La hausse des prix du pétrole, liée au conflit au Moyen-Orient, soutient le dollar américain et exerce une pression sur les devises des marchés émergents à haut rendement

by VT Markets
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Mar 9, 2026
La hausse des prix du pétrole, liée au conflit au Moyen-Orient, a soutenu le dollar américain. L’indice du dollar se rapproche du haut de la zone 96,000–100,00 en place depuis le deuxième trimestre (Q2) de l’an dernier. La hausse a été plus forte face aux monnaies de pays émergents à taux d’intérêt élevés, notamment le rand sud-africain et le forint hongrois. Des chiffres plus faibles des emplois non agricoles américains (non-farm payrolls, ou NFP : statistique mensuelle qui mesure les créations d’emplois hors agriculture) augmenteraient normalement les attentes de baisse des taux par la Réserve fédérale (Federal Reserve, ou Fed : la banque centrale des États‑Unis) et affaibliraient le dollar, en l’absence de conflit. À la place, le marché des taux américains (marché où l’on fixe les attentes sur les taux d’intérêt) a réévalué la situation : le calendrier a été repoussé et l’ampleur attendue de nouvelles baisses de taux de la Fed a diminué. Cela a fait monter les rendements américains (yields : le taux de rendement des obligations) et le dollar.

Les conditions du « carry trade » se dégradent

Les conditions de marché sont devenues moins favorables au carry trade (stratégie qui consiste à emprunter dans une monnaie à faible taux pour acheter une monnaie à taux plus élevé). Cela a provoqué la fermeture de positions très répandues. La volatilité du marché des changes (variations rapides des prix des devises) devrait augmenter si le conflit continue. L’an dernier, le conflit au Moyen-Orient a provoqué un choc pétrolier (hausse brutale du pétrole) qui a renforcé le dollar américain, en poussant l’indice DXY (Dollar Index : indice qui mesure le dollar face à un panier de grandes devises) vers 100,00. Ce risque géopolitique (risque lié aux tensions internationales) a été si important qu’il a éclipsé même des rapports faibles sur l’emploi américain, qui affaibliraient normalement le dollar. Le marché a écarté l’idée de baisses de taux de la Fed, ce qui a encore soutenu le dollar (« greenback » : surnom du dollar) face à la plupart des devises. Au mois de mars 2026, la situation a beaucoup changé. Avec des efforts diplomatiques qui réduisent les tensions, les prix du pétrole WTI (West Texas Intermediate : pétrole de référence aux États‑Unis) ont reculé depuis leurs sommets de 2025 au‑delà de 110 $ et se stabilisent autour de 82 $ le baril. Cela a supprimé la principale cause de l’aversion au risque (comportement où les investisseurs évitent les actifs risqués) et de la force du dollar observées l’an dernier. Cette baisse des pressions inflationnistes liées à l’énergie (hausse générale des prix alimentée par l’énergie) a permis à la Fed de changer de direction. Avec les dernières données de l’IPC américain (CPI : indice des prix à la consommation) de février 2026 à 2,5 % sur un an (year-over-year : comparaison avec le même mois un an plus tôt), la Fed a lancé sa première baisse de taux du cycle le mois dernier. Ce changement de politique contraste fortement avec la réévaluation plus « stricte » des taux (hawkish : orientation qui privilégie des taux plus élevés pour lutter contre l’inflation) pendant le conflit l’an dernier.

L’indice du dollar passe sous la zone

En conséquence, l’indice du dollar a baissé et est passé sous la zone 96,000–100,00 qui a tenu une grande partie de 2025. Il s’échange actuellement près de 95,50. On observe un retournement par rapport à l’an dernier : la baisse du dollar est désormais le thème principal. Cet environnement suggère aux traders (opérateurs de marché) de se positionner pour une nouvelle baisse du dollar, mais progressive. La fermeture des carry trades observée en 2025 s’est totalement inversée. La volatilité des marchés a diminué, avec l’indice VIX (indice de volatilité : mesure de la peur sur le marché actions américain) retombant à 14, un niveau calme. Cela rend intéressant l’usage du dollar, à rendement plus faible (monnaie à faible taux), pour financer des positions. Les traders peuvent envisager des carry trades financés en dollars pour acheter des devises à rendement élevé comme le peso mexicain, qui offre encore un écart de taux intéressant (interest rate differential : différence de taux d’intérêt entre deux pays). Sur le marché des options (contrats qui donnent le droit, pas l’obligation, d’acheter ou de vendre à un prix fixé), la baisse de la volatilité implicite (estimation par le marché de la volatilité future, intégrée dans le prix des options) rend les stratégies d’achat d’options moins chères qu’au pic du conflit l’an dernier. Les traders peuvent envisager d’acheter des options de vente (put : option qui profite d’une baisse) sur l’indice du dollar américain (DXY) pour miser sur une poursuite de la tendance baissière. Sinon, acheter des options d’achat (call : option qui profite d’une hausse) sur des devises de pays émergents qui bénéficient d’un pétrole moins cher et d’un dollar plus faible peut offrir une opportunité claire.

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