Attentes sur la BoE et la BoJ
Le yen est resté faible, car les marchés pensent que la BoJ durcira sa politique lentement (c’est-à-dire qu’elle augmentera les taux progressivement). Les coûts de l’énergie plus élevés sont un risque pour la croissance du Japon. Le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, a dit que les taux augmenteront si les prévisions sont atteintes, tout en surveillant les effets du Moyen-Orient. Le gouvernement japonais envisage des mesures financées par des réserves d’urgence (argent mis de côté pour des situations exceptionnelles) pour limiter la hausse des prix de l’essence. Le Japon a aussi demandé à un site de réserve nationale de pétrole de se préparer à une possible libération de brut (mettre du pétrole stocké sur le marché), selon Nikkei. Les revenus du travail en espèces au Japon (salaires versés, indicateur des revenus des employés) ont augmenté de 3% sur un an en janvier, après 2,4% en décembre. L’excédent du compte courant (différence entre ce que le pays gagne et dépense avec l’étranger) était de 941,6 milliards de yens, contre 960 milliards attendus, en baisse par rapport à 7 288 milliards. Le PIB du Japon au T4 (QoQ, variation par rapport au trimestre précédent) est attendu mardi, et le PPI mercredi (indice des prix à la production, mesure des prix facturés par les entreprises). Le PIB du Royaume-Uni pour janvier est attendu vendredi, avec la production industrielle et manufacturière (volumes produits) et les attentes d’inflation des consommateurs (ce que les ménages pensent que les prix vont faire).Principaux risques et prochaines données
La forte hausse de GBP/JPY début 2025, due à l’effet du conflit États-Unis–Iran sur les prix du pétrole, a créé le contexte actuel. Ce conflit a poussé le Brent (référence mondiale du prix du pétrole) au-dessus de 115$ le baril l’an dernier, obligeant la Banque d’Angleterre à abandonner l’idée de baisses de taux et à faire au contraire deux hausses, portant le taux directeur (taux principal fixé par la banque centrale) à 5,75%. En regardant la livre sterling, les données récentes suggèrent que les pressions sur les prix liées au choc énergétique de l’an dernier diminuent enfin. Les derniers chiffres du CPI de février 2026 (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation) montrent une inflation à 3,5%, en net recul par rapport au pic de 2025, mais toujours au-dessus de l’objectif de 2%. Cela met la Banque d’Angleterre en attente: de nouvelles hausses sont peu probables, mais des baisses immédiates sont aussi peu probables, ce qui suggère que la volatilité de la livre (variations rapides du prix) pourrait baisser. Pendant ce temps, la situation au Japon change, ce qui crée un risque pour ceux qui gardent des positions acheteuses sur GBP/JPY (parier sur une hausse). Après un long retard lié à l’incertitude mondiale de l’an dernier, la Banque du Japon a finalement relevé son taux à 0,10% fin 2025. Plus important, les premiers résultats des négociations salariales «Shunto» (grandes négociations annuelles au Japon entre entreprises et syndicats) montrent des hausses moyennes d’environ 4,1%, un plus haut depuis des décennies, ce qui augmente la pression sur la BoJ pour continuer à normaliser sa politique (revenir vers des taux plus “normaux”). Avec ces éléments, la tendance haussière continue de GBP/JPY pourrait perdre en force. Les traders de produits dérivés (instruments financiers dont la valeur dépend d’un autre actif) devraient envisager de protéger leurs gains sur les positions acheteuses, par exemple en achetant des options de vente (put, contrat qui gagne de la valeur si le prix baisse) pour se couvrir contre un retournement si la Banque du Japon devient plus “hawkish” (plus stricte, plus favorable à des taux plus élevés). Le grand écart de taux d’intérêt (différence entre les taux britanniques et japonais) qui a soutenu ce trade a plus de chances de se réduire que de s’élargir.
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