L’EUR/USD recule alors que les tensions à Hormuz dopent le dollar, les marchés scrutant les paris sur la BCE et les minutes de la Fed

by VT Markets
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Jul 8, 2026

EUR/USD n’a pas su tirer parti d’un cocktail pourtant porteur — rhétorique soutenante de la Banque centrale européenne et premiers signes d’un ralentissement du marché du travail américain — et a finalement reculé d’un sommet matinal juste sous 1,1450 jusqu’à une clôture à 1,1406, son plus bas niveau de clôture depuis mercredi dernier. Les prix de marché continuent d’anticiper une dernière hausse de 25 points de base de la BCE cette année, tout en n’accordant quasiment aucune probabilité à la réunion du 23 juillet. Aux États-Unis, la moyenne sur quatre semaines de la variation de l’emploi ADP a ralenti à 21 000 contre 24 250, mais le patron de la Fed de New York n’a guère apporté d’éléments nouveaux, ce qui a maintenu l’attention des opérateurs sur les minutes de la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) attendues mercredi, plutôt que sur les arbitrages macroéconomiques.

Des titres tardifs en provenance du détroit d’Ormuz ont déclenché le mouvement décisif : des forces iraniennes ont frappé trois navires commerciaux, et Washington a riposté par des frappes de représailles, tandis que le Trésor américain révoquait l’allègement des sanctions sur les exportations de brut iranien, accordant aux contreparties jusqu’au 17 juillet pour mettre fin aux contrats. Le Brent s’est apprécié d’environ 3% pour se rapprocher de 76 dollars le baril, soutenant le dollar via la demande de valeur refuge et entraînant l’EUR/USD sous 1,1410 en fin de séance. Le contexte intègre une inflation américaine (CPI) à 4,2% en mai, un plus haut de trois ans, ainsi qu’une décision du FOMC en juin maintenant les taux à 3,75% à l’unanimité, avec une projection médiane 2026 à 3,8% ; les contrats à terme suggèrent environ trois chances sur quatre d’un statu quo le 29 juillet, alors que les inscriptions au chômage sont attendues à 218 000 contre 215 000 précédemment.

Persistance de la faiblesse de l’euro malgré une BCE ferme et des chiffres d’inflation

Nous constatons que l’euro n’arrive pas à se redresser, même sur des nouvelles a priori favorables, comme des commentaires offensifs (hawkish) de la BCE. Malgré une inflation sous-jacente en zone euro qui reste au-dessus de la cible à 2,9%, le marché fait largement fi de la fermeté affichée par la banque centrale. Cela suggère qu’un biais baissier plus profond est à l’œuvre, rendant risqué, selon nous, d’acheter ces petits rebonds.

Le véritable moteur reste la demande de valeur refuge en faveur du dollar, alimentée par la résurgence des tensions dans le détroit d’Ormuz. Alors que le Brent a récemment franchi 85 dollars le baril, nous observons un impact direct sur les anticipations d’inflation mondiale et l’appétit pour le risque. Il s’agit d’un environnement « risk-off » classique, qui historiquement favorise le dollar au détriment de l’euro.

Cette envolée des prix de l’énergie alimente directement les craintes d’une inflation américaine durable, après un chiffre mensuel récemment ressorti au-dessus des attentes à 3,5%. Nous avons déjà vu ce schéma : des chocs énergétiques contraignent la Réserve fédérale à maintenir une politique restrictive plus longtemps qu’anticipé. Ainsi, chaque dollar supplémentaire sur le baril constitue un argument de plus pour que la Fed retarde d’éventuelles baisses de taux.

Positionnement de marché et risques baissiers avant les minutes clés du FOMC

Les minutes du FOMC à venir sont désormais l’événement central, et nous surveillerons la façon dont le comité arbitrera entre l’inflation tirée par l’énergie et le refroidissement du marché du travail. Les futures sur Fed funds n’intègrent qu’environ 30% de probabilité d’une hausse de taux d’ici septembre ; un ton plus offensif pourrait rapidement faire remonter ces probabilités. Cette publication devrait donner le cap du dollar pour les prochaines semaines.

Dans ce contexte d’incertitude accrue, nous estimons pertinent d’acheter des protections à la baisse sur l’euro via le marché des options. La volatilité implicite des options EUR/USD a progressé, mais pourrait rester bon marché au regard du risque d’un décrochage marqué vers la zone de 1,1300. Nous devrions envisager des options de vente (puts) ou des spreads de puts afin de se positionner en vue d’un possible retour sur les plus bas de juin.

Notre biais demeure baissier tant que l’euro reste sous la résistance à 1,1450, qui fait office de plafond solide. Le chemin de moindre résistance semble orienté à la baisse, avec des premiers objectifs à 1,1350 puis un plancher proche de 1,1300. Seule une désescalade significative dans le Golfe ou un message étonnamment accommodant (dovish) de la Fed nous conduirait à reconsidérer ce scénario.

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