (protection) raisonnable pour un portefeuille.
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