Discussions États-Unis–Iran et prix de l’énergie
L’inflation des prix à la production aux États-Unis (hausse des prix payés par les entreprises) est montée à 4 % sur un an (comparaison avec la même période un an plus tôt) en mars, sous le 4,6 % attendu, et au-dessus de 3,4 % en février, selon le BLS (Bureau of Labor Statistics, l’institut public américain des statistiques du travail). Le PPI “core” (indice hors éléments très variables comme l’énergie et l’alimentation) était à 3,8 % sur un an, inchangé, tandis que la moyenne sur 4 semaines de l’ADP Employment Change (estimation privée des créations d’emplois) a augmenté à 39 250 contre 26 000. Les marchés se sont orientés vers l’idée que la Fed (banque centrale américaine) pourrait laisser ses taux inchangés cette année, selon PMT. Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, a dit que des baisses de taux pourraient être repoussées jusqu’en 2027 si les prix du pétrole ralentissent les progrès vers l’objectif d’inflation de 2 %. Christine Lagarde, présidente de la BCE (Banque centrale européenne), a déclaré que la BCE est bien placée pour gérer des évolutions liées à l’Iran et a averti qu’il ne faut pas minimiser le choc trop tôt. Les prochaines publications incluent le Beige Book de la Fed (rapport qualitatif sur l’économie par régions), des discours de responsables américains, la production industrielle de la zone euro de février, et des commentaires de membres de la BCE. L’EUR/USD s’échangeait près de 1,1793, au-dessus des moyennes mobiles simples (SMA, moyenne des prix sur une période) à 50, 100 et 200 jours regroupées autour de 1,1673, et soutenu par une ligne de tendance haussière depuis 1,1411. Le RSI (14) (indice de force relative sur 14 périodes, mesure du momentum) était à 64,8, avec une résistance (zone où le prix peut buter) liée à la zone 1,1929.L’attention du marché se tourne vers l’écart de politique monétaire
Nous nous souvenons de l’optimisme en 2025, lorsque l’EUR/USD a progressé vers 1,1800, porté par l’espoir d’une désescalade (baisse des tensions) entre les États-Unis et l’Iran. Depuis, l’attention s’est déplacée vers l’écart de politique monétaire (différences de décisions de taux) entre banques centrales, qui guide désormais le marché. La paire s’échange actuellement bien plus bas, autour de 1,1250, ce qui reflète cette nouvelle réalité. La position “dure” de la Réserve fédérale (hawkish : priorité donnée à la lutte contre l’inflation, donc tendance à maintenir des taux élevés), mise en place l’an dernier, reste dominante. Le dernier chiffre de l’indice des prix à la consommation (CPI, mesure des prix payés par les ménages) pour mars 2026 ressort à 3,1 % et reste nettement au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed. Cette inflation persistante, avec un marché du travail encore solide, a repoussé les attentes d’une première baisse de taux vers le troisième trimestre 2026. À l’inverse, la BCE a déjà commencé à assouplir sa politique, en baissant son taux de dépôt principal de 25 points de base en mars 2026 (25 points de base = 0,25 point de pourcentage). L’inflation HICP de la zone euro (indice harmonisé, mesure comparable entre pays) est tombée à 2,4 % le mois dernier, plus proche de l’objectif, ce qui a donné à la BCE une marge pour agir. Cela confirme l’écart de politique qui se creuse entre les deux banques centrales. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, ici la paire de devises), cette trajectoire claire suggère de vendre des options d’achat (call) EUR/USD “hors de la monnaie” (out-of-the-money : prix d’exercice moins favorable que le prix actuel) ou de mettre en place des “bear call spreads” (stratégie avec deux options d’achat qui vise un marché en baisse ou stable, avec risque limité). Cette approche gagne si la paire reste faible ou évolue surtout de côté, avec un risque défini. La volatilité implicite (volatilité attendue et intégrée dans le prix des options) a baissé par rapport aux pics de 2025 liés au conflit avec l’Iran, ce qui rend les primes d’options (prix payés pour l’option) plus raisonnables pour des positions baissières. À l’avenir, il faudra suivre de près les prochaines données américaines de core PCE (indice PCE hors éléments très variables, mesure d’inflation préférée de la Fed). L’outil CME FedWatch (indicateur basé sur les marchés de contrats à terme de taux) montre que le marché n’évalue qu’à 20 % la probabilité d’une baisse de taux avant septembre 2026. Toute donnée qui modifie ces probabilités sera le prochain déclencheur important pour la paire. Créez votre compte VT Markets en direct et commencez à trader maintenant.
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