Réaction du marché et conséquences possibles pour la Fed
L’écart important sur le PIB du quatrième trimestre de l’an dernier, à 0,7 % au lieu des 1,4 % attendus, a nettement changé l’humeur des marchés. Ces données confirment le ralentissement de l’économie que nous suivons depuis fin 2025. Cela laisse fortement penser que la Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis) devra revoir plus tôt que prévu sa politique de taux (le niveau des taux d’intérêt fixés par la banque centrale). Ce PIB faible s’ajoute au rapport sur l’emploi de février 2026, qui a montré que les créations d’emplois hors secteur agricole (non-farm payrolls, l’indicateur principal des emplois créés aux États-Unis hors agriculture) n’ont atteint que 95 000, contre 180 000 attendus. De plus, les dernières données de février sur l’indice des prix à la consommation (CPI, un indicateur de l’inflation) ont montré que l’inflation sous-jacente (core inflation, inflation hors énergie et alimentation, souvent plus stable) est tombée à 2,1 % sur un an. Cela donne à la Fed plus d’arguments pour soutenir l’économie. La probabilité d’une baisse de taux lors de la réunion du FOMC (le comité de la Fed qui décide des taux) en mai 2026 est passée d’environ 30 % à plus de 75 % sur le marché des contrats à terme (futures, des contrats pour acheter ou vendre plus tard à un prix fixé). Dans ce contexte, nous pensons que la volatilité (l’ampleur et la rapidité des variations de prix) pourrait augmenter. Le VIX (un indice qui mesure l’instabilité attendue du marché boursier) est déjà passé de 14 à plus de 18 cette semaine. Les traders (intervenants qui achètent et vendent rapidement sur les marchés) peuvent envisager d’acheter des options d’achat (call options, un droit d’acheter plus tard à un prix fixé) sur le VIX ou des contrats à terme sur le VIX afin de se protéger, ou de profiter, d’une hausse des mouvements du marché. Une approche plus prudente sur les actions (equities, le marché boursier) est désormais justifiée. On observe davantage d’intérêt pour l’achat d’options de vente (put options, un droit de vendre plus tard à un prix fixé) sur les indices S&P 500 et Nasdaq 100, surtout avec des échéances (expirations, la date à laquelle l’option se termine) en mai et juin 2026. Cette méthode peut permettre de gagner si le marché baisse, à mesure que le ralentissement économique devient plus visible. Le levier le plus direct concerne les taux d’intérêt. On peut s’attendre à une hausse des prix des obligations (bond prices), car les rendements (yields, le taux de gain lié à une obligation) baissent quand le marché anticipe une baisse des taux par la Fed. Se positionner à l’achat sur des contrats à terme de bons du Trésor (Treasury note futures, contrats liés aux obligations d’État américaines) ou acheter des options d’achat sur des ETF obligataires (ETF, fonds coté en Bourse) comme TLT (un ETF d’obligations américaines à long terme) devient une stratégie courante pour se placer en vue des baisses de taux attendues.Comparaison historique et contexte de stratégie
Avec le recul, on a vu une dynamique comparable fin 2007, lorsque des données économiques plus faibles ont précédé une série de baisses de taux marquées par la Fed. À cette époque, les stratégies misant contre les actions et sur une baisse des taux d’intérêt ont été très rentables. Ce précédent historique renforce l’idée que nous entrons dans une nouvelle phase de politique monétaire (la façon dont la banque centrale gère les taux et la liquidité).
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