Les marchés intègrent de nouvelles discussions
La guerre dure depuis 45 jours, et les marchés ont réagi à la possibilité de nouvelles négociations. Les probabilités sur Polymarket (une plateforme de paris sur des événements) d’une réouverture du détroit d’Ormuz avant la fin mai ont atteint 57% mardi, après être tombées à 37% dimanche. Des déclarations officielles indiquaient que les positions de négociation restaient très éloignées, notamment une demande américaine de zéro enrichissement d’uranium (processus qui augmente la proportion d’uranium pouvant servir de combustible, ou potentiellement à des usages militaires). Les États-Unis ont déclaré qu’ils intercepteraient les pétroliers transportant du brut iranien (pétrole non raffiné) ou payant un droit de sortie à l’Iran. Le S&P 500 s’échangeait à 6 955, à moins de 1% de son sommet de fin janvier, avec la consommation discrétionnaire (dépenses non essentielles, comme les loisirs) en hausse de 2,2% et les communications (entreprises de télécoms et médias) en hausse de 1,6%. Morgan Stanley a indiqué que la correction liée au conflit a fait baisser le P/E prévisionnel (ratio cours/bénéfices attendu, comparaison entre le prix et les bénéfices futurs estimés) du S&P 500 jusqu’à 18%. Goldman Sachs et JPMorgan ont baissé après leurs résultats, car le revenu net d’intérêts (argent gagné sur les intérêts des prêts moins intérêts versés sur les dépôts) a diminué, malgré un BPA supérieur aux attentes (bénéfice par action, profit rapporté à chaque action). Goldman Sachs a estimé 43 milliards de dollars d’achats cette semaine par des CTA (Commodity Trading Advisors, gestionnaires qui suivent des règles automatiques et achètent/vendent selon les tendances), dont 34 milliards pour le S&P 500, tandis que le RSI était à 66 (indice de force, mesure de la vitesse des hausses/baisse; élevé = marché « tendu ») et qu’un support était cité à 6 800 (zone de prix où les acheteurs reviennent souvent, limitant les baisses).Structure de trading pour un scénario de réouverture
Le marché envoie un signal lié à une possible baisse des tensions géopolitiques: les actions montent quand le pétrole baisse. On peut y voir une opportunité de trade à deux jambes (stratégie qui associe deux positions opposées), où l’issue des discussions États-Unis–Iran ferait bouger les deux marchés dans des sens contraires. La stratégie centrale des prochaines semaines consiste à se positionner pour la réouverture du détroit d’Ormuz. Acheter des options de vente (put, contrat qui prend de la valeur si le prix baisse) sur les contrats à terme du WTI (contrat standardisé pour acheter/vendre du pétrole plus tard), ou sur des ETF liés au pétrole comme l’USO (fonds coté en Bourse qui suit le pétrole), est un moyen direct de miser sur une issue diplomatique favorable. On a vu une pression similaire sur le brut au début des années 2020 quand des progrès étaient évoqués dans les discussions sur l’accord nucléaire précédent. Comme environ 21 millions de barils passent chaque jour par le détroit, soit environ 21% de la consommation mondiale de liquides pétroliers selon les données 2024 de l’EIA (Energy Information Administration, agence publique américaine de l’énergie), une réouverture réduirait vite les craintes de pénurie et ferait baisser les prix. En parallèle, avec le S&P 500 à moins de 1% de son record de janvier, on peut envisager des options d’achat (call, contrat qui prend de la valeur si le prix monte) pour viser une cassure au-dessus de 7 002 (niveau clé). Les 43 milliards de dollars d’achats automatiques rapportés cette semaine par les CTA créent un fort soutien pour les actions. Historiquement, ces flux importants, peu sensibles au prix (achats/ventes déclenchés par des règles plutôt que par une analyse « au prix près »), ont aidé le marché à franchir des niveaux de résistance (zone de prix où la hausse bute souvent). Cependant, les conditions de négociation seraient très éloignées, et une issue positive n’est pas assurée. Il est donc prudent d’acheter une protection, comme des options d’achat sur l’indice VIX (indice de volatilité, souvent appelé « baromètre de peur », lié aux variations attendues du S&P 500), pour se couvrir contre un échec soudain des discussions qui ferait chuter les actions. Même après son repli depuis des sommets de guerre au-dessus de 30 observés début mars, le VIX reste très sensible aux titres de presse et peut grimper fortement sur une mauvaise nouvelle. Au-delà des grands indices, certains secteurs profitent clairement de la baisse des craintes d’inflation et d’un meilleur climat économique. On peut regarder des options d’achat sur des actions de semi-conducteurs comme Micron (MU), favorisées par une pénurie de mémoire (manque d’offre durable sur certains composants) et une demande forte de l’IA (intelligence artificielle). Cela permet de jouer la hausse de manière plus ciblée en misant sur des leaders du marché.
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