Conséquences pour l’évolution de l’inflation
Les données de janvier sur les prix à l’importation, avec une baisse à -0,1 % sur un an, confirment une désinflation (ralentissement de la hausse des prix) qui s’accélère. Cela renforce l’idée que les hausses de prix venant de l’étranger ont pratiquement disparu, ce qui contredit l’idée d’une inflation durable observée pendant une grande partie de 2025. Il faut voir cela comme un indicateur avancé (signal précoce) pour d’autres rapports d’inflation, comme l’indice des prix à la consommation (mesure des prix payés par les ménages). Ce chiffre entre directement dans le calcul (décision) de la Réserve fédérale (banque centrale des États-Unis) pour ses prochaines réunions. Les contrats à terme sur le taux directeur (« fed funds futures », contrats qui reflètent les attentes du marché sur les taux) indiquent maintenant une probabilité de plus de 60 % d’une baisse des taux lors de la réunion de juin 2026, contre 45 % il y a un mois. Cette hausse des attentes d’assouplissement monétaire (politique de baisse des taux et conditions financières plus faciles) est le principal moteur de notre stratégie pour les semaines à venir. On peut envisager de se positionner sur une baisse des taux via des contrats dérivés (instruments financiers basés sur un autre actif) liés aux contrats à terme sur les obligations du Trésor, ou via des ETF sensibles aux taux (fonds cotés en bourse qui suivent un indice). Acheter des « call spreads » (stratégie d’options qui limite le risque en achetant une option d’achat et en en vendant une autre à un prix plus élevé) sur l’ETF iShares 20+ Year Treasury Bond (TLT) permet de viser la baisse des rendements (taux d’intérêt des obligations) avec un risque encadré. La volatilité du marché obligataire, mesurée par l’indice MOVE (indice qui suit la volatilité implicite des obligations américaines), est repassée sous 100 après un pic fin 2025, ce qui rend les stratégies d’options à l’achat (payer une prime pour une option) moins chères. Pour les actions, cet environnement soutient les secteurs de croissance et la technologie, sensibles aux taux. On peut envisager de vendre des options de vente hors de la monnaie (options « put » avec un prix d’exercice en dessous du niveau actuel, utilisées ici pour encaisser une prime) sur l’ETF Nasdaq 100 (QQQ), en misant sur le fait que des taux plus bas soutiendront l’indice. Cela est appuyé par des données récentes montrant que la productivité hors secteur agricole (production par heure travaillée, hors agriculture) a augmenté de 3,1 % au dernier trimestre 2025, ce qui suggère que les entreprises peuvent préserver leurs marges (écart entre coûts et prix) même si l’inflation ralentit.Perspectives sur le dollar et positionnement
Ces données de désinflation indiquent aussi un dollar américain plus faible, car des attentes de taux plus bas réduisent son avantage de rendement (gain lié à des taux plus élevés). Une approche simple serait d’acheter des options de vente sur des ETF liés au dollar comme UUP. On a vu une dynamique similaire lors du dernier grand changement de direction de la Fed (passage vers une politique plus accommodante) en 2023-2024, où l’indice du dollar (DXY, indicateur de la valeur du dollar face à plusieurs grandes devises) a baissé d’environ 5 % une fois que le marché a jugé les baisses de taux proches. Cependant, il faut rester attentif aux rapports sur l’emploi et l’inflation de février. Début 2024, l’inflation des services hors énergie et alimentation (« core services », inflation sous-jacente des services) est restée élevée, ce qui a poussé la Fed à attendre plus longtemps que ce que le marché anticipait. Un rapport à nouveau très élevé pourrait rapidement annuler ces attentes de baisse des taux; les opérations liées aux obligations à longue maturité (titres dont l’échéance est lointaine, donc plus sensibles aux taux) doivent donc être gérées avec prudence.
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