Participation au marché du travail
Le taux de participation à la population active (la part des personnes en âge de travailler qui travaillent ou cherchent un travail) a baissé de 0,1 point à 62,0 % en février. Le taux de janvier a été révisé (corrigé après de nouvelles données) à 62,1 % au lieu de 62,5 %, et le plus haut niveau avant la pandémie était 63,3 %. Les pertes d’emplois ont touché plusieurs secteurs, surtout le privé. Les emplois du secteur privé ont diminué de 86 000, tandis que les emplois publics (administrations) ont baissé de 6 000. La hausse des salaires a atteint 0,4 % sur un mois (comparaison avec le mois précédent) et 3,8 % sur un an (comparaison avec l’an dernier) en février. Les estimations Bloomberg étaient de 0,3 % sur un mois et 3,7 % sur un an, tandis que janvier était à 0,4 % sur un mois et 3,7 % sur un an. La baisse inattendue de 92 000 en février, la plus forte depuis octobre 2025, augmente l’incertitude sur les marchés. Il faut s’attendre à une forte hausse de la volatilité implicite (la volatilité attendue par le marché, déduite des prix des options). L’indice VIX du CBOE (un indicateur de la peur des marchés et de la volatilité attendue sur l’indice S&P 500) pourrait dépasser largement sa moyenne récente de 14. Pour se protéger, une stratégie consiste à acheter des options d’achat (call, un contrat qui donne le droit d’acheter à un prix fixé) sur le VIX ou des contrats à terme (futures, accords d’achat/vente à une date future) sur le VIX afin de couvrir (réduire le risque) un portefeuille contre des mouvements brusques.Risque de baisse des indices actions
Avec des pertes d’emplois généralisées et un chômage à 4,4 %, il faut prévoir une pression à la baisse sur les grands indices boursiers. Des options de vente de protection (put, un contrat qui donne le droit de vendre à un prix fixé) sur le S&P 500 (SPY, un ETF, c’est-à-dire un fonds coté en Bourse qui suit l’indice) ou sur le Nasdaq 100 (QQQ, ETF qui suit cet indice) sont des outils clés pour se protéger contre une baisse liée à la crainte d’une récession (un ralentissement économique marqué). Historiquement, deux mois de suite de créations d’emplois négatives, si mars suit la même tendance, ont souvent précédé un ralentissement économique officiel. La combinaison d’emplois en baisse et de salaires en hausse à 3,8 % crée une situation difficile pour la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis, la “Fed”). Des chiffres de l’emploi faibles poussent en général vers une baisse des taux (réduction des taux d’intérêt), mais l’inflation liée aux salaires (hausse durable du coût du travail) complique ce choix. Les traders (participants qui achètent et vendent sur les marchés) doivent suivre les contrats à terme SOFR (Secured Overnight Financing Rate : un taux au jour le jour basé sur des prêts garantis, utilisé comme référence pour les taux américains), car le marché évalue maintenant à plus de 60 % la probabilité d’une baisse des taux lors de la réunion de juillet, un changement net par rapport à il y a une semaine. Cette possibilité d’une Fed plus accommodante (plus favorable à des taux plus bas) à cause d’un marché du travail faible devrait peser sur le dollar américain. Lors du refroidissement économique de la seconde moitié de 2024, des attentes de politique monétaire plus souple (taux plus bas, conditions de crédit plus faciles) avaient affaibli le dollar face à l’euro. On peut donc envisager de se positionner pour un dollar plus faible en achetant des options d’achat (call) sur des ETF de devises comme le FXE (ETF qui suit l’euro par rapport au dollar).
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