Les conditions du marché du travail américain en juillet devraient rester globalement stables. La croissance de l’emploi non agricole (nonfarm payrolls) a atteint en moyenne 92 000 sur le premier semestre, et une hausse supplémentaire de 95 000 est attendue pour juillet. En juin, les données sur les intentions d’embauche des petites entreprises se sont améliorées, tandis que les inscriptions initiales au chômage ont reculé entre les semaines de l’enquête, ce qui suggère des licenciements limités. À l’inverse, les offres d’emploi restent inférieures à leurs niveaux d’il y a un an, et la mesure hebdomadaire d’ADP de la croissance de l’emploi privé ralentit depuis le printemps.
Le ralentissement de la demande a coïncidé avec une progression plus lente de l’offre de travail, ce qui maintient un certain équilibre. Le taux de chômage est attendu inchangé à 4,2% en juillet, même si la forte baisse en juin du taux de participation des 25-54 ans soulève des questions sur la volatilité de l’enquête auprès des ménages et laisse la place à un rebond de la participation, susceptible de faire remonter le chômage. Le salaire horaire moyen est attendu en hausse de 0,3% en juillet, ce qui maintiendrait la progression annuelle des salaires à 3,5%, cohérente avec un marché du travail qui ne génère pas de pressions inflationnistes significatives.
Tendances du marché du travail et implications sur la volatilité des actions
À l’approche du rapport sur l’emploi de juillet publié vendredi prochain, nous anticipons une hausse modeste de 95 000 des créations d’emplois non agricoles, dans la continuité d’une première moitié d’année marquée par une progression lente mais régulière. Ce rythme stable suggère que l’économie évite un atterrissage brutal, ce qui devrait contenir la volatilité des indices actions à court terme. Les intervenants sur dérivés devraient privilégier des stratégies de range, comme des iron condors sur le S&P 500, afin de tirer parti de cet environnement plus calme.
Nous identifions toutefois un déclencheur de volatilité plus discret du côté du taux de chômage, attendu stable à 4,2%. Un éventuel rebond du taux de participation des 25-54 ans pourrait pousser le chômage à la hausse et provoquer une réaction de marché comparable au franchissement de la règle de Sahm observé fin 2024. Pour se couvrir contre ce risque haussier de volatilité, nous recommandons d’acheter des options d’achat (calls) VIX bon marché, hors de la monnaie, ou des contrats futures sur obligations du Trésor, afin de bénéficier d’un brusque regain de crainte sur la croissance.
Perspectives d’inflation et stratégies de trading
Sur le front de l’inflation, nous prévoyons une hausse de 0,3% du salaire horaire moyen, maintenant le glissement annuel à un niveau confortable de 3,5%. Cette décélération des tensions salariales conforte l’idée que la Réserve fédérale conservera une trajectoire graduelle et prévisible des taux. Dans ce contexte, nous conseillons de traiter des options sur SOFR afin de capter de la prime via des positions anticipant un repli de la volatilité des taux au cours des prochaines semaines.
Des indicateurs avancés contrastés — comme le recul des offres d’emploi Indeed face à la stabilité des inscriptions au chômage — laissent penser que le marché restera très sensible à toute surprise statistique. Les tendances historiques montrent que, lors des périodes d’équilibre entre offre et demande de travail, la volatilité implicite surestime souvent le mouvement effectif des prix le jour de la publication de l’emploi. Il conviendrait donc de vendre de la volatilité juste avant la publication du 7 août afin de tirer parti de cette surréaction typique.
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