Gouvernance et propriété de la PBoC
La PBoC appartient à l’État de la République populaire de Chine. Le secrétaire du comité du Parti communiste chinois, nommé par le président du Conseil des affaires d’État (le gouvernement central), influence fortement la gestion et l’orientation, et Pan Gongsheng cumule les fonctions de secrétaire et de gouverneur (dirigeant principal de la banque centrale). La PBoC utilise plusieurs outils, dont le taux de reverse repo à sept jours (prêt très court terme où la banque centrale fournit des liquidités aux banques contre des titres, avec accord de rachat), la Facilité de prêt à moyen terme (MLF, prêts de quelques mois à un an aux banques), les interventions sur le marché des changes (achat/vente de devises pour influencer le taux de change) et le ratio de réserves obligatoires (RRR, part des dépôts que les banques doivent garder en réserve et ne peuvent pas prêter). Le Loan Prime Rate (LPR, taux de référence des prêts en Chine) influence les taux des prêts, des crédits immobiliers et de l’épargne, ainsi que le taux de change du renminbi (nom officiel du yuan). La Chine compte 19 banques privées, une part limitée du système financier. Les plus grandes incluent les prêteurs numériques WeBank et MYbank, soutenus par Tencent et Ant Group, et des règles introduites en 2014 ont permis à des banques nationales financées entièrement par des capitaux privés d’opérer. La fixation récente du yuan, plus forte que prévu, signale l’intention claire de la banque centrale de limiter l’affaiblissement de la monnaie. Cela s’explique aussi par un écart de politiques entre pays : la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale des États-Unis) indique désormais moins de baisses de taux en 2026, en raison d’une inflation persistante dans les services (hausse des prix des services comme transports, santé, loisirs). Cette inflation des services a été observée autour de 2,8% dans les dernières données PCE (indice des dépenses de consommation personnelle, un indicateur d’inflation suivi par la Fed). Pendant ce temps, la croissance de la Chine au T1 (premier trimestre) publiée la semaine dernière est ressortie à 4,8%, légèrement sous l’objectif officiel, confirmant le besoin de soutien intérieur.Implications pour la stratégie de marché
Nous pensons que la banque centrale évitera des baisses marquées du LPR (taux de référence des prêts) à court terme pour limiter des sorties rapides de capitaux (argent quittant le pays) et une pression supplémentaire sur la monnaie. En 2025, la stratégie privilégiée a été d’utiliser la fixation quotidienne et les actions des banques d’État (banques publiques qui suivent souvent les objectifs des autorités) pour ralentir, sans arrêter, la baisse du yuan face à un dollar fort. Cela suggère aux traders (opérateurs de marché) d’envisager l’achat d’options d’achat (call, contrat donnant le droit d’acheter à un prix fixé) USD/CNY à faible coût, afin de profiter d’une hausse graduelle de la paire, plutôt que d’attendre une cassure nette au-delà de 7,30. Compte tenu des contraintes sur la monnaie, tout assouplissement monétaire (politique plus accommodante pour stimuler l’économie) passerait plutôt par une baisse du RRR (réserves obligatoires) que par les principaux taux directeurs (taux fixés par la banque centrale). Cela crée une opportunité sur le marché des swaps de taux d’intérêt (contrats où deux parties échangent des paiements à taux fixe et à taux variable), car une baisse du RRR injecterait de la liquidité (argent disponible dans le système bancaire) et réduirait les coûts de financement à court terme (coût d’emprunter sur de courtes durées) sans viser directement le yuan. Nous estimons qu’une position consistant à « recevoir le taux fixe » sur des swaps de maturité courte (parier sur une baisse des taux) peut être une façon prudente d’anticiper cet assouplissement axé sur la liquidité. L’intervention régulière de la banque centrale limite les mouvements quotidiens de la monnaie, ce qui a comprimé la volatilité implicite à court terme sur le yuan (volatilité attendue par le marché, déduite du prix des options). Vendre des straddles (stratégie d’options vendant en même temps un call et un put, option de vente, au même prix d’exercice) de courte maturité sur USD/CNH (dollar contre yuan « offshore », échangé hors de Chine continentale) peut être une stratégie pour encaisser une prime (prix payé pour l’option) si le marché reste dans une fourchette étroite à court terme. Cependant, cette stabilité gérée augmente le risque d’un mouvement brusque plus tard dans le trimestre, ce qui rend des options de volatilité à plus longue maturité (couverture contre un choc futur) intéressantes.
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