Trajectoires différentes des banques centrales
On se souvient que des poussées de tensions géopolitiques (événements politiques ou militaires entre pays) faisaient chuter GBP/USD vers 1,3180, car le dollar américain profitait d’un mouvement « refuge » (les investisseurs achètent ce qu’ils jugent plus sûr). Aujourd’hui, le marché regarde surtout des trajectoires différentes des banques centrales (institutions qui fixent les taux d’intérêt). Le pétrole, stable autour de 85 $ le baril, n’est pas le facteur principal. Au Royaume-Uni, l’inflation (hausse générale des prix) reste élevée : les derniers chiffres montrent 2,8 % sur un an, au-dessus de l’objectif de la Banque d’Angleterre. Cela a poussé la BoE à rester « stricte » (ton hawkish : prête à garder des taux élevés pour freiner les prix), en laissant les taux inchangés à 4,5 % lors de la dernière réunion. Cela soutient la livre. Aux États-Unis, l’inflation a plus nettement ralenti à 2,5 %. Cela change le message de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis). Les marchés (investisseurs) estiment maintenant à plus de 50 % la probabilité d’une baisse de taux d’ici l’été. Cet écart de politique monétaire (différence de direction entre banques centrales) pèse sur le dollar et soutient GBP/USD, qui se situe maintenant autour de 1,2550. Pour les traders de produits dérivés (contrats dont la valeur dépend d’un prix, comme une paire de devises), cela suggère une hausse progressive de GBP/USD plutôt qu’une envolée. L’incertitude sur le moment exact des décisions des banques centrales maintient une volatilité implicite élevée sur les options « cable » (options sur GBP/USD). La volatilité implicite est l’estimation, dans le prix de l’option, des variations futures possibles du cours. Il faut donc envisager des stratégies qui profitent d’un biais haussier tout en vendant cette volatilité chère. Vendre des options de vente (puts) GBP/USD hors de la monnaie (strike éloigné, peu probable d’être atteint) peut permettre d’encaisser une prime (le prix reçu) tout en misant sur un risque de baisse limité. Sinon, un spread haussier avec options d’achat (bull call spread : acheter un call et vendre un call à un prix plus haut) limite le risque et vise un mouvement vers 1,2700–1,2800 dans les prochaines semaines. Cela permet de profiter d’une hausse graduelle de la livre.Points de gestion du risque
Cependant, il faut rester attentif aux tensions au Moyen-Orient qui avaient déjà fait monter le dollar. Un brusque regain d’aversion au risque (les investisseurs fuient les actifs risqués) pourrait rapidement annuler ce scénario basé sur les banques centrales. Couvrir (hedging : réduire le risque) des positions acheteuses avec des puts à court terme reste une mesure prudente contre un retournement.
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