Discours de la BoE au centre de l’attention
Les marchés surveillent un discours de Huw Pill, économiste en chef de la Banque d’Angleterre (BoE), à 9 h 30 (heure de l’Est). Les anticipations de taux ont changé : le marché prévoit désormais un peu plus de 60 points de base (pb, soit 0,60 point de pourcentage) de hausse d’ici décembre. Les indicateurs techniques montrent que le RSI quotidien (indice de force relative, un outil qui mesure la vitesse et l’ampleur des variations de prix ; sous 50 = dynamique plus faible) est juste sous 50 après être remonté depuis des niveaux de survente (zone où le prix a beaucoup baissé et peut rebondir). Une résistance à court terme (niveau où le prix a souvent du mal à monter) se situe à 1,3450, avec une fourchette entre 1,3350 et 1,3450. L’action des prix (évolution du prix) est décrite comme ayant confirmé un retournement haussier et une tendance haussière depuis les plus bas du 13 mars. Les évolutions géopolitiques restent un facteur majeur à court terme pour la livre. Nous nous souvenons qu’à la même période l’an dernier, la livre évoluait autour de 1,34 face au dollar, alors que les marchés anticipaient de nouvelles hausses de taux. Aujourd’hui, la situation est inversée : les baisses de taux sont désormais au premier plan pour la Banque d’Angleterre. Ce changement de fond impose une approche différente du marché.Volatilité des options et stratégie
L’inflation au Royaume-Uni a enfin ralenti : le dernier chiffre du CPI (indice des prix à la consommation, mesure de l’évolution des prix payés par les ménages) pour février 2026 ressort à 2,3 %, plus proche de l’objectif de la Banque. Mais cela s’est fait au détriment de la croissance, restée quasi nulle à 0,1 % au dernier trimestre 2025. Ce contexte faible rend plus difficile pour la BoE de maintenir les taux à leur niveau actuel très longtemps. Compte tenu de l’attente d’une divergence de politique monétaire avec les États-Unis (écart entre les décisions de taux des banques centrales), les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un actif, comme une devise) peuvent envisager des stratégies qui profitent d’une livre plus faible. Acheter des options de vente (put, contrat qui gagne en valeur si le prix baisse) sur GBP/USD avec des échéances au deuxième trimestre permet de se positionner pour une baisse vers 1,29, niveau observé fin de l’an dernier. Cette stratégie fixe le risque maximal tout en gardant une exposition à la baisse. Le changement de communication des banques centrales a aussi fait monter la volatilité implicite (niveau de volatilité attendu par le marché, intégré dans le prix des options) sur les options sterling. La volatilité implicite à un mois sur GBP/USD est désormais proche de 8,5 %, contre moins de 7 % pendant une grande partie de 2025. Cela suggère l’usage de stratégies comme le straddle long (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice, pour viser un grand mouvement dans un sens ou l’autre) ou le strangle (similaire, mais avec des prix d’exercice différents) autour des dates clés des réunions de la BoE, afin de profiter des mouvements attendus. À l’inverse de la faiblesse du Royaume-Uni, les données récentes des États-Unis montrent plus de solidité : le dernier rapport NFP (non-farm payrolls, créations d’emplois hors secteur agricole) de février 2026 affiche 195 000 emplois créés. Cette meilleure tenue économique soutient un dollar plus fort, ce qui renforce le scénario négatif pour la paire GBP/USD. Cet écart est le thème central qui n’existait pas à la même période l’an dernier.
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