Les pourparlers de paix restent incertains
Les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran, censés commencer samedi, restent incertains. Téhéran a déclaré qu’il ne participera pas aux négociations tant qu’Israël ne cessera pas ses attaques contre le Liban. Israël a déclaré avoir autorisé des discussions directes avec les autorités libanaises, tout en affirmant que les opérations contre le Hezbollah (un groupe armé et mouvement politique au Liban) vont continuer. L’Iran a averti qu’il répondra fortement si les attaques se poursuivent, et le Hezbollah aurait lancé des missiles sur Israël. L’attention se porte aussi sur l’indice des prix à la consommation (CPI, un chiffre qui mesure la hausse des prix payés par les ménages) aux États-Unis, attendu plus tard vendredi. Les hausses de prix devraient dépasser l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale (la banque centrale des États-Unis), ce qui augmente l’attente d’au moins une hausse des taux d’intérêt cette année (les taux d’intérêt sont le “prix” de l’argent, ce qui influence les crédits et l’économie). Une correction publiée le 10 avril à 10 h 15 GMT a indiqué que les pourparlers doivent commencer samedi, et non mardi.L’attention du marché se tourne vers de fortes variations
Si l’on revient à la même période l’an dernier, on a vu le WTI se rapprocher de 93 $ le baril à cause de fortes limites dans le détroit d’Ormuz. L’échec des pourparlers États-Unis–Iran et l’aggravation des tensions entre Israël et le Hezbollah ont créé une forte prime de risque côté offre (un supplément de prix lié au risque de manque de pétrole). Cela a lancé une période de “montagnes russes” des prix qui continue encore. La situation s’est aggravée pendant l’été 2025, avec un blocage plus strict du détroit, ce qui a poussé les prix au-delà de 115 $ au troisième trimestre. Même si le passage a un peu repris, des données du début avril 2026 montrent que le trafic n’est encore qu’à environ 65 % du niveau d’avant-guerre, avec une moyenne de 90 navires par jour. Ce goulot d’étranglement (un point qui limite le flux) rend l’approvisionnement fragile et les prix très sensibles aux nouvelles de la région. Actuellement, avec le WTI autour de 105 $ le baril, la volatilité implicite des options sur le pétrole reste élevée (la volatilité implicite est une mesure, tirée des prix des options, de l’ampleur des variations attendues). L’indice de volatilité du pétrole brut du CBOE (OVX) est près de 42, ce qui montre une forte incertitude sur de futures ruptures d’approvisionnement. Cette forte volatilité rend les primes d’options chères (la prime est le prix payé pour acheter une option), et elle indique aussi que les prix peuvent beaucoup bouger dans les prochaines semaines. Dans ce contexte, certains traders se placent pour un risque de hausse en achetant des options d’achat à longue échéance (call : un contrat qui donne le droit d’acheter à un prix fixé) ou en utilisant des “spreads” de calls (une combinaison de deux calls pour réduire le coût, mais limiter le gain) sur les contrats à terme WTI et Brent (les contrats à terme sont des accords pour acheter ou vendre plus tard à un prix défini). Une nouvelle escalade au Moyen-Orient pourrait déclencher une nouvelle hausse vers les niveaux de 2025. Ces positions donnent accès à cette possibilité tout en fixant le risque maximal. Mais il faut aussi regarder la demande, qui a beaucoup changé depuis l’an dernier. Ce CPI élevé d’avril 2025 a conduit la Réserve fédérale à faire une dernière hausse de taux en juillet 2025. Aujourd’hui, des données économiques récentes du premier trimestre 2026 montrent un ralentissement de la croissance mondiale, ce qui alimente la crainte d’une baisse de la demande (quand l’activité ralentit, on consomme moins d’énergie). Cela crée un face-à-face entre, d’un côté, un risque de hausse lié à l’offre, et de l’autre, un risque de baisse lié à la demande. Donc, une approche plus prudente consiste à protéger des positions à l’achat avec des options de vente (put : un contrat qui donne le droit de vendre à un prix fixé) contre une chute soudaine liée à des craintes de récession (une période de baisse de l’activité économique). Le marché évalue actuellement à 40 % la probabilité d’une baisse de taux de la Fed avant la fin de l’année, ce qui contraste fortement avec la tendance à la hausse des taux observée à la même période l’an dernier.
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