Hausse surprise des prix à la production
L’indice des prix à la production (PPI, c’est-à-dire l’indicateur qui mesure l’évolution des prix facturés par les producteurs) de la zone euro pour janvier est ressorti à 0,7 %, contre 0,2 % attendu. Cela montre que les pressions sur les prix (inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix) reviennent dans la chaîne de production. En clair, les coûts augmentent pour les fabricants avant d’arriver chez le consommateur. Ces données obligent à revoir la probabilité de baisses de taux (rate cuts, c’est-à-dire une réduction des taux d’intérêt) de la Banque centrale européenne cette année. Un marché qui espère une baisse avant l’été paraît trop optimiste. La BCE voudra probablement voir plusieurs mois de données plus faibles avant d’assouplir sa politique monétaire (monetary policy, c’est-à-dire la façon dont une banque centrale règle les taux et la quantité de monnaie pour influencer l’économie). Ce chiffre est plus préoccupant car les prix de l’énergie dans l’industrie ont rebondi de 1,5 % en janvier, principal moteur de la hausse. De plus, l’estimation rapide (flash estimate, c’est-à-dire une première estimation publiée avant les chiffres définitifs) de l’inflation des consommateurs en février montre que l’inflation sous-jacente (core CPI, c’est-à-dire l’inflation hors énergie et alimentation, plus stable) reste élevée à 2,9 %. Il faut donc surveiller un ton plus strict (hawkish, c’est-à-dire plus favorable à des taux élevés pour combattre l’inflation) de la BCE lors de la réunion du 12 mars.Conséquences pour les taux et le marché des devises
Pour ceux qui négocient des produits dérivés sur le marché des changes (foreign exchange derivatives, c’est-à-dire des contrats financiers dont la valeur dépend d’une paire de devises), ce contexte soutient un euro plus fort. On peut envisager d’acheter des options d’achat EUR/USD (call options, c’est-à-dire le droit d’acheter à un prix fixé), car une BCE plus prudente contraste avec d’autres banques centrales qui pourraient baisser leurs taux plus tôt. La volatilité implicite (implied volatility, c’est-à-dire la volatilité prévue par les prix des options) des options EUR à trois mois est déjà passée de 6,5 % à 7,8 % sur le dernier mois, signe d’incertitude. Sur le marché des taux, il faut se préparer à une remontée de la courbe des taux (yield curve, c’est-à-dire les taux d’intérêt selon différentes durées) à mesure que le marché écarte l’idée de baisses proches. Cela suggère des positions vendeuses (short positions, c’est-à-dire parier sur une baisse du prix) sur des contrats à terme sur taux (interest rate futures, c’est-à-dire des contrats standardisés sur l’évolution future des taux), comme les contrats Euribor trois mois (Euribor, c’est-à-dire un taux de référence des prêts en euros entre banques). Ces opérations reposent sur l’idée que les taux resteront élevés plus longtemps que prévu.
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