Risques d’offre à court terme
Les mises sur le marché de réserves stratégiques (stocks publics d’urgence de pétrole) sont présentées comme un moyen de couvrir un manque temporaire jusqu’à la reprise du transport maritime par le détroit d’Ormuz. Les ministres des Finances du G7 (groupe de 7 grandes économies) ont décidé de ne pas procéder à une mise sur le marché immédiate lors de leurs dernières consultations. La production de pétrole de schiste aux États-Unis (pétrole extrait de roches très compactes, nécessitant des techniques coûteuses) pourrait augmenter, car des prix plus élevés rendent les nouveaux forages plus rentables. Toute hausse dépend cependant de l’idée que les prix restent élevés plusieurs mois, mais les prix sont décrits comme susceptibles de baisser vite si le flux de navires via Ormuz reprend. Les gros stocks de l’OCDE (pays développés) et d’éventuelles mises sur le marché de réserves sont présentés comme des protections temporaires, pas comme un remplacement du pétrole du Golfe. La priorité est de rétablir au plus vite une navigation sûre dans le détroit d’Ormuz.Stratégies d’options face à la volatilité
Une fermeture prolongée du détroit serait un choc majeur pour le marché, car ce passage étroit (un « goulet d’étranglement ») voit transiter près de 21 millions de barils par jour, soit environ 20 % de la consommation mondiale. Dans ce cas, les prix du pétrole pourraient monter bien au-delà du pic observé en début de semaine. Une approche consiste à acheter des options d’achat (contrats donnant le droit d’acheter à un prix fixé) sur des contrats à terme (accords pour acheter/vendre plus tard à un prix convenu) WTI et Brent, afin de profiter d’une hausse en cas d’escalade. La possibilité que le G7 mette sur le marché des réserves stratégiques pour freiner les prix est évoquée, mais l’effet durable paraît limité. Après des baisses importantes en 2022, la Réserve stratégique de pétrole des États-Unis (stock public d’urgence) est proche de son plus bas niveau en 40 ans, avec environ 360 millions de barils. Cela signifie qu’une mise sur le marché serait surtout une solution de court terme, probablement moins efficace que par le passé. Une réaction rapide de l’offre venant des producteurs de schiste américains paraît aussi peu probable. Il faut en général six à neuf mois pour que de nouveaux forages se traduisent en production notable, et les entreprises n’engagent pas de grosses dépenses si les prix se retournent aussi vite. Les producteurs ont besoin d’être sûrs que les prix resteront élevés plusieurs mois, ce qui n’est pas garanti. Tout dépend de l’ouverture du détroit d’Ormuz au transport. Vu l’issue « tout ou rien » (ouvert ou fermé), une avancée diplomatique soudaine pourrait faire disparaître la « prime de risque de guerre » (surcoût lié à la peur d’une escalade) et faire chuter les prix. Il est donc important de détenir des options de vente (contrats donnant le droit de vendre à un prix fixé) pour se protéger contre une baisse rapide si la route maritime est sécurisée.
Commencez à trader maintenant – Cliquez ici pour créer votre vrai compte VT Markets