Signaux de la Banque du Japon et effet des salaires
Les premières données sur les demandes de hausse de salaires du « shunto » (négociations salariales de printemps au Japon) tournent autour de 5,9 %, avec les résultats du premier tour de Rengo (principale confédération syndicale japonaise) attendus le 23 mars. Les marchés japonais ferment vendredi pour la Journée de l’équinoxe de printemps, ce qui peut réduire la liquidité (facilité à acheter/vendre sans bouger fortement le prix). La Réserve fédérale (Fed, la banque centrale des États-Unis) a maintenu ses taux entre 3,50 % et 3,75 % mercredi, par un vote 11–1, le gouverneur Miran étant favorable à une baisse. Les projections indiquent toujours une baisse cette année, tandis que le PPI de février (indice des prix à la production, mesure des prix payés aux producteurs) a progressé de 0,7 % sur un mois contre 0,3 % attendu. Aux États-Unis, les nouvelles demandes d’allocations chômage (premières demandes hebdomadaires) ont reculé à 205 000 contre 215 000 attendu, tandis que les ventes de logements neufs ont chuté de 17,6 % sur un mois. Sur le graphique journalier, le spot (prix au comptant, prix actuel) était à 157,85, avec l’EMA 50 jours (moyenne mobile exponentielle, un indicateur qui donne plus de poids aux prix récents) près de 156,70 et l’EMA 200 jours autour de 153,70 ; la résistance (zone où le prix a du mal à monter) se situe à 158,00 et 159,90, et le support (zone où le prix a tendance à rebondir) à 156,70, 155,90 et 153,70. La récente baisse rapide de l’USD/JPY sous 158,00 indique un possible changement de dynamique (le sens et la force du mouvement des prix). Ce mouvement n’a pas été provoqué par une faiblesse américaine, mais par un yen plus fort après des déclarations plus fermes (« hawkish », c’est-à-dire favorables à des taux plus élevés pour lutter contre l’inflation) de la BoJ. Nous sommes entre une BoJ plus stricte que prévu et une Fed prudente, ce qui crée une fourchette de prix large et instable.Positionnement sur les options et niveaux clés
La préoccupation de la BoJ concernant l’inflation est le principal déclencheur, surtout avec des demandes de salaires proches de 5,9 %. Historiquement, en 2024, une hausse des salaires au-delà de 5 % pour la première fois en trois décennies a été un élément clé dans la décision de la BoJ de mettre fin aux taux négatifs (taux d’intérêt sous zéro). Ce précédent suggère que les avertissements du gouverneur Ueda sont crédibles et pourraient mener à un nouveau resserrement (politique plus stricte, souvent via des taux plus hauts) si les résultats finaux de Rengo du 23 mars confirment cette forte hausse des salaires. De l’autre côté, le dollar américain n’a pas de moteur clair de hausse pour l’instant. Même si le PPI a été élevé à 0,7 %, il arrive après l’indice Core PCE (inflation « sous-jacente » suivie par la Fed, basée sur les dépenses de consommation, hors éléments très variables) qui montrait un ralentissement du rythme annuel à 2,8 %, ce qui laisse possible une baisse de taux de la Fed. Cette divergence de politique, avec une BoJ plus agressive et une Fed dépendante des données (décisions guidées par les statistiques économiques), peut limiter les hausses marquées de l’USD/JPY. Dans ce contexte, la volatilité implicite (volatilité estimée par les prix des options, donc l’ampleur de mouvements attendue) des options USD/JPY devrait rester élevée dans les prochaines semaines. Le rejet net de la zone 160,00, où les autorités japonaises sont déjà intervenues (actions pour influencer le taux de change) par le passé, indique une résistance importante au-dessus. Cela peut rendre intéressante la vente de calls hors de la monnaie (options d’achat avec un prix d’exercice au-dessus du prix actuel, donc moins susceptibles d’être exercées) ou la mise en place de « call spreads » (stratégie combinant achat/vente de calls pour limiter le risque) afin d’encaisser une prime (montant reçu à la vente d’une option) tout en bornant le risque. Pour le positionnement, les traders exposés à la hausse de l’USD/JPY devraient envisager de couvrir (réduire le risque via une position opposée) leur risque de baisse. Acheter des puts (options de vente) avec un prix d’exercice sous le support clé 156,70 peut protéger contre une correction plus profonde si le discours strict de la BoJ se renforce. Les spéculateurs peuvent considérer l’achat de calls JPY (options qui profitent d’un yen plus fort, selon la structure du produit) comme un moyen direct de profiter d’une nouvelle appréciation du yen, surtout avant la publication des données salariales de la semaine prochaine.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets