Les doutes sur le cessez-le-feu réduisent l’appétit pour le risque
Donald Trump a déclaré avoir parlé avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant qu’Israël et le Liban avaient accepté un cessez-le-feu de 10 jours à partir de 17 h (heure de la côte Est des États-Unis). Trump a aussi dit qu’il s’attendait à une fin prochaine de la guerre avec l’Iran, et que Téhéran avait accepté d’abandonner ses ambitions nucléaires et de rouvrir le détroit d’Ormuz. Le gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, a déclaré que la politique monétaire (les décisions de la banque centrale sur les taux et la quantité de monnaie) devait tenir compte des faibles taux d’intérêt réels du Japon (taux après inflation, donc le “coût réel” de l’emprunt), tandis que les marchés restent partagés sur une nouvelle hausse des taux plus tard ce mois-ci. On estime que l’Asie fournit environ 70 % de la croissance économique mondiale et regroupe des indices majeurs au Japon, en Corée du Sud, en Chine, à Hong Kong et en Inde. La prudence en Asie, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, montre que l’accord est perçu comme fragile. Les violations signalées au Liban renforcent ce doute, donc il faut s’attendre à plus de volatilité (ampleur et vitesse des variations de prix) dans les prochaines semaines. Ce contexte favorise des stratégies avec des produits dérivés (instruments liés à un actif, comme options ou contrats à terme) qui peuvent profiter de fortes variations dans un sens ou dans l’autre. Vu l’incertitude, on peut envisager d’acheter des options de vente de protection (“puts”, un droit de vendre à un prix fixé) sur de grands indices comme le Nikkei 225 et le Hang Seng. C’est une assurance pour des positions acheteuses existantes (être “long”, donc gagner si ça monte) si le cessez-le-feu se brise soudainement. Si le sentiment de marché se dégrade, ces puts prendront de la valeur et compenseront une partie des pertes du portefeuille.Couverture contre un choc pétrolier et ventes d’indices
La situation du détroit d’Ormuz est cruciale, car environ 20 % du pétrole mondial y transite. Tout signe d’échec de l’accord devrait pousser à envisager des positions acheteuses sur des contrats à terme (futures : accords pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) de pétrole Brent ou WTI (deux références de prix du pétrole). Les tensions de 2019 avaient fait bondir les prix du pétrole de plus de 15 % en une seule journée, ce qui montre le risque. Une hausse du pétrole toucherait fortement des pays importateurs d’énergie comme le Japon et la Corée du Sud, qui dépendent du pétrole étranger pour plus de 90 % de leurs besoins. Donc, si l’accord vacille, on peut utiliser des futures pour prendre des positions vendeuses (“short”, gagner si ça baisse) sur les indices Nikkei et Kospi. C’est un pari direct sur l’effet négatif de coûts d’énergie plus élevés sur leurs économies industrielles et orientées exportation. L’incertitude elle-même peut se négocier, car la volatilité implicite (volatilité attendue intégrée dans le prix des options) devrait monter. Historiquement, de grands événements géopolitiques comme celui du début 2022 ont poussé l’indice de volatilité du CBOE (VIX, indicateur de la peur sur le S&P 500) au-dessus de 40, bien au-dessus de sa moyenne. On peut utiliser des stratégies d’options comme les straddles (acheter un call et un put au même prix d’exercice, pour profiter d’un grand mouvement quel que soit le sens) sur des ETF asiatiques clés (fonds cotés en Bourse qui répliquent un indice) pour profiter d’un mouvement important, peu importe la direction. À part cela, il faut surveiller la Banque du Japon, car les marchés sont divisés sur une possible hausse des taux ce mois-ci. Cela crée une opportunité sur le yen. On peut utiliser des options sur la paire USD/JPY (taux de change dollar/yen) pour se positionner sur un mouvement surprise, car une hausse des taux renforcerait probablement le yen nettement. À l’inverse, si le cessez-le-feu tient et si l’Iran rouvre le détroit d’Ormuz, il faudra pouvoir changer rapidement de stratégie. Une paix durable ferait baisser le pétrole et soutiendrait le commerce mondial, ce qui aiderait les secteurs technologiques et de consommation en Asie. Dans ce cas, on chercherait à acheter des options d’achat (“calls”, droit d’acheter à un prix fixé) sur l’indice Hang Seng Tech ou sur le Kospi.
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