Krämer, de Commerzbank, estime que la BCE pourrait relever ses taux une seule fois à mesure que l’inflation énergétique augmente, puis se calme

by VT Markets
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Mar 27, 2026
Commerzbank s’attend à ce que la Banque centrale européenne (BCE, la banque centrale de la zone euro) réagisse à l’inflation (hausse générale des prix) liée à l’énergie et à la guerre, avec au maximum une seule hausse de taux supplémentaire. L’inflation devrait dépasser 3% d’ici l’été puis reculer. Dans son scénario de base (scénario principal), le modèle de la banque montre que la croissance (augmentation de l’activité économique) de la zone euro en 2026 baisse de 0,4 point de pourcentage à cause de la guerre au Moyen-Orient. Sa prévision 2026 est réduite de 0,9% à 0,6%, à comparer à la production potentielle (niveau de croissance jugé durable sans créer trop d’inflation) estimée à 1%.

Au maximum une hausse supplémentaire

La banque s’attend à ce que la BCE relève son taux directeur (taux d’intérêt principal fixé par la banque centrale, qui influence les taux des crédits et de l’épargne) lors de la réunion du 30 avril. Si la BCE n’agit pas en avril, elle pourrait plutôt annoncer une hausse pour la réunion du 11 juin. La banque estime qu’il est peu probable qu’il y ait plus d’une hausse, car les prix du pétrole pourraient baisser une fois la guerre terminée. Elle note aussi que les marchés à terme (marchés où l’on fixe aujourd’hui un prix pour plus tard) intègrent presque trois hausses de taux d’ici la fin de l’année, ce qu’elle juge peu probable dans son scénario principal. Nous constatons un décalage entre les anticipations du marché et la réalité économique de la zone euro. La guerre en cours au Moyen-Orient pousse l’inflation à la hausse tout en freinant la croissance. Cela place la BCE dans une position difficile.

Anticipations du marché contre réalité de la croissance

Même si les derniers chiffres d’Eurostat (l’organisme statistique de l’UE) montrent une inflation remontée à 2,8% en février, tirée par les coûts de l’énergie, nous pensons que cette pression s’atténuera après l’été. Le facteur le plus important pour la BCE sera l’affaiblissement de l’économie, désormais attendue à seulement 0,6% de croissance cette année. C’est en dessous de son potentiel, ce qui signifie qu’on ne peut plus parler d’une vraie reprise. Le ralentissement devient déjà visible: le dernier indice PMI composite S&P Global (indicateur basé sur des enquêtes auprès d’entreprises, où 50 sépare expansion et contraction) pour la zone euro est descendu à 49,5, signalant une légère contraction (baisse) de l’activité des entreprises. Nous avons vu une situation comparable en 2022, quand la BCE a d’abord réagi lentement à l’inflation après la pandémie, en privilégiant la reprise, jusqu’à ce que la hausse des prix s’installe. Après une économie un peu meilleure que prévu fin 2025, cette nouvelle faiblesse donne aux membres « accommodants » (souvent appelés *colombes*, favorables à des taux plus bas) du Conseil des gouverneurs (organe qui décide de la politique monétaire de la BCE) une raison d’être prudents. Dans ce contexte, le marché à terme qui intègre presque trois hausses complètes de taux d’ici la fin de l’année semble excessif. Nous pensons que la BCE fera au plus une hausse, probablement en avril ou en juin, puis fera une pause pour mesurer les dégâts sur l’économie. La banque centrale voudra éviter une récession (baisse durable de l’activité) pour combattre une inflation qu’elle juge temporaire et due à l’énergie. Pour les traders de produits dérivés (contrats financiers dont la valeur dépend d’un autre actif, comme un taux), cela suggère que les contrats à terme sur taux d’intérêt, par exemple ceux liés à l’EURIBOR (taux interbancaire de référence en euros), intègrent un durcissement (hausse des taux) trop agressif. Des positions qui gagnent si les hausses de taux sont moins nombreuses que prévu pourraient être intéressantes dans les prochaines semaines. Cela indique un possible ajustement des prix quand la position plus prudente de la BCE sera plus claire. Une BCE moins agressive que prévu devrait peser sur l’euro. Cela peut créer des opportunités sur le marché des options sur devises (contrats donnant le droit, pas l’obligation, d’acheter ou vendre une devise à un prix fixé), notamment des stratégies qui profitent d’un euro plus faible face à des devises dont les banques centrales restent plus fermes (plus enclines à monter les taux). Cette différence de politique monétaire pourrait devenir un moteur important pour la paire EUR/USD (taux de change euro/dollar).

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