Les Treasuries américains sont passés de la « bear steepening » de jeudi à une courbe plus plate d’ici le week-end, avec des rendements en hausse de 2,3 pdb sur le 30 ans et de 4,7 pdb sur le 2 ans. Le segment très long a en grande partie effacé le rally initial après l’annonce d’un plan de rachats de dette du Trésor plafonné à plus de 4 Md$ par opération, tandis que le front-end a sous-performé après l’envolée du PMI d’août, suggérant une croissance annualisée au T3 proche de 3%. Le PMI composite a atteint un plus haut de 52 mois à 56, tiré par les services à 56,8, alors que la vigueur des PMI de la zone euro n’a pas modifié une valorisation qui intègre déjà pleinement une hausse de taux de la BCE en septembre ; les rendements des Bunds ont peu bougé, avec des variations inférieures à 1 pdb sur l’ensemble de la courbe.
Sur le FX, l’EUR/USD a de nouveau buté sur 1,17 et a terminé autour de 1,168, tandis que l’indice dollar pondéré des échanges a clôturé à 98,8 et l’USD/JPY s’établissait à 158,95 ; la livre est restée atone, avec l’EUR/GBP autour de 0,856 contre 0,854 à l’ouverture de la semaine dernière. Le Brent a grimpé à 94,4 $/baril, un plus haut depuis mi-juillet, avant une annonce et une conférence de presse prévues en lien avec l’Iran. Par ailleurs, le Canada s’est retiré des discussions commerciales avec les États-Unis, déclenchant un droit de douane de 50% sur 20 Md$ de biens ; les termes précédents incluaient 15% sur l’automobile et 25% sur l’acier/l’aluminium sous quotas, et Ottawa prévoit des représailles « dollar pour dollar » à partir du 8 septembre, l’USD/CAD étant à 1,38 après un mouvement estival de 1,42 à 1,3750. Fitch a maintenu la Pologne à A- avec perspective négative, projetant des déficits de 6,9% du PIB en 2026 et 6,7% en 2027 (contre 6,2% anticipé en février), puis 6,1% en 2028 ; la dette est attendue en hausse de 59,7% du PIB en 2025 à 72,7% en 2028, tandis que la croissance ralentit de 3,3% cette année à 2,9% l’an prochain.
Stratégie taux américains et matières premières
Nous suggérons aux intervenants sur dérivés de se positionner pour une poursuite des pressions haussières sur l’avant de la courbe des taux américaine, en particulier après le PMI d’août à 56, nettement supérieur aux attentes, qui pointe vers une croissance annualisée au T3 proche de 3%. Alors que le long de la courbe a effacé presque tous les gains liés au programme de rachats du Trésor, nous recommandons de recourir à des options sur taux à court terme afin de se préparer à une surprise plus restrictive à Jackson Hole. Si le président de la Fed, Warsh, ne parvient pas à signaler vendredi un plan crédible de compression de la prime de risque d’inflation, les rendements de long terme ont de fortes chances de franchir de nouveaux plus hauts.
La menace de sanctions américaines agressives visant le commerce pétrolier de l’Iran a déjà propulsé le Brent vers un plus haut d’un mois à 94,4 $ le baril. Nous conseillons d’acheter des options d’achat (calls) à court terme sur le Brent pour tirer parti de cette dynamique, d’autant que les stocks commerciaux mondiaux de brut se situent actuellement sous leur moyenne saisonnière sur cinq ans. Si le plan économique annoncé ce soir par le Trésor s’avère aussi sévère qu’anticipé, le brut pourrait aisément tester le seuil des 100 $ dans les prochaines semaines.
Marchés des changes et expositions européennes
Sur les marchés des changes, nous recommandons de constituer des positions longues sur l’USD/CAD via des options à l’approche de l’échéance tarifaire du 8 septembre. Si la hausse des prix du pétrole a temporairement maintenu le dollar canadien proche de 1,38, l’effondrement soudain des discussions commerciales et les droits de douane américains imminents de 50% sur 20 Md$ de biens canadiens pèseront inévitablement sur le « loonie ». Historiquement, des escalades de guerre commerciale de cette ampleur entre partenaires très intégrés entraînent une dépréciation rapide de 2% à 3% de la devise visée une fois les mesures de rétorsion formalisées.
Pour les expositions européennes, nous suggérons de vendre le zloty polonais (PLN) contre euro ou d’acheter des CDS sur la dette souveraine polonaise. La décision de Fitch de maintenir une perspective négative sur la note A- de la Pologne met en lumière un déficit budgétaire massif de 6,9% du PIB et un ratio dette/PIB projeté à 72,7% d’ici 2028. Par ailleurs, les marchés monétaires ayant déjà pleinement intégré une hausse de taux de la Banque centrale européenne en septembre, le potentiel haussier de l’euro demeure largement plafonné au niveau de 1,17.
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