Le membre du Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre, Alan Taylor, estime que les hausses de taux se heurtent à de sérieux obstacles, le choc énergétique ressemblant à celui de 2011 plutôt qu’à celui de 2022.

by VT Markets
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Mar 27, 2026
Alan Taylor, membre externe du comité de politique monétaire (Monetary Policy Committee, MPC) de la Banque d’Angleterre, a déclaré que la barre est haute pour augmenter les taux d’intérêt. Il s’exprimait lors d’une conférence à New York organisée par Exante Data. Il a dit que le choc actuel sur l’énergie (hausse soudaine des prix de l’énergie qui augmente les coûts pour les ménages et les entreprises) ressemble davantage à 2011 qu’à 2022 en ampleur. Il a indiqué qu’il vaut mieux laisser la politique monétaire inchangée (ne pas modifier les taux d’intérêt) tant que les effets du choc ne sont pas plus clairs.

Anticipations d’inflation et signaux du marché du travail

Il a dit que le Royaume-Uni court peu de risques de voir les anticipations d’inflation se « désancrer » (c’est-à-dire que les gens cessent de croire que l’inflation reviendra vers l’objectif). Il a relié cela à un affaiblissement du marché du travail et à un ralentissement de la croissance des salaires. Il a ajouté que si les perturbations durent et que le choc s’amplifie, le comité pourrait faire face à un choix plus difficile entre une inflation plus élevée et une croissance plus faible. Étant donné qu’il est difficile de justifier une hausse des taux, il faut plutôt se préparer à des taux britanniques stables ou en baisse dans les prochains mois. Ce message d’un décideur important suggère que le marché anticipe trop de futures hausses. Les stratégies sur produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un autre actif, comme les taux) devraient désormais privilégier une Banque d’Angleterre plus « accommodante » (dovish : plus favorable à des taux bas pour soutenir l’économie). La comparaison du choc actuel sur l’énergie à 2011, plutôt qu’à la flambée extrême de 2022, est parlante. En 2011, le pétrole Brent (prix de référence du pétrole en Europe) a connu un pic temporaire à cause de la crise libyenne, que la Banque d’Angleterre a choisi d’ignorer en grande partie sans relever fortement les taux. Ce rappel historique renforce l’idée que le comité tolérera une hausse temporaire de l’inflation pour soutenir l’activité.

Conséquences pour le trading et la couverture sur les marchés britanniques

Cette attitude prudente s’explique par une économie intérieure plus faible. Les données récentes montrent que la croissance des salaires au Royaume-Uni a ralenti à 3,5 % et que le taux de chômage a légèrement augmenté à 4,5 % en février 2026. Avec ces pressions sous-jacentes sur les prix en baisse (facteurs de fond qui entretiennent l’inflation), l’argument pour laisser la politique inchangée devient plus solide. Pour les traders de taux, cela suggère que la courbe à terme du SONIA (Sterling Overnight Index Average : taux au jour le jour en livres, utilisé comme référence) est probablement mal évaluée. On peut envisager des positions qui profitent de taux plus bas plus tard dans l’année, comme recevoir un taux fixe dans des swaps de taux (contrats où deux parties échangent un taux fixe contre un taux variable) ou acheter des contrats à terme (futures : contrats standardisés d’achat/vente à une date future) sur fin 2026. Le commentaire implique que si la situation énergétique se calme, des baisses de taux pourraient arriver plus tôt que prévu. Sur le marché des changes (achat/vente de devises), cette perspective rend la livre sterling plus fragile. Une Banque d’Angleterre accommodante, surtout si d’autres banques centrales sont plus strictes (hawkish : plus favorables à des taux élevés pour freiner l’inflation), pèse généralement sur une monnaie. On peut envisager d’acheter des options de vente (put : droit de vendre à un prix fixé) sur GBP/USD pour se couvrir ou profiter d’une baisse possible de la livre. Il existe toutefois un risque : si le choc énergétique s’aggrave, cela pourrait forcer un changement rapide de politique et une hausse de la volatilité (variations rapides et importantes des prix). Cela signifie que, même si la stratégie principale vise des taux plus bas, conserver des options à longue échéance (long-dated : qui expirent loin dans le futur) et peu coûteuses, qui profiteraient d’une hausse de la volatilité, peut être une couverture prudente (hedge : protection contre un scénario défavorable).

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