Le rebond du dollar pèse sur l’euro
La Banque centrale européenne (BCE) a laissé les taux d’intérêt inchangés jeudi, en citant l’incertitude sur les prix et l’économie liée à une action militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Christine Lagarde a déclaré qu’une hausse des prix de l’énergie ferait dépasser 2 % à l’inflation à court terme. Reuters a rapporté que la BCE pourrait discuter d’une hausse des principaux taux d’emprunt en avril et pourrait agir en juin si les prix de l’énergie restent élevés. Cette information a soutenu une forte hausse de l’euro. La BCE vise une inflation autour de 2 % et utilise surtout les taux d’intérêt pour y parvenir. Elle fixe sa politique lors de huit réunions chaque année. Dans des cas rares, elle peut utiliser l’assouplissement quantitatif (QE), c’est-à-dire la création de monnaie pour acheter des obligations et faire baisser les taux, utilisé en 2009-11, en 2015 et pendant la pandémie de Covid. Le resserrement quantitatif (QT) met fin aux achats d’obligations et au réinvestissement des montants arrivant à échéance ; cela soutient en général l’euro.L’attention du marché se tourne vers l’écart de politique monétaire
Nous nous rappelons l’incertitude de la fin de l’année dernière, quand la paire EUR/USD corrigeait (reculait après une hausse) depuis ses sommets autour de 1,1600. Le marché réagissait aux événements au Moyen-Orient et essayait d’estimer la réaction des banques centrales à la hausse des coûts de l’énergie. Ce contexte de fin 2025 est maintenant le moteur principal des échanges actuels. L’avertissement de la présidente Lagarde en 2025 sur les prix de l’énergie s’est révélé exact, car l’inflation est restée élevée et lente à baisser. La dernière estimation rapide d’Eurostat (première estimation publiée rapidement) pour février 2026 a montré que l’inflation globale (tous prix confondus) remontait de façon inattendue à 2,8 %, bien au-dessus de l’objectif de la BCE. Cela a renforcé un ton plus dur (position « faucon », favorable à des hausses de taux), et les marchés estiment maintenant à 75 % la probabilité d’une hausse des taux lors de la réunion de juin. À l’inverse, la Réserve fédérale américaine (Fed), la banque centrale des États-Unis, fait face à une situation différente. L’inflation aux États-Unis a baissé plus régulièrement, le dernier chiffre du CPI (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) pour février 2026 ressortant à 3,1 %, dans la continuité d’une baisse progressive. Cet écart grandissant de politique monétaire, où la BCE est poussée à envisager de durcir sa politique (monter les taux) tandis que la Fed peut rester prudente, soutient fortement l’euro. Cet écart entraîne une hausse notable des variations de prix attendues. La volatilité implicite (variation attendue par le marché, déduite du prix des options) sur les options EUR/USD à un mois est montée à 7,8 %, nettement au-dessus de la moyenne de 5,9 % observée au quatrième trimestre 2025. Les traders devraient donc envisager des stratégies qui profitent de cette hausse de volatilité, comme les straddles acheteurs (acheter une option d’achat et une option de vente au même prix d’exercice, pour gagner si le prix bouge fortement dans un sens ou dans l’autre), avant la prochaine conférence de presse de la BCE en avril. Nous surveillons maintenant le niveau de 1,1850, une zone de résistance clé (niveau de prix où la hausse bloque souvent) testée pour la dernière fois fin 2024. Une cassure nette au-dessus de cette barrière psychologique (niveau rond important pour le marché), вероятно alimentée par des commentaires plus « faucons » de responsables de la BCE, pourrait déclencher une hausse rapide. Cela rend l’achat d’options d’achat en dehors de la monnaie (prix d’exercice au-dessus du prix actuel, donc moins chères mais nécessitant une hausse) de plus en plus intéressant pour capter une hausse possible dans les prochaines semaines.
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