Les déclarations qataries selon lesquelles des négociateurs iraniens et omanais avaient conclu un accord ont été accueillies avec plus de prudence que le protocole d’accord (MoU) de mi-juin. Le mouvement était déjà intégré dans les prix : les contrats à terme sur le brut avaient perdu 14% au cours des trois jours précédant la signature du 17 juin, avant de céder encore 10% sur les 10 jours suivants ; ils ont également reculé de 10% la semaine dernière, mais sont depuis repassés au-dessus de 80 dollars le baril.
À mesure que des détails apparaissent, l’accord est présenté comme intérimaire, couvrant « 4 à 6 mois », et il ne s’apparente pas à une réouverture complète du détroit. Il n’a été approuvé qu’en principe et porte sur la « gestion du trafic » afin de permettre une reprise partielle des exportations. Le précédent MoU n’a duré que trois semaines et s’est effondré après des frappes iraniennes contre des pétroliers quittant le détroit près du côté omanais, sur fond d’exigences iraniennes de contrôle total de ses eaux et d’une autorité accrue sur la zone relevant d’Oman. Sur le marché des changes, si l’arrangement tient au cours des trois prochaines semaines et que les exportations de pétrole reprennent, le dollar pourrait s’assouplir ; toutefois, la défiance persistante des marchés entretient la demande de valeurs refuges et renforce le biais restrictif (« hawkish ») de la Fed ; un retour du prix moyen de l’essence aux États-Unis sous 4 dollars le gallon pourrait accélérer tout repli du billet vert.
Perspectives sur le marché des options sur le brut et risques de volatilité
Nous suggérons aux intervenants sur les dérivés de surveiller de près le marché des options sur le brut, alors que le Brent évolue juste au-dessus de 80 dollars le baril après l’accord provisoire Iran-Oman sur la circulation. Historiquement, toute détente géopolitique dans le détroit d’Ormuz a déclenché des vagues de vente marquées, à l’image de la baisse cumulée de 24% observée autour du protocole d’accord du 17 juin. Si cet accord intérimaire se maintient, nous anticipons un net reflux de la volatilité implicite sur les contrats front-month du pétrole, depuis ses niveaux récemment élevés.
Nous restons toutefois très sceptiques quant à la solidité de cet arrangement temporaire, dans la mesure où le précédent MoU de juin s’est effondré en trois semaines. Cet échec avait été marqué par des attaques contre des pétroliers près des côtes omanaises, ce qui avait rapidement fait grimper de plus de 15% les primes de risque de guerre maritime, la force conjointe peinant à sécuriser la zone. Les traders devraient se couvrir contre un risque de rupture soudaine des négociations en conservant des options d’achat hors de la monnaie (out-of-the-money) sur le WTI.
Stratégies sur le FX et dynamique du dollar
Sur le marché des changes, nous recommandons de se préparer à un possible repli de l’indice du dollar (DXY), qui a été soutenu par la demande de valeurs refuges. Actuellement, le prix moyen de l’essence au détail aux États-Unis se situe autour de 3,85 dollars le gallon, ce qui maintient les craintes inflationnistes et la Réserve fédérale en état d’alerte. Si l’augmentation des flux de pétrole fait passer l’essence sous le seuil clé de 4,00 dollars, nous anticipons que l’USD pourrait passer d’un reflux progressif à une correction plus brutale.
Dans les prochaines semaines, nous conseillons aux traders FX de se positionner en faveur d’un affaiblissement du billet vert en achetant des devises de matières premières comme le dollar canadien. Le recours à des stratégies de straddle via options sur le WTI permettra également de capter la volatilité élevée inévitable, à mesure que le marché teste la réalité de cet accord sur le trafic maritime. Nous estimons essentiel de maintenir des limites de risque strictes, car toute nouvelle friction navale déclencherait instantanément un retour massif vers le dollar américain.
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