Le pétrole s’est raffermi à mesure que les espoirs d’un accord entre les États-Unis et l’Iran s’estompaient, entraînant une revalorisation du risque d’approvisionnement. Les flux via le détroit d’Ormuz se poursuivent, mais les expéditions d’août rapportées de la compagnie publique irakienne de commercialisation du pétrole ont été estimées autour de 2 Mb/j ; avant la guerre, les exportations irakiennes via le détroit s’élevaient à environ 3,4 Mb/j, ce qui suggère que certains navires pourraient transiter avec leurs transpondeurs coupés, compte tenu du nombre limité de traversées observées. Sur les produits raffinés, les distillats moyens se sont raffermis après les attaques des Houthis contre la raffinerie saoudienne de Jazan (400 kb/j), déjà à l’arrêt après une frappe antérieure ; le crack ICE gasoil est repassé au-dessus de 70 $/b et un redémarrage a été évoqué pour fin août. Le gaz européen a également progressé, le TTF clôturant en hausse de plus de 9 % au-dessus de 60 €/MWh ; les stocks sont désormais inférieurs aux niveaux de 2021, à la fois en pourcentage et en volume absolu, tandis que l’objectif de l’UE de 75 % avant l’hiver est mis à l’épreuve.
Sur l’agriculture, le sucre s’est maintenu près de son plus haut niveau depuis octobre 2025 après sa plus forte hausse hebdomadaire depuis 2024, la production européenne étant attendue en baisse vers un plus bas de plusieurs années, tandis que les risques liés à El Niño planent sur l’Inde et la Thaïlande. Les spéculateurs ont réduit leurs positions nettes vendeuses de 34 599 lots à 77 814 lots, tandis que les positions vendeuses brutes ont reculé de 19 413 lots à 274 809 lots. Les cultures de cacao ont bénéficié d’une amélioration des conditions météo en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Nigeria et au Ghana, même si un ensoleillement limité au Ghana ravive les craintes de la maladie de la pourriture noire (black pod). Le ministère ukrainien de l’Agriculture a prévu des exportations de céréales 2026/27 entre 38 Mt et 40 Mt, soit environ 12 % sous une précédente estimation de 43 Mt, évoquant des attaques contre les infrastructures portuaires d’Odessa et des perturbations des routes en mer Noire.
Stratégies sur les marchés de l’énergie
Nous recommandons aux traders de dérivés de se positionner en vue d’une pression haussière persistante et d’une volatilité accrue sur le marché du brut dans les prochaines semaines. Le blocage du dossier américano-iranien repousse le Brent vers la zone 85-90 $ ; l’achat de calls à court terme constitue un moyen efficace de capter le potentiel haussier tout en limitant le risque de baisse. Alors que les expéditions irakiennes via le détroit d’Ormuz seraient tombées à seulement 2 millions de barils par jour, contre 3,4 millions historiquement, l’offre physique reste extrêmement tendue.
Nous suggérons de sécuriser des positions longues sur les cracks ICE gasoil, qui ont franchi 70 $ par baril après les arrêts liés aux drones à la raffinerie de Jazan en Arabie saoudite. Historiquement, des perturbations de raffinage de cette ampleur à l’approche de la saison de chauffage se traduisent par des primes élevées durables. Les traders peuvent privilégier des bull call spreads sur le heating oil et sur les futures gasoil afin de tirer parti de ce marché des produits raffinés saisonnièrement tendu.
Sur le marché européen du gaz naturel, nous recommandons de conserver un biais nettement haussier alors que les prix du TTF repassent au-dessus de 60 €/MWh. Les niveaux actuels de stockage en Europe sont en retard par rapport aux niveaux historiquement bas d’août 2021, lorsque les inventaires de l’UE n’atteignaient qu’environ 62 % de la capacité. Alors que l’UE peine à atteindre son objectif — pourtant modeste — de 75 % de stockage avant l’hiver, l’achat de calls sur les livraisons d’hiver permet de se prémunir contre d’inévitables pics de prix à l’arrivée du froid.
Opportunités sur l’agriculture et les céréales
Sur les dérivés agricoles, nous identifions une opportunité intéressante pour accompagner la dynamique haussière du sucre, qui évolue à son plus haut niveau en dix mois. L’offre mondiale se contracte, la production européenne touchant des plus bas de plusieurs années et la canne indienne faisant face à des menaces liées à El Niño, à l’image de la tension de 2023 qui avait propulsé les prix au-delà de 27 cts/lb. Les traders doivent surveiller la tendance marquée au rachat de positions courtes, les spéculateurs ayant récemment réduit leurs positions nettes vendeuses de plus de 34 000 contrats, alimentant le rally.
Enfin, nous estimons que les traders de céréales doivent se préparer à des cassures haussières sur les futures blé et maïs après la révision à la baisse de 12 % des exportations ukrainiennes à 38 millions de tonnes. Ce recul rappelle fortement les goulets d’étranglement des exportations lors de la crise céréalière en mer Noire en 2022, qui avait propulsé les futures sur le blé mondial vers des sommets historiques au-delà de 12 $ le boisseau. Prendre des positions longues sur le blé à Chicago ou acheter des calls hors de la monnaie est fortement recommandé pour se couvrir contre de nouvelles perturbations des infrastructures à Odessa.
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