La progression de neuf séances de la livre sterling face au dollar a pris fin mardi, les échanges devenant défensifs après des attaques visant le transport maritime dans le détroit d’Ormuz. Le GBP/USD a ouvert près de 1,3392, a brièvement franchi 1,3400 en début de séance en Europe, puis a reculé vers 1,3356, en baisse de 0,27 %, repassant sous un faisceau de moyennes mobiles journalières. La hausse avait démarré de 1,3140 fin juin, portée par des chiffres de l’emploi américain plus faibles : en juin, les créations d’emplois non agricoles (NFP) ont augmenté de 57 000 contre un consensus proche de 115 000, tandis que la moyenne sur quatre semaines de la variation de l’emploi ADP a ralenti à 21 000, contre 24 250. Les marchés intègrent environ une probabilité d’une sur quatre d’une hausse de la Réserve fédérale lors de la réunion des 28-29 juillet, contre environ une sur huit il y a un mois, les baisses de taux étant, elles, valorisées à pratiquement zéro.
Des missiles iraniens ont touché deux navires commerciaux dans la nuit et un troisième mardi matin ; un méthanier qatari a pris feu au large d’Oman. La Banque d’Angleterre a maintenu le taux directeur (Bank Rate) à 3,75 % en juin par sept voix contre deux, tandis que les anticipations d’inflation des ménages à un an s’établissent à 4 % et l’inflation des services avoisine 4,5 % ; les marchés de taux n’escomptent pas de hausse complète d’un quart de point avant mars 2027. L’attention se porte sur les Minutes du FOMC mercredi à 18h00 GMT, puis le programme de jeudi inclut les inscriptions hebdomadaires au chômage à 12h30 GMT (consensus : 218 000), ainsi que des événements à 09h30, 13h00 et 14h00 GMT. Parmi les niveaux techniques cités figurent des résistances juste sous 1,3370 et vers 1,3450, avec des supports à 1,3300, 1,3250 et 1,3140.
Le risque géopolitique dicte les flux de change
Nous considérons que le récent rallye de la livre est « à crédit », et que le prêteur — un dollar américain affaibli — reprend désormais son dû. Les frappes de missiles dans le détroit d’Ormuz ont déplacé l’attention du marché des données macroéconomiques vers le risque géopolitique. Lloyd’s of London vient de le confirmer en relevant ses primes d’assurance « war risk » pour la région, signalant que cette tension est désormais directement intégrée dans les prix du commerce mondial.
Quand des pétroliers brûlent, les flux se dirigent vers le dollar, et ce n’est pas différent cette fois-ci. Ce schéma correspond à un mouvement classique de « risk-off », similaire à celui observé durant la « guerre des pétroliers » des années 1980, qui avait provoqué une forte volatilité sur les marchés de l’énergie et des changes. L’indice VIX, baromètre de l’aversion au risque, a déjà bondi de 15 % à 18,5 sur les dernières 24 heures, confirmant le biais défensif du marché.
Stratégie de trading et principaux risques d’événements
Nous nous positionnons pour un mouvement de baisse de la livre face au dollar, avec un premier objectif sur 1,3300. Acheter des options de vente (puts) sur GBP/USD avec un strike autour de 1,3250 constitue une manière claire d’exprimer ce scénario, d’autant que la paire n’a pas réussi à se maintenir au-dessus de la résistance clé à 1,3400. Le risque est que les Minutes du FOMC se révèlent étonnamment accommodantes, mais nous jugeons ce scénario moins probable.
Pour ceux qui sont moins affirmés sur le sens du mouvement, la montée des tensions rend intéressante une stratégie jouant la volatilité. Nous pensons que l’achat d’un strangle — qui consiste à acheter à la fois une option de vente et une option d’achat hors de la monnaie — est une approche sensée. Cette position sera profitable si la livre effectue un mouvement ample dans un sens ou dans l’autre à la suite des Minutes de la Fed ou de nouvelles informations en provenance du Golfe persique.
L’histoire propre à la livre — inflation élevée et banque centrale restrictive mais inactive — reste secondaire. L’enjeu central pour les prochains jours dépend des données américaines et du ton de la Fed. Le rapport de jeudi sur les inscriptions initiales au chômage devient désormais déterminant ; un chiffre inférieur à 210 000 conforterait la force du dollar et pousserait probablement la paire GBP/USD sous 1,3300.
Commencez à trader dès maintenant — cliquez ici pour créer votre compte réel VT Markets.