Choc d’offre dans le Golfe
Le ministre de l’Énergie du Qatar, Saad Sherida Al‑Kaabi, a déclaré au Financial Times que les producteurs du Golfe pourraient arrêter leurs exportations d’ici quelques semaines. Selon le journal, le pétrole pourrait monter à 150 $ le baril. Le Telegraph a rapporté que le président américain Donald Trump a qualifié la hausse des prix du pétrole de « très petit prix à payer » dans le cadre de la défaite de l’Iran. Trump a aussi écrit que l’option de l’Iran était une reddition sans condition, et qu’il aiderait ensuite à choisir le prochain dirigeant de l’Iran. La guerre avec l’Iran est entrée dans sa deuxième semaine sans date de fin annoncée. Mojtaba Khamenei a été nommé guide suprême un peu plus d’une semaine après la mort d’Ali Khamenei lors de frappes américano-israéliennes. Une correction du 9 mars à 2 h 30 GMT a modifié le titre en « plus hauts niveaux depuis plus de trois ans », et non « plus hauts niveaux depuis 54 mois ».Positionnement sur les produits dérivés et risque
Avec le WTI au-dessus de 110 $, l’attention se porte sur des stratégies haussières (parier sur une hausse) via des produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend du prix du pétrole). On observe un fort achat d’options d’achat (call : droit d’acheter à un prix fixé), surtout sur des contrats avec des prix d’exercice (prix fixé) à 120 $ et 130 $ expirant dans les deux prochains mois. L’indice de volatilité du pétrole brut CBOE (OVX), une mesure importante des variations de prix, a déjà dépassé 60, ce qui montre une incertitude extrême et rend les primes d’options (coût des options) très élevées. Il faut se rappeler l’évolution des prix après le début de la guerre en Ukraine au début de 2022, quand le brut a brièvement atteint des niveaux similaires avant un pic proche de 130 $. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ 20 % de l’offre mondiale, l’objectif de 150 $ le baril paraît de plus en plus possible. Ce précédent historique montre que la hausse actuelle peut continuer tant que le conflit s’aggrave. Sur le marché des contrats à terme (futures : accords pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé), on observe une forte « backwardation » (prix plus élevé pour une livraison proche que pour une livraison plus lointaine), signe d’un manque immédiat d’offre. L’écart entre le contrat d’avril (échéance la plus proche) et celui de mai dépasse 5 $, un niveau plus vu depuis les chocs d’offre de 2025. Cette structure encourage à garder des positions longues (parier sur la hausse) et indique que le marché physique (pétrole réellement livré) est très tendu. Malgré la dynamique haussière, le risque d’un retournement rapide à la moindre nouvelle de désescalade (baisse des tensions) rend la couverture indispensable. Certains traders achètent des options de vente (put : droit de vendre à un prix fixé) très loin « hors de la monnaie » (prix d’exercice très éloigné du prix actuel, donc faible probabilité d’être utilisé) comme protection à moindre coût contre un accord de paix soudain ou une libération coordonnée des réserves stratégiques de pétrole (stocks publics d’urgence). La volatilité implicite élevée (mouvement attendu par le marché, intégré dans le prix des options) rend ces protections coûteuses, mais elles peuvent être nécessaires si la situation politique change sans prévenir.
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