Structure de gouvernance de la PBOC
La PBOC appartient à l’État chinois, donc elle n’est pas pleinement indépendante. Le secrétaire du comité du Parti communiste chinois (responsable politique interne clé), nommé par le président du Conseil des affaires d’État (le gouvernement central), influence fortement la gestion et l’orientation. Pan Gongsheng occupe à la fois ce poste et celui de gouverneur. La PBOC utilise plusieurs outils, dont : – un taux de reverse repo à sept jours (opération où la banque centrale prête à court terme aux banques en échange de titres, pour guider les taux à court terme), – la facilité de prêt à moyen terme (Medium-term Lending Facility, prêts de la banque centrale aux banques sur plusieurs mois, pour influencer le crédit), – l’intervention sur le marché des changes (acheter/vendre des devises pour influencer le taux de change), – le ratio de réserves obligatoires (part des dépôts que les banques doivent garder en réserve et ne peuvent pas prêter). Le Loan Prime Rate (taux préférentiel de prêt, taux de référence pour les crédits) est le principal taux de référence en Chine. Il influence les taux des prêts, des crédits immobiliers et de l’épargne, et pèse aussi sur le taux de change du renminbi (nom officiel du yuan). La Chine autorise les banques privées et en compte 19. Les plus grandes incluent WeBank et MYbank, soutenues par Tencent et Ant Group. Une ouverture plus large a été permise en 2014 pour les prêteurs financés par des capitaux privés. L’action de la banque centrale lundi, en fixant un yuan plus faible que prévu par le marché, est un signal important pour les prochaines semaines. Nous y voyons une décision volontaire pour encadrer la valeur de la monnaie face à de nouvelles pressions économiques. L’écart par rapport aux estimations est le plus important observé depuis janvier de cette année.Implications de marché et perspectives
Ce choix reflète probablement des inquiétudes liées aux dernières données économiques. La croissance du PIB (produit intérieur brut, la production totale de l’économie) au 1er trimestre est ressortie à 4,8 %, légèrement en dessous du rythme visé. Les exportations de mars ont aussi reculé d’environ 2 % sur un an (comparaison avec le même mois l’année précédente). Une monnaie plus faible aide à rendre les produits chinois plus compétitifs à l’étranger, car ils coûtent moins cher en devises étrangères. Nous pensons que la PBOC privilégie pour l’instant le soutien aux exportations plutôt que la force de la monnaie. Comme la PBOC dispose de plusieurs outils, il ne faut pas exclure un nouvel assouplissement monétaire (mesures pour rendre le crédit plus facile et moins cher). Même si elle a maintenu la semaine dernière le taux clé de la facilité de prêt à moyen terme à 2,5 %, le ton des commentaires était nettement plus accommodant (plus favorable à des baisses de taux). Cela suggère qu’une baisse du ratio de réserves obligatoires pourrait servir à injecter de la liquidité (ajouter de l’argent disponible dans le système bancaire) si nécessaire. Un yuan durablement plus faible pourrait peser sur les prix des matières premières, surtout les métaux industriels, car cela augmente le coût des importations pour la Chine. Les traders d’options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pourraient envisager des stratégies visant à profiter d’une volatilité (variations rapides de prix) plus élevée sur la paire USD/CNH (dollar contre yuan « offshore », c’est-à-dire échangé hors de Chine continentale). Nous anticipons que la monnaie testera le niveau de 6,90 avant la fin du deuxième trimestre. Créez votre compte VT Markets en direct et commencez à trader maintenant.
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