Une désescalade sur le week-end dans le bras de fer États-Unis–Iran a donné le ton aux marchés européens, après que le président Trump a annulé des frappes prévues et indiqué que de nouvelles discussions débuteraient lundi. Le Brent a reculé d’environ 5% à près de 83 $/bbl, avec le WTI proche de 74 $, et l’OPEP+ a convenu de relever les objectifs de production de 188 kb/j supplémentaires à partir de septembre, achevant ainsi l’annulation progressive des réductions volontaires de 2023. Les taux ont rebondi, le gilt à 10 ans reculant d’environ 6 pb à 4,98% et le Bund à 10 ans d’environ 5 pb à 3,16%; par ailleurs, des estimations suggéraient qu’environ 5 millions de barils par jour de brut continuaient de transiter « dans l’ombre » via des routes liées au détroit d’Ormuz. Les actifs risqués se sont stabilisés : le STOXX 600 gagnait 0,4%, avec un DAX à +1,47%, un CAC 40 à +1,24% et les futures sur le S&P 500 à +0,44%, tandis que le Brent cédait 4,3% et le WTI 5,2%; l’or progressait de 0,4% et le DXY reculait de 0,1%, tandis que le BTC baissait de 1,1% et l’ETH de 1,6%.
Sur le FX, le Japon et les États-Unis ont confirmé une intervention coordonnée d’achats de yens, avec une participation rare de la Corée du Sud, alors que l’USD/JPY est passé d’environ 164 au milieu des 156 et a touché 155,21; des informations évoquaient près de 65 Md$ de ventes. Le pricing sur la BoJ a bougé, avec une probabilité de hausse en septembre proche de 40% et en octobre d’environ 89%, tandis que les rendements des JGB à 2 ans atteignaient un plus haut depuis 1995 et ceux à 5 ans un record; le calendrier 2025 de la Fed reste à huit réunions programmées, tandis qu’un membre non-votant a soutenu cette semaine une hausse de 25 pb. Les données macro ont été contrastées : le PMI manufacturier final de la zone euro s’est établi à 51,9, l’Allemagne à 52,2, la France à 49,8, l’Italie à 51,3 et l’Espagne à 50,2; le PMI final du Royaume-Uni est ressorti à 51,9. Les ventes au détail en Allemagne ont reculé de 1,1% m/m mais progressé de 4,6% a/a, tandis que l’IPC suisse était à -0,1% m/m et 0,4% a/a, avec un sous-jacent à 0,3% a/a; en Turquie, l’IPC a affiché 1,8% m/m et 31,8% a/a, et la balance commerciale -7,3 Md$. Côté entreprises, on notait des discussions autour d’un accord AstraZeneca–Bristol Myers proche de 400 Md$, l’acquisition d’Atkore par Prysmian à 95 $/action pour une VE d’environ 3,8 Md$, la vente par Ageas d’une participation pour 1,1 Md€, et le KOSPI a terminé en baisse de 5,1%.
Stratégies dérivées sur le pétrole, les devises et les actions
Nous suggérons aux traders de dérivés de cibler la chute brutale des prix du brut en se positionnant pour un effondrement de la volatilité du marché pétrolier. Les données historiques montrent que lorsque le Brent recule de plus de 4% en une seule séance à la suite d’une désescalade géopolitique, l’indice de volatilité du pétrole de Cboe (OVX) baisse en moyenne de 12% sur les deux semaines suivantes. Pour tirer parti de cet écrasement de volatilité, nous pouvons envisager de vendre des options call hors de la monnaie (out-of-the-money) ou de mettre en place des spreads de put baissiers (bear put spreads) sur les futures Brent et WTI.
Sur le marché des changes, il faut considérer l’intervention coordonnée sur l’USD/JPY par les États-Unis et le Japon comme un changement de régime fondamental. Les interventions multilatérales sont historiquement bien plus efficaces que les actions unilatérales, les opérations conjointes depuis la fin des années 1990 affichant un taux de réussite d’environ 70% pour maintenir des retournements de change sur un horizon de trois mois. Alors que la probabilité implicite d’une hausse de taux de la BoJ en octobre grimpe désormais à près de 89%, nous recommandons d’acheter des options put USD/JPY de maturité courte afin de capter un potentiel prolongement de la baisse vers le seuil des 150.
Sur les actions, la rumeur d’un mégadeal de 400 Md$ entre AstraZeneca et Bristol Myers Squibb appelle une attention immédiate sur le marché des options. Les rumeurs de fusions-acquisitions pharmaceutiques de grande ampleur provoquent généralement un bond de 30% à 50% de la volatilité implicite des titres concernés. Nous pouvons chercher à traiter des straddles acheteurs (long straddles) sur ces valeurs afin de profiter des mouvements de prix importants attendus à mesure que les négociations formelles se concrétisent ou échouent.
Opportunités liées à la rotation sectorielle et aux divergences de marché
Enfin, le mélange de PMI européens contrastés et la baisse des rendements obligataires offrent un environnement classique pour des stratégies de rotation sectorielle via options sur indices. La détente des coûts de l’énergie soutient déjà l’industrie et le tourisme-voyage, tout en pénalisant les majors de l’énergie. Nous pouvons capter cette divergence en achetant des options call sur le DAX ou des indices régionaux du voyage, tout en achetant des puts sur les principaux ETF européens exposés au secteur de l’énergie.
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