Principaux risques pour le carry trade
Les perspectives comportent des risques liés à des tensions géopolitiques (conflits entre pays) qui durent et à une volatilité de marché plus élevée (fortes variations des prix). En période « risk-off » (quand les investisseurs évitent le risque), les carry trades (stratégie qui consiste à emprunter dans une monnaie à faible taux, puis à investir dans une monnaie à taux plus élevé) peuvent se défaire, provoquant des reculs rapides. Si la crise se prolonge et que davantage de banques centrales adoptent une position plus stricte face à l’inflation (hawkish : volonté de relever les taux pour freiner la hausse des prix), le yen pourrait se renforcer. Cela peut venir d’une liquidité plus faible (moins de facilité à acheter/vendre sans bouger les prix), d’un appétit pour le risque en baisse (moins d’envie d’investir dans des actifs risqués) et d’une partie de l’épargne japonaise qui revient au pays. Les réunions de politique monétaire de la semaine prochaine devraient influencer la direction à court terme d’AUD/JPY. Les tensions en cours pourraient limiter de nouvelles hausses depuis les niveaux actuels. AUD/JPY est à son plus haut niveau depuis des décennies, porté par un écart de politique monétaire qui se creuse (différence entre les taux et les intentions des banques centrales). Des données récentes montrent que l’inflation en Australie a atteint 3,8% en février, ce qui alimente les paris sur une hausse des taux de la RBA la semaine prochaine. Pendant ce temps, l’inflation au Japon est retombée à 1,9%, ce qui renforce la position accommodante de la Banque du Japon (dovish : tendance à garder des taux bas pour soutenir l’économie).Conséquences pour le trading et le positionnement
Le rôle de l’Australie comme grand exportateur d’énergie soutient fortement l’AUD (dollar australien). De récentes tensions ont fait monter de 8% ce mois-ci les contrats à terme (futures : prix fixés aujourd’hui pour acheter/vendre plus tard) sur le gaz naturel liquéfié, ce qui renforce l’attrait de la devise. Cette dynamique, combinée à une probabilité de 80% d’une hausse des taux de la RBA intégrée par le marché (pricing : ce que les prix reflètent déjà), alimente la hausse. Cependant, prudence, car ces tensions augmentent aussi la volatilité. L’indice VIX (mesure de la nervosité du marché, souvent appelé « indice de la peur ») a grimpé de plus de 15% sur les deux dernières semaines, un signal classique de risque pour les actifs risqués. Si ce mouvement « risk-off » s’accentue, le yen pourrait se renforcer, car les investisseurs déplacent leur argent vers des placements jugés plus sûrs. Pour les traders de produits dérivés (instruments dont la valeur dépend d’un actif, comme les options), cela suggère une approche prudemment positive. Les options d’achat (calls : droit d’acheter à un prix fixé) peuvent profiter d’une nouvelle hausse si la RBA surprend, tandis que des options de vente (puts : droit de vendre à un prix fixé) apportent une protection importante contre un retournement brutal. La volatilité élevée rend les options utiles pour gérer le risque d’un débouclage du carry trade (fermeture rapide de ces positions, parfois de façon désordonnée). Il suffit de regarder le troisième trimestre 2025 pour voir à quelle vitesse la situation peut changer. Un pic similaire d’aversion au risque mondiale (hausse de la peur, baisse de l’envie de risque) avait fait chuter AUD/JPY de 5% en quelques jours. Cela montre que les carry trades peuvent s’effondrer rapidement quand la peur domine le marché.
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