Risque d’inflation non linéaire
Après les propos de la présidente de la BCE (Banque centrale européenne), Christine Lagarde, lors de la conférence ECB Watchers, la BCE craint que les attentes d’inflation (ce que ménages et entreprises pensent de l’inflation future) réagissent plus fortement, car le dernier choc d’inflation (hausse rapide des prix) est récent. Lagarde a aussi cité des études montrant que les effets d’un choc énergétique (hausse soudaine des prix du pétrole, du gaz, etc.) ne suivent pas une relation « proportionnelle ». Dans ce schéma « non linéaire », de petits chocs sur l’énergie peuvent ne pas changer beaucoup les prix dans l’ensemble, tandis que de gros chocs peuvent avoir un effet important et pousser la banque centrale à réagir plus fortement avec sa politique monétaire (ses décisions sur les taux d’intérêt et la quantité de crédit). La BCE dit que la guerre au Moyen-Orient rend les perspectives plus incertaines, avec des risques d’inflation plus élevée et de croissance plus faible, selon l’intensité et la durée du conflit, et selon la façon dont les prix de l’énergie se transmettent aux prix payés par les consommateurs et à l’économie. On voit un schéma connu : les prix du pétrole réagissent aux gros titres sur le conflit, mais ont du mal à dépasser leurs plus hauts. En ce moment, le Brent (pétrole de référence en Europe et sur une grande partie du marché mondial) tourne autour de 92 dollars le baril, sans réussir à dépasser le niveau de 95 dollars, qui agit comme une barrière (un seuil de prix qui bloque la hausse). Cela suggère que le marché n’intègre pas encore une forte perturbation de l’offre (une baisse importante des quantités disponibles), ce qui crée un équilibre tendu. Les propos de la BCE sur des attentes d’inflation sensibles aux prix de l’énergie sont plus actuels que jamais. Après la brève peur de récession (crainte d’une baisse de l’activité économique) observée fin 2025, les banques centrales sont très prudentes. La dernière inflation en zone euro est ressortie à 3,1 %, et une hausse durable du pétrole au-dessus de 100 dollars forcerait très probablement la BCE à abandonner son ton plus accommodant (plus favorable à des taux bas). Ce contexte montre un risque « non linéaire » : un gros choc sur l’énergie pourrait déclencher une réponse forte de la banque centrale, pouvant freiner la croissance. En regardant l’indice de volatilité du pétrole brut de Cboe (OVX) (un indicateur qui mesure les variations attendues du prix du pétrole à partir des options), on l’a vu monter de 35 à 41 sur le mois, ce qui montre que les traders achètent une protection contre un mouvement brutal (des positions qui gagnent si le prix bouge fortement). Les commandes des usines allemandes ont aussi baissé de 1,2 % le mois dernier, contre toute attente, ce qui souligne la fragilité de la reprise.Positionnement via les options pour jouer la volatilité
Dans ce contexte, il faut envisager d’acheter des options (contrats donnant le droit d’acheter ou de vendre à un prix fixé) pour se placer sur une forte variation de prix, plutôt que de parier uniquement sur la direction. Des straddles (achat simultané d’une option d’achat et d’une option de vente au même prix d’exercice) ou des strangles (même idée, mais avec deux prix d’exercice différents) sur des contrats à terme de pétrole (futures : contrats pour acheter/vendre plus tard à un prix convenu) peuvent être adaptés, car ils profitent d’une cassure dans un sens ou dans l’autre, provoquée par la géopolitique ou un ralentissement économique soudain. Plus précisément, acheter des options d’achat hors de la monnaie (dont le prix d’exercice est au-dessus du prix actuel, donc moins chères mais nécessitant une hausse) sur le Brent pour une échéance juin 2026 offre une méthode de risque limité (la perte maximale est la prime payée) pour capter un choc haussier possible si le conflit s’aggrave.
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