L’inflation de gros montre une pression qui monte
Les données de janvier en Italie montrent une forte hausse des prix à la production, ce qui met fin à une récente période de baisse des prix. C’est un signal que les pressions inflationnistes (hausse générale des prix) montent au niveau du commerce de gros (prix entre entreprises, avant la vente aux consommateurs) dans une grande économie de la zone euro. Cela peut annoncer (donner un indice à l’avance) une hausse prochaine de l’inflation pour les consommateurs dans l’ensemble de la zone. Ce rapport paraît plus crédible si on le compare à la dernière estimation rapide (première estimation publiée avant les chiffres définitifs) de l’IPC (indice des prix à la consommation, mesure de l’inflation pour les ménages) de la zone euro en février, à 2,4 %, encore au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE, la banque qui fixe la politique monétaire de la zone euro). Le marché obligataire (marché où l’on échange des obligations, c’est-à-dire des dettes d’État ou d’entreprises) réagit déjà : le rendement (taux d’intérêt versé par une obligation) du Bund allemand à 10 ans (obligation d’État allemande de référence sur 10 ans) est monté à 2,75 % le mois dernier. Le marché commence à intégrer (prendre en compte dans les prix) une BCE plus stricte sur l’inflation. La BCE aura du mal à ignorer ces signaux avant sa prochaine réunion de politique monétaire (réunion où elle décide des taux d’intérêt et d’autres mesures) en avril. En regardant comment l’épisode inflationniste de 2025 a été géré, il est clair que la BCE réagit aux signes de pressions durables sur les prix. Nous pensons que son discours deviendra plus « dur » (plus favorable à des taux élevés pour freiner l’inflation), ce qui augmente la probabilité de garder des taux d’intérêt plus élevés plus longtemps. Il faut donc envisager de se préparer à une hausse des taux d’intérêt en Europe dans les prochaines semaines. Cela peut passer par des swaps de taux d’intérêt (contrats où deux parties échangent des paiements d’intérêts), en payant un taux fixe (paiement d’un taux convenu à l’avance), ou par la vente de contrats à terme (futures : contrats pour acheter/vendre plus tard à un prix fixé) sur le Bund allemand. Ces positions profitent si le marché augmente encore ses attentes de hausse des taux. Pour les marchés actions (marchés boursiers), cette pression inflationniste et la possibilité de taux plus élevés sont un frein (facteur négatif). Nous pensons que l’achat d’options de vente (put : contrat qui gagne en valeur si le prix baisse) sur de grands indices européens comme l’Euro Stoxx 50 (indice boursier regroupant de grandes entreprises de la zone euro) offre une façon claire de se couvrir (réduire le risque) ou de parier sur une baisse. Cette stratégie protège contre une chute des actions liée à un durcissement monétaire (politique de la banque centrale plus restrictive).Transactions possibles sur les taux, les actions et le marché des changes
Sur le marché des changes (FX : achat/vente de devises), une BCE plus stricte renforce souvent l’euro. Nous voyons une possibilité d’acheter des options d’achat (call : contrat qui gagne en valeur si le prix monte) sur la paire EUR/USD (taux de change euro/dollar). Cela permet de profiter d’une possible hausse de l’euro, car l’écart de taux d’intérêt (différence entre les taux des deux zones) peut devenir plus favorable face au dollar.
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