L’EUR/JPY a progressé de 0,15% vendredi, autour de 184,15, se maintenant fermement alors même que les marchés intègrent la possibilité d’une hausse de taux de la Banque du Japon dès septembre, parallèlement à un resserrement supplémentaire en zone euro. Les investisseurs s’attendent globalement à une action de la BCE lors de la réunion de septembre, ce qui constituerait sa deuxième hausse de l’année, tandis que les risques d’inflation en zone euro restent orientés à la hausse. La deuxième estimation d’Eurostat a montré que le PIB a augmenté de 0,4% en glissement trimestriel au T2 après 0% précédemment, et de 1% sur un an, accélérant par rapport à une hausse de 0,5% révisée à la hausse au trimestre précédent.
Le potentiel haussier du cross est toutefois bridé par les perspectives de politique monétaire au Japon et par la vigilance entourant d’éventuelles interventions sur le marché des changes, après que le ministère des Finances a indiqué que les États-Unis et le Japon étaient intervenus conjointement fin juillet. La trajectoire publiée par Nordea table sur trois relèvements de 25 pdb portant le taux de dépôt à 3%, avec des mouvements envisagés en septembre, décembre et mars 2027, tandis que Commerzbank n’anticipe qu’une hausse en septembre à 2,5% puis des baisses vers la fin 2027. Les anticipations au Japon suggèrent une probabilité proche de 75% d’une hausse de 25 pdb de la BoJ en septembre ; les différentiels de swaps à deux ans États-Unis/Japon se sont resserrés de près de 40 pdb depuis la mi-juillet. DBS prévoit une croissance du PIB japonais à 0,8% en rythme annualisé corrigé des variations saisonnières (QoQ saar), contre 1,8% au T1, avec une sensibilité à l’USD/JPY et à l’issue du FOMC de septembre.
Réunions décisives de septembre : un terrain propice à la volatilité
Nous abordons une période hautement déterminante pour l’EUR/JPY, alors que la BCE et la BoJ se préparent à des réunions cruciales en septembre. Avec la paire qui évolue actuellement près de 184,15, les intervenants sur dérivés doivent se préparer à une montée de la volatilité, les deux banques centrales semblant prêtes à durcir leur politique. Les données historiques montrent que, lorsque deux décisions de taux simultanées se profilent, la volatilité implicite à un mois de l’EUR/JPY grimpe fréquemment bien au-delà de son niveau moyen de 8,5%.
Stratégies sur options dans un contexte de resserrement des banques centrales
Côté euro, nous recommandons de recourir aux options pour tirer parti de l’hésitation du marché quant au pic du taux de dépôt de la BCE : 2,5% ou une progression vers 3,0%. La croissance annuelle du PIB en zone euro, stable à 1%, confirme que l’économie est suffisamment résiliente pour absorber un resserrement supplémentaire. Nous suggérons de mettre en place des spreads haussiers via achats de calls (bull call spreads) sur l’euro afin de bénéficier d’un biais de la BCE en faveur d’un rythme de hausses plus rapide, sur une cadence trimestrielle.
Parallèlement, le yen japonais reste très sensible, les marchés de swaps intégrant une probabilité de 75% d’une hausse de taux de la BoJ en septembre. Comme les États-Unis et le Japon sont récemment intervenus pour enrayer une volatilité excessive du yen, il convient de se protéger contre des mouvements gouvernementaux soudains et agressifs. Nous conseillons d’acheter des options de vente (puts) EUR/JPY hors de la monnaie afin de couvrir le risque de replis brusques, qui peuvent facilement dépasser 250 pips sur une seule séance.
Avec des différentiels de swaps à deux ans déjà resserrés de près de 40 points de base, la corrélation historique entre ces devises est en train d’évoluer. Nous estimons qu’une posture neutre est risquée ; nous privilégions donc des strangles acheteurs (long strangles) pour capter une cassure dans un sens comme dans l’autre. Cette approche permet de profiter de l’inévitable expansion de la volatilité à l’approche de l’affrontement des banques centrales en septembre.
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