Risque de cessez-le-feu et incertitude sur le marché du pétrole
Il est aussi indiqué qu’un cessez-le-feu ne signifie pas un retour rapide à la normale. Le transport maritime (le déplacement du pétrole par bateaux) via le détroit d’Ormuz et la production d’énergie devraient se rétablir lentement, voire pas du tout, sans une paix durable. Le cessez-le-feu annoncé semble fragile, ce qui maintient un risque très élevé de perturbation majeure au Moyen-Orient pour les marchés du pétrole. Étant donné les tensions géopolitiques persistantes (tensions entre États), notre confiance dans l’évolution des prix pour les prochains mois reste faible. Cette incertitude est en elle-même un élément auquel les traders (personnes qui achètent et vendent sur les marchés) doivent réagir. Nous faisons face à un choc potentiel important et qui s’aggrave sur l’offre. Avec l’AIE qui estime que les arrêts possibles pourraient atteindre près de 10 millions de barils par jour, le marché reste exposé à une hausse brutale. Des rapports récents de l’EIA (Agence américaine d’information sur l’énergie) montrant une baisse des stocks de pétrole brut américains de 2,5 millions de barils la semaine dernière soulignent à quel point le système a peu de marge (réserves disponibles) en ce moment.Stratégies de trading face à la volatilité à court terme
Cet environnement suggère que la volatilité (ampleur des variations de prix) est sous-estimée. Dans les prochaines semaines, les traders devraient envisager d’acheter des options d’achat (« call », un contrat donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur des références comme Brent et WTI (deux types de pétrole servant de prix de référence) afin de profiter d’un possible pic de prix si le cessez-le-feu échoue. La volatilité implicite actuelle (attente du marché sur les futures variations, déduite des prix des options) ne semble pas refléter pleinement le risque de voir 10 % de l’offre mondiale perturbée. Il faut rappeler qu’un cessez-le-feu n’est pas une normalisation. En revenant aux fortes turbulences de marché en 2022, on a vu le temps nécessaire pour que les chaînes d’approvisionnement (réseau de production et transport) s’adaptent, avec des prix restés élevés pendant de nombreux mois après le choc initial. Toute amélioration du transport maritime à travers le détroit d’Ormuz ou de la production d’énergie régionale sera lente, ce qui soutiendra les prix. Bien que notre scénario de base soit une fin du conflit d’ici la mi-2026, ce qui mènerait à des prix du pétrole plus bas au second semestre 2026, le risque immédiat penche clairement vers une hausse. Cela favorise des stratégies qui captent la volatilité à court terme, comme l’utilisation d’options à échéance courte (contrats qui expirent rapidement) qui arriveraient à expiration avant que le marché n’intègre une paix plus durable. Le calme actuel des prix pourrait être temporaire, avant que le marché ne reconnaisse pleinement l’ampleur du risque.
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