Tensions géopolitiques et positions de marché
La demande de dollar en tant que valeur refuge (actif jugé plus sûr en période de crise) a aussi augmenté, sur fond d’inquiétudes concernant une possible perturbation des approvisionnements liée au détroit d’Hormuz (passage maritime clé pour le transport de pétrole). Le pétrole brut a repris du terrain après le fort retournement de lundi depuis son plus haut niveau depuis juin 2022. La hausse des prix de l’énergie a ravivé les craintes d’un retour de l’inflation (hausse générale des prix) et d’une baisse des taux (réduction des taux directeurs) moins rapide ou plus tardive de la Réserve fédérale américaine (banque centrale des États-Unis). Cela a soutenu les rendements des bons du Trésor américain (taux d’intérêt des obligations d’État américaines) et a pesé sur le GBP/USD. La livre a trouvé du soutien grâce à l’évolution des attentes sur les taux au Royaume-Uni. Le marché est passé de trois baisses de taux de la Banque d’Angleterre à environ 70% de probabilité d’une hausse de taux d’ici la fin de l’année. Les traders (opérateurs de marché) surveillent le discours du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Andrew Bailey, jeudi. Les données à venir incluent aussi l’inflation américaine CPI et PCE (deux mesures de l’inflation: CPI = indice des prix à la consommation; PCE = dépenses de consommation personnelle), ainsi que le PIB mensuel du Royaume-Uni (mesure de la production économique). La guerre reste un facteur majeur de volatilité (ampleur des variations de prix).Niveaux clés et stratégie
On observe un schéma déjà vu sur GBP/USD, similaire aux tensions pendant le conflit États-Unis–Israël–Iran en 2025. Le dollar américain se renforce à nouveau comme valeur refuge, ce qui met la livre sous pression, comme l’an dernier lorsque la paire a eu du mal autour de 1,3400. La situation est renforcée par une hausse des prix de l’énergie, avec les contrats à terme sur le Brent (prix du pétrole de référence; contrat à terme = accord pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) au-dessus de 105$ le baril la semaine dernière, un niveau inédit depuis plus de 18 mois. Cela nourrit la crainte d’une inflation durable, et a poussé l’indice du dollar (DXY, indicateur de la force du dollar face à un panier de monnaies) à un plus haut de six mois à 106,50 hier. Les traders retirent désormais l’idée de baisses de taux de la Fed pour le premier semestre 2026. Cela crée un tiraillement, car la Banque d’Angleterre subit aussi une inflation liée à l’énergie. Comme en 2025, les marchés misent sur une Banque d’Angleterre plus dure sur les taux (hawkish = favorable à des taux plus élevés). Les swaps au jour le jour (contrats de taux utilisés pour estimer les attentes du marché) suggèrent 40% de chance d’une hausse supplémentaire d’ici août. Les dernières données sur les salaires au Royaume-Uni de janvier 2026 montrent encore 5,8%, ce qui laisse peu de marge à la banque centrale pour assouplir sa position. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un autre actif), ce choc entre un dollar valeur refuge et une livre portée par des taux plus élevés suggère que la forte volatilité est l’élément principal. Acheter des options (contrats donnant le droit d’acheter ou vendre à un prix donné) via des stratégies comme le straddle ou le strangle (stratégies d’options visant à profiter d’un gros mouvement, quelle que soit la direction) sur GBP/USD peut permettre de profiter de grands mouvements de prix sans parier sur un scénario précis. L’indice VIX (indicateur de la volatilité attendue sur les actions américaines) a déjà grimpé de plus de 20% le mois dernier, ce qui va dans ce sens. On a vu un schéma comparable pendant la crise énergétique de 2022, où la force initiale du dollar s’est ensuite réduite quand les titres géopolitiques ont perdu de l’importance. Cela suggère que, même si être long dollar (parier sur une hausse du dollar) est logique maintenant, il vaut mieux utiliser des options pour limiter le risque en cas de retournement rapide. Un apaisement pourrait faire disparaître vite ces achats de dollar. Par conséquent, les prochaines semaines imposent de surveiller le support clé (zone de prix où la baisse se freine souvent) de GBP/USD autour de 1,2450. Les données d’inflation CPI américaines et les minutes de la Banque d’Angleterre (compte rendu détaillé de la réunion) seront déterminantes. Tant que la situation reste floue, privilégier le trading de range (acheter près du bas du canal, vendre près du haut) et de volatilité semble plus prudent que de prendre un pari directionnel fort.
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